654 E E N
On les appelle en Pologne Chanoine de Saint Marc,du nom de leur Monastère de Cracovie, qui est le prin-cipal qu’ils y aient. Tous les Historiens Polonois con-viennent qu’ils furent reçus en ce Royaume, lan 1257,par Boleílas le Chaste , qui les établira Cracovie. DuGloz ajoute qu’ils avoient été institués par AlexandreIV qui succéda à InnocentIV lan 1254. D’autres di-sent que cet Ordre fut institué en 1250. Ils ont cinqMonastères en Pologne , & un plus grand nombre enLithuanie, dont les principaux sont ceux de Miedniky,fondé par Jagellon dans le Palatinat de Vilna , Wid-zinieifzky, Tvverc , & Mikanlisky. Ils en ont aussi enBohême. Leur Supérieur s’appelle Prévôt. Celui deVilna a droit d’officier avec les ornemens pontificaux.Ils desservent des Cures. Leur habit est une soutaneblanche & un scapulaire de même couleur. Lorsqu’ilssortent, ils mettent une soutane noire par-delfus leurhabit blanc, Sc qui le cache. Dans les fonctions ec-clésiastiques , ils ont un surplis Sc une mozette blan-che ou camail par dessus. Noyé 5 le P. Hélyot , T. II.C- 37 -
•PÉNITENCERIE. si f. Office, ou Tribunal en Cour deRome, ou Conseil dans lequel s’examinent Sc se déli-vrent les Bulles ou grâces, & dispenses sécrétés qui re-gardent la conscience. Camera Pcenitentiaria. Cettedispense ne passe pas par la Daterie ; mais par la Péni-re/zcme.Les expéditions de la Pénitencerie íont scelléesen cire rouge , s’cnvoient cachetées , Sc s’adressent àun Confcstcur.
fìCP Pénitencerie , en Erance , est le Bénéfice, ou le ti-tre de celui qui est grand Pénitencier , qui a le pou-voir d’abíoudre des cas réservés. La Pénitencerie estd’ordinaire une dignité dans un Chapitre.
|CT PÉNITENCIAUX, ou PÊNITENTIAUX, adj. m.pi. qui se dit des sept pseaumes pénitenciaux , qu’onappelle aussi pseaumes de la pénitence, ou simplementles sept pseaumes.
AéP On les appelle ainsi parce qu’ils font tout remplisde sen timens de pénitence. Psalmi pœnitentiales.
ífT On appelle aussi Canons penitenciaux , les canonsde la primitive Eglise j concernant les pénitences pu-bliques.
O11 devroit dire régulièrement pénitentiels, puis-qu’on dit pénitentiel au singulier ; mais l’usage con-traire a prévalu. Cette exception de la règle vient ap-paremment , dit Vaugelas, de ce qu’on dit en Latin,pœnitentiales , qui porte à la terminaison en aux.
fiCF PÉNITENCIEL ,on PÉNITENTIEL, ELLE. adj.Qui appartient à la pénitence. Pœnitentialis , e. Lesoeuvres pénitentielles qu’on donne comme pour ma-tière néceílaire à l’Indulgence, quoique petites en el-les-mêmes, sont tellement rehaustées par l’accroisse-mem de ferveur que l’Indulgence inspire aux saintspénitens, qu allociées au prix infini du Sang de Jésus-Christ, Sc aux mérites des Saints par la grâce de l’In-dulgence , elles peuvent être relevées jusqu a pro-duire.une parfaite justification. Bossuet.
fCTPENITENClER. s. m. Celui qui a titre ou pouvoir del’Evêque d’absoudre des cas qui lui sont réservés ; Scc’est pour cela qu’on appelle le Pénitencier , l’oreillede TEvcque. Piacularis Sacerdos. C’est une dignitéétablie dans les Eglises cathédrales. Quand on a fait ungrand crime , il faut aller au grand Pénitencier. Il y ale grand Pénitencier , Sc le sous Penitencier , qui estun Prêtre subordonne au Penitencier , Sc commispour en faire les fonctions a fa place. On a dit autre-fois Penancier, pour Pénitencier. .
Anastase le Bibliothécaire dit que le Pape Simpli-cius choisit quelques-uns des Prêtres de 1 Eglise Ro-maine, pour prélider aux pénitences. Aujourd’hui àRome, le Pape a son grand Pénitencier , qui est Car-dinal, qui a été établi par Benoît II, íclon Cornez,quoique les auttes tiennent que c’est du tems de Cor-nélius,vers Pan de grâce 200. Il est le chef de plusieursautres Prêtres Pénitenciers , établis dans les Eglisespatriarchales de Rome, qui le viennent consulter surles cas difficiles. Il préside à la pénitencerie, & lait ex-pédier les dispenses & les absolutions qui s’y délivrentau nom du Pape. Il y a sous lui un Régent de la péni-
P E N
tcnceric, & vingt-quatre Procureurs ou Défenseursde la sacré Pénitencerie.
