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Tome sixieme. [MIT - PRO.]
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PENRYN. Nom d’un bourg d’Angleterre. Penrynum. Ila séance & voix dans le Parlement , 8c il est iitué dansla Cornouaille, íur le golfe de Falmouch , à une lieue& demie du bourg de ce nom. Mat y.

PENS. f. m. Vieux mot qui signifie, pensée, réflexion,attention, dessein prémédité, meditatio 3 & qui nele dit que dans cette phrase guet-à-pens. On appelleguet-à-pens , lorfqu’après avoir pensé & médité quel-que aílaífinat, on guette, c’est-à-dire, on observe ce-lui qu on veut tuer, pour exécuter son dessein. Medi-tata cades.

PENSANT, ANTE. adj. Qui pense. Cogitans. Une sub-stance pensante. La matière peut-elle taire un être pen-sant ! Nie. Ou la matière peut devenir pensante , sansy rien ajouter ; ou bien la matière ne fui roi t penser ;8c ce qui pense en nous, est un être distingué d elle ,& qui lui est uni : si la matière peur devenir pensantefans y rien ajouter, il faut au moins avouer que toutematière n’est point pensante , 8c que la matière mêmequi pcníc aujourd’hui ne pensoit point il y a cinquanteans. U faudra donc dire que la matière peut acquérirla pensée par un certain arrangement, & par un cer-tain mouvement de ses parties, <S’c. Fénel. Si au con-traire on dit que la ma tière ne peut être pensante fansy rien ajouter, quel fera cet autre être qui pense ?Fénel. Dans le style ordinaire on dit, mal pensant ,mal pensante ; pour dire,un homme & une femme quipensent mal de leur prochain. Male de proximo sen-tiens.

PENSÉE, s. f.Terme générique qui exprime toutes lesopérations de ì’ame. Mentis cogitatio. Ainsi on appellepensée tout ce que lame éprouve, soit par des impres-sions étrangères, soit par sa réflexion. Les perceptions,les sensations, les idées, la conscience , &c. font desespèces de la pense : mais tous ces mots ont leurs nuan-ces particulières.' Voyc^ ces mots.

ísT Nous savons par expérience que nous sommés ca-pablcs'de diverses pensées j & il se est pas difficile denous convaincre que ces pensées ne peuvent sc trou-ver que dans une substance absolument distinguée dela matière.

En eftet comme dans l’idée de la pensée il n y a riend enfermé de ce qui est enfermé dans 1 idee de la sub-stance étendue, & qu’on peut même nier de la pensee ,tout ce qui appartient au corps, fans détruire pour celatoute Pistée qu’on a de la pensée , on en conclut que lapensée n’est point un mode de la substance étendue ;parce qu'il est de la nature du mode de ne pouvoir êtreconçu , en niant de lui la chose dont il seroit mode.D’où l’on insere que la pensée se étant point un modede la substance étendue, il faut que ce soit l’attributd une autre substance, fort différente de la substanceétendue. Log.

Cfse* On ne sauroit douter, dit Malebranche, que lelTenccde Pesprit ne consiste que dans la pensée , de même quel’eílènce de la matière ne consiste que dans letendue;8c que félon les différentes modifications de la pensée1 esprit tantôt veut 6c tantôt imagine, de même queselon les différentes modifications de letendue la ma-tière est tantôt de l’eau, tantôt du bois, tantôt du feu,2'c. En effet il seest pas possible de concevoir un espritRui ne pense point, quoiqu’il soit possible d’en conce-voir un qui ne sente point, qui n’imagine point, quiveuille point : de mcnie qu’il n est pas possible deconcevoir une matière qui ne soit pas étendue, quoi-stti’il soit assez facile d’en concevoir une qui ne soit111 terre, ni métal, ni carrée, ni ronde , 8c qui mêmene *oit pas en mouvement. Il faut conclure de-là quecomme il se peur faire tpseil y ait de la matière qui^ neolt 'st terreni métal, ni carrée , ni ronde,ni menien mouvement ; fi sc peut faire aussi qu’il y ait un ef-n invf 1 - 1 ne s cnte n i froid ni chaud, ni joie ni tristesse,r „„ ’ ne veuille rien ; de forte que toutes

fée 1 a !° ns ne lui font point essentielles. La pen-due sfJ/iî'r l’csscnce de Pesprit, comme Pcten-ra ^ j Çffence de la matière. Cependant la puis-ne 1„; /foulon est inséparable de Pesprit, quoiqu’ellc0,t ^ ,essentìelse, de même que la capacitéty mue est inséparable de la matière, quoiqu’elle

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ne lui soit pas essentielle. Car de même qseil seest paspossible de concevoir une matière qu’on ne puissemouvoir ; aussi n’est-il pas possible de concevoir un es-prit qui ne puisse vouloir. Bien des Métaphysiciens nepensent pas comme Malebranche.

