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ce siécle on a beaucoup travaillé à la perfection de laLangue , & on y est preíquc parvenu, S. Evr. Les dé-licats, dans i’idée qu’ils ont de la perfection des choses,sont trop difficiles à contenter. Id. La véritable gran-deur doit avoir de justes meíures ; tout ce qui excèdeest hors des règles de la perfection,
03“ En termes de spiritualité on dit la perfection chré-tienne , la perfection de la vie chrétienne , religieuse,&c:ca íimplement la perfection , pour exprimer sétarle plus parfait d’un Chrétien. Un Chrétien doit tou-jours travailler à fa perfection. La perfection de la viechrétienne est difficile à acquérir. La perfection deshomrae confiste à n’aimer les choses que comme Dieules aime. Voye 7 Parfait.
03° Dans ces acceptions le mot de perfection n’a pointde pluriel.
03“ On le dit ordinairement au pluriel, des talens, desqualités louables , loir du corps, loit de Peíprit. Ondit qu’un homme a toutes les perfections qu’on peutsouhaiter ; qison est doué de grandes perfections, or-né de toutes sortes de perfections. Omnibus virtutibus ,corporis & animi dotibus , omnium virtutum genere or-natus 3 proditus.
03“ En Théologie 8 c en Métaphysique , on dit dans lamême acception , les perfections divines, perfectionesdivffick, c’est-à-dire, les attributs, les qualités qui fonten Dieu.
03“ En Perfection. Façon de parler adverbiale, qui ligni-fie la même chose que parfaitement. Jouer du luth ,du violon , &c. en perfection. Daniel', chanter cn per-fection. Cet ouvrier travaille en perfection , c’est-à-dire, parfaitement. J’aurai de la peine à me résoudrede dire avec les jeunes gens , que Madame la Princessede Conti est belle à la perfection, parce que je ne voispoint de raison pour changer 1 usage universellementreçu en notre Langue , qui est de dire que Madame laPrincclle de Conti est parhiiremenr belle, ou belle enperfection. Mots à la Mode, p. 131 , 132 .
Perfection de Notes. Terme de Musique. Voye\ Pro-lation. Prolation parfaite.
PERFECTIONNEMENT. 1. m. Le foin que l’on prendpour rendre une chose meilleure & plus parfaite, oulester qui en résulte. Ce terme est nouveau ; mais ilcommence à s’accréditcr. Il reste au Régent à s’occuperde la formation des nouveaux établiíïemens & du per-fectionnement des Anciens. Castel de S. Pierre. Entreces travaux extraordinaires je mets le perfectionnementde laPolyíynodie. Les Conseillers ont tous un inté-rêt particulier de ne tendre qa’na perfectionnement desLoix & de la Police au-dedans. Id. C’est à Meíraim, ouMenèsjfils de Cham, qu’on attribue l’invention desSymboles, dont il confia Pulage Sc le prefeelionnementà un Collège de Prêtres. Des Fontaines.L es remarquesde Vaugelas, de Ménage & du Pere Bouhours, ontbeaucoup tervi au perfectionnement de notre Langue. Id.
PERFECTIONNER, v. a. Rendre parfait , accompli.Absolvere, perfectum reddere. La converíation du beaumonde perfeîlionne bien un jeune homme. La fin de•l’histoire est de perfectionner la vie civile. Fr. II sc ditaussi fort louvent avec le pronom personnel. Alors illignifie devenir plus parfait. On ne se perfectionne quebien peu , à moins que detre aidé par un ami intelli-gent & sincère, ou du moins qu’on ne s’obscrve soi-meme bien sévèrement. Le Cn. de M. Les sciences seperfectionnent tous les jours. En corrigeant ses défauts,on sc perfectionne , on avance vers la perfection. UnOuvrier le perfectionne dans son métier, un Chrétiense perfectionne dans la vie spirituelle.
PERFECTISSIMAT. f. m. Nom dune dignité dont il estfait mention dans le Code, L. I,de Nat. lib. & L. II,de Quatft. 8 c que l’on donnoit à ceux qu on appeloit -perfecliffimes. On appeloit Perfectiíhmes, ceux à quile Prince confioit quelque charge, quelque administra-tion , le gouvernement de quelque Province. Alciata cru qu’il n’y avoir que les Gouverneurs de l’F.spagne Tarragonoise & de Norique qui eusiént le titre dePerfectiíhmes. Jean Calvin montre le contraire dans 'son Lexicon Juridicum. Perfectissimi dignitas, ojfi- jdumi Perfectissimatus. j
PER
PERFECTISSIME, s. m. Nom de dignité chez les Ro-mains. Les Gouverneurs de quelques Provinces por-toient autrefois ce titre, Perfectissimus. Il étoit moin-dre que dariffime. Voye-^ Cujas & Godefroi lurle
Code, L. I, tit. 3 j. Ce mot est Latin, & signifietrès- parfait.