ífT PÉNITENT, ENTE. adj. & si Celui qui a une gran-de contrition, une vive douleur de ses péchés, 011qui est dans la pratique des actes , des exercices de kpénitence. Delicii pœnitens. Pécheur pénitent, femmepénitente. Il n’y a que les vrais pénitens qui piaillentobtenir pardon de leurs fautes. Noye\ une véritablepénitence dans la Magdeleine ; contrite, confisse,humiliée, le viíage mortifié, les yeux éteints dansses larmes, ses cheveux épars, cachant sous le voilede fa douleur ; ces grâces mêmes innocentes que fiaitnaître la modestie ; enfin honteuse de rout, honnisde fa pénitence. FlÉch. Il y a plus de pénitens dans kciel que d’innocens. S. Evr. L’office d’un pénitentest de pleurer, & non pas de faire le Docteur & kmaître. Fléch. Les Novatiens étoient durs Sc inexo-rables à l’égarddes pénitens. Du Pin. Il y a des pe ni-tens déterminés, qui s estaient, qui se ménagent,Sc qui craignant daller au - delà de leurs forces,demeurent toujours au - dessous de leurs devoirs.Fléch.
Pénitent, se dit aussi dans l’Eglise Romaine, de celuiqui íe confelle effectivement, ou qui a coutume d’al-ler a un même Confelleur. Qui peccata sua suoConfefjario solet consueri . Le Curé étoit accablé dunombre de ses pénitens. Une telle Dame est une despénitentes du Vicaire. Le Prêtre qui abuse de ía pé-nitente est condamné au feu.
Dans la primitive Eglise, il y avoit des pénitens,auxquols on imposoit des pénitences publiques pourdes crimes publics. Il n’appartenoit qu’à l’Evêque , oïlà ceux qui avoient pouvoir de lui, d’imposor ces pé-nitences. Ils ne pouvoient point demeurer dans l’E-glise pendant 1 a célébration de l’Eucharistie. On ne ksadmettoit point aux Sacrcmens ni aux ordres, ni aumariage , & ils ne pouvoient entrer en aucune digni-té. Les gens de guerre pénitens dévoient poíer les ar-mes. Il falloir couper ses cheveux , jeûner , prendredes habits de Religieux, & aller toujours à pied Scfans voiture. On leur défendeur aussi de plaider, defaire négoce , Sc d’assister aux festins. Du Pin. Njye%du Cange, fur les cas & les manières de ces péniten-ces , & comment on les pouvoit racheter.
Pénitens , se dit aussi d’un établissement ou réforma-tion defOrdre de S. François. Les Pénitens d u Tiers-Ordre different des autres Franciscains par le petit ca-puchon j & la haute chaussure. Les Pénitens de Na-zareth , de Pic-Pus. Sur ces Religieux voye\ la Descript. Géograph. & Hifl. de la haute Normandie , s.II j p. 1 pô & içj. Il y a aussi à Paris, plusieurs(souvens de Filles pénitentes , de Filles de mauvaisevie, qui se sont convenies , ou qu’on a renfermées.
îfu Pénitens , se dit aussi de certaines Confréries ckgens séculiers qui s’assemblent pour faite des prièresSc une profession particulière de quelques exercices d cpénitence ; ils vont cn procession dans les rues, cou-verts d’un sac, Sc íe donnant la discipline. Religio}^pœnitenúum sodalitas. On les appelle Pénitens blancs,noirs j bleus, gris, &c. selon les couleurs différentesdes sacs dont ils sont affublés. Cette coutume établie aPéronne en 1260, par les prédications d’un Ennuequi préchoit la pénitence, íe répandit comme u stmal contagieux, dégénéra bientôt en abus, & pr°'duisit 1 a secte des Flagellans. Noyé p ce mot, En retran-chant les abus qui setoient mêlés à cette pratique,on a établi en plusieurs endroits, des Confréries dePénitens. Il y a en Italie, à Avignon Sc à Ly® 11 ’de ces Pénitens vêtus de blanc. Il y en avoit autrefoisà Paris. Le P. Mabillon rapporte qu’à Turin , f Y íldes Pénitens à gages, qui vont par les rues en p 1 ' 0 'cession, & se déchirent les épaules à grands coup sde fouet. Il y a aussi des Pénitens bleus, Sc des P e,irtens noirs. Ceux-ci assistent les criminels à k rnofi -6e leur donnent 1 a sépulture. A Maçon, ce sont l eSPénitens blancs qui sont chargés de ce dernier em
ploi. ... de
Filles Pénitentes. Noyers Ordre de la Pénitencela Magdeleine , à Paris.