Pensée dans un sens moins rigoureux, synonyme dedessein. Je 11 ’ai jamais eu cette pensée. Vous m’accusczd une chose dont je 11 ’ai jamais eu la moindre pensée.Si je savois qu’il eût eu feulement la moindre pensée.Vzl minima cogitatio. Certe conduite donna au Car-dinal des pensees contre la liberté des Princes. 1 A Roch.C’est-à-dire, lui fit concevoir le dessein de les fairearrêter.

Pensée , se dit aussi des vues qu’on a, des réflexions 8cdélibérations qu’on fait dans son esprit. Il iseest venuen pensée d’entreprendre telle chose. Mihi venit inmentem , ut. N’ayonspas de honte de devoir à autruila pensée d’une bonne action. S. Evr. Les secondespensées font les meilleures. A quoi bon vous fatiguer,8c vous entretenir sens celle des pensées mélancoliquesdc la mort ; Peut-êrre mourrez-vous sens y penser, 8calors vous n’aurez pas besoin dc constance. Nic. J’aiimposé silence à ces flateuses pensées , qui se présententsens cesse, pour enfler notre cœur. Boss. Je ne seuroism’imaginer que des pensées qui font occupées à fairele partage dc la gloire, le soient ravalées jusqu’à moi.Voit. Ces scélérats n’étoient point troublés par au-cune pensée de l’enfer. Boss.

ífT Pensée , maxime, dit mémorable qui renferme ungrand sens. Sententia. Les pensées fur la mort, furl'éternité. On trouve quantité de belles pensees , 8c deschoses bien sensées dans Sénèque.

fr? Dans l’art oratoire, la pensée en général est la repré-sentation de quelque objet dans l’espric, 8c Fexpres-lion est la représentation de la pensée par la parole.Les plus belles pensées font quelquefois des produ-ctions du hazard. S. Evr. Une pensée forte , est unepensée pleine d’un grand sens, exprimée en peu de pa-roles , & d’une manière vive. Bouhours. Les penséesbases , qui font ingénieuses, peuvent avoir lieu dansle comique 8c dans le burlesque : mais elles doiventerre bannies du genre grave & austère. Id. Une penséesine & délicate dépend beaucoup du tour & du choixdes expressions. Cail. La pensee fine est celle qui ne re-présente l’objet qu’en partie, 8c laisse deviner le reste.La pensée riche est celle qui représente non seule-ment l’objet, mais qui fait une grande impression parla réunion d’un grand nombre d’idées.Unc pensée juste,est une pensée vraie de tous côtés, & daias tous ies joursqu’on la regarde. Bouh. Il y a trois genres de pensées :des pensées nobles & sublimes ; des pensées jolies &agréables ; des pensées fines 8c délicates. Id.

Une pensée est vicieuse dans le genre noble , quandon la porte a un certain excès de grandeur. Bouh. Ilvaudroit quelquefois mieux qu’une pensée fut un peusombre, que d être trop brillante. Id. Nos pensées nais-sent toujours dans le fond de notre esprit revêtues dequelques mots : & il y a, pour ainsi dire, des penséesLatines 8c des pensées Françoises, selon que l’esprit lesproduit d’aborddans l’une ou dans l’autre de ces deuxLangues : enserre qu’il est impossible de bien écrire enFrançois, si I on ne pense en François, parce que lapeine qu’il y a à dépouiller une pensee de son habit na-turel , ôte à l’esprit une partie de sa chaleur, 8c le rendincapable de rien produire de visée d anime. Danet.

fJCF La plupart des hommes qui réfléchissent, ont à peu-pres les mêmes pensées íur les memes sujets. 11 ny aque le tour qui les distingue. Voye\ Tour d esprit.

AT Pensée, idée, imagination, synonymes. L'idéere-présente l’objet. La pense le confidere. L’nnagination.le forme. La première peint. La seconde examine. La

troisième séduit. Syn. Fr. ,

|p- On est sur déplaire dans la conversation quand on ades idées justes, Aes pensees fines, 8c des imaginationsbrillantes. On ne s entend pas dans la plupart descontestations, faute de simplifier ses idees. On repro-che aux Anglois de trop creuser les pensées. On accuseles femmes de prendre souvent les widgincitioìis pourdes réalités.

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