PERFIDE, adj. de t. g. souvent employé substantivement.Il íe dit des períonnes 8 c des choies. Qui manque defoi, qui trahit, qui manque à la parole, ou à la con-fiance qu’on a prise en lui. Perfidus, infidus , infide-lis. Un Prince est perfide, qui rompt un Traité qu’il aíolemnellement juré. Les Amans s'appellent perfides,quand ils manquent à la fidélité qu’ils lè font jurée.Vir-gile appelle Sinon le perfide , qui trompa les Troyensen faveur de la patrie, parce qu’il avoir abulé de hconfiance qu’ils avoient prise en lui. A la Cour Paroi-tié n’est que dans les gestes ; les perfides les plus adroitsy passent pour les meilleurs amis. S. Evr. Une femmeinfidèle, connue pour telle par la personne intéresse,n’est qu’infidèh; lì on la croît fidèle , elle est perfide-le a Bru y. Il y a des louanges perfides 8 c ironiques.M, Scud. Ovide étoit le plus perfide, 8c le plus vo-lage de tous les hommes. S. Evr. Nommez-moi le per-fide. Rac.
Une ame généreuse , & nue la vertu guide ,ê Fuit la honte des noms d’ingrat & de perfide.
CorN’
Fuye 7 ces faux amis , dont la bouche timide ,
N’a pour tous les abfiens qu unsilence perfide. Vu 1 -'
PERFIDEMENT, adv. Avec perfidie. Perfidiose , infide-liter, proditorie. Judas a trahi perfidement son Maître-Ce Gouverneur a livré perfidement aux ennemis 1*place qu’on lui avoir confiée.
03“ PERFIDIE. 1. f. Manquement de foi. Fausseté noû c8 c profonde. C’est un abus de la confiance fondée siildes garants inévitables, tels que l’humanité,la bonnÇ-foi, l’autorité des loix , lamifié, &c. C’est, lì j'ose Rdire, avec la Bruyère, un mcníongc de toute la peusonne. C’est l’art de placer un mot ou une action q 111donne le change , 8 c quelquefois de mettre en cuivredes sermens & des promesses qui ne coûtent pas pl uSà faire qu’à violer. Perfidia. C’est une insigne perfidfde nier un dépôt confié à notre bonne foi. Un Gént-ral qui se range parmi les ennemis, commet une noU eperfidie. C’est une eípèce de perfidie que de se préva-loir du secret d’un homme , lors même qu’on a cessd’être de ícs amis. Bell. La plus détestable des p er r'dies , c’est de renoncer à fa foi, à les vœux. L’i n con-stant Berger vous a fait une perfidie dont vos bc^yeux fuiront bien le punir. Vixl.
PERFiDtE. Terme de Musique pris des Italiens, ne sig*ssfie pas infidélité, mais obstination. Pertinacia , olf 1 'natio. C’est une affectation de faire toujours la mess 6chose , de suivre toujours le même dessein , de co» 11 'nuer le môme mouvement, le même chant, le me" 1 ?pallage, les mêmes figures de notes. Telles íont les h 1les contraintes & obligées, comme celles des chaco"nés, & une infinité d’autres manières, parce que cc ‘dépend uniquement du caprice des Compositeurs. Ocn peut voir quantité d’exemples dans les Docutncf ,Armonifi du sieur Angelo Berardi. Ce terme est inuir 10dans notre Musique Françoise.
PER1TQUE. s. f. Terme' de Mythologie. Déesse de 1 A n 'tiqu ite. Perfica. C’étoit elle qui rendoic parfaits £plaisirs. C’est pour cela qu’on lui donna ce nom,fur formé de perficere , accomplir, rendre parfait,mais Divinité ne s’est plus mal acquisse de ss‘ s * oîlctions.
PERFOLIATA. f. f. Plante qui est une espèce de P e *feuille, & qui pousse une leule tige à la hauteurpied, ou d’un pied A: demi, greffe , ronde, d uneun peu aromatique, fies feuilles íont simples,alrernarivemcnt, presque rondes, listés, de cou ^de ver de mer , au travers deíquelles lajige .branches passent, fies Heurs maillent aux som inC nv .branches : elles íont en paraiol, pentes, jaun es »