PER
PERSAN. Nom que les Architectes donnent à toutes lesstatues d'hommes qui portent des entablemens. Statuatabulatoferœ.
PERSAN, ANE. f. m. & f. &adj. Qui est de Perse , quiappartient à la Perle. Persa 3 Persicus 3 s. Ce mot nese dit que des habitans modernes ; quand on parle de1 Antiquité, il faut dire Perses 3 les Perses. Cepen-dant en vers nos Poetes disent Persan 3 même des an-ciens Perses.
Anime le Persan, arme les Majsagètes 3
Soulève en même tems les Daces & les Gètes.
Brébeuí.
Les Persans font Mahométans de la Secte d'Ali. Uncheval Persan. La Langue Persane a deux choses sin-gulières , 8c qui ne se trouvent point dans les autresLangues Orientales ; l’une est , quelle a un verbe au-xiliaire, comme le verbe siso des Grecs, & l’autre,qu elle a un aoriste. C’est des Macédoniens qu elle aemprunté ces deux choses, après la conquête d’Alexan-dre. Pour remédier à la disette d’eau, les Persans dé-tournent les rivières en plusieurs canaux , & rendentainsi leurs terres fertiles ; mais les rivières ne font plusnavigables.
PERSE. f. m. & f. Nom de peuple. Habitant, originairede Perle. Perja. Les anciens Perses 3 selon Bochart,s’appeloient d’abord Elamites , 8c Chus ou Chut , des-cendant de Sem par Elam &: par Chut, 8c comprenantles deux peuples qui venoient de ces deux Patriarches.Us prirent dans la fuite le nom de Perses ; de PHébreup arack , un Cavalier 3 parce qu’ils avoient beau-coup de chevaux , selon quelques Auteurs , & qu’ilsexcelloient dans l’art de les manier. D’autres disent quece nom leur fut donné en ces tems postérieurs, parcequ alors les armées de ces peuples furent toutes de Ca-valerie. De-là vient que dans l’Ecriture ce peuple n estappelé Perses dans aucun Livre qui ait été écrit avantle règne de Cyrus , & qu'il se rencontre fréquemmentdans ceux de son tems, ou postérieurs. Et en effet, laPerse , pays montagneux, n’étoit pas propre à nourrirdes chevaux, & Strabon dit que les Rois de Perseavoient leurs haras en Médie. Xénophon, dans fa Ci-ïòpédie, assure que les chevaux croient rares en Perseavant Cy tus, & que ce Prince fut le premier qui chan-gea la Milice des Perses 3 8c les fit monter à cheval.L’Empire des Perses commença en Cyrus ,538 ansavant J. C. 8c finit par la bataille d’Arbelle , qu Ale-xandre gagna fur Darius lan 4383 , de la Période Ju-lienne, 331 avant J. C. & par conséquent, ne duraque 207 ou zò 8 ans.
La Religion des anciens Perses est décrite fort aulong dans Hérodote. Ils n’ont, dir-il, ni statues, ni tem-ples , ni autels. Chez eux c’étoit une folie que d’enavoir ou d’en faire, parce qu’ils ne croyoient pas, com-tae les Grecs , que les Dieux eussent tine origine hu-itaine. Us montent furies plus hautes montagnes,poursacrifier à Jupiter. C’est ainsi qu’ils appellent toute latondeur du Ciel. Us sacrifient aussi au soleil, à la lune,a la terre, au feu, à l’eau & aux vents. Ils ne connois-soient pas anciennement d’autrés Dieux que ceux là.Us ont appris depuis ce tems-là des Assyriens & desArabes, à sacrifier à Uranie , ou à Venus céleste....Ees sacrifices des Perses se font en cette sorte. Ils n’éri-£cnt point d’autels, ne font point de feu ; il n’y a chezc ux ni libations, ni joueurs de flûtes, ni couronnes,111 farine ; mais celui qui fait le sacrifice , mène la vìc-rime dans Un lieu pur & net, 8C invoque le Dieu au-quel il veut sacrifier, ayant sa thiare couronnée de*uyne. Il n est pas permis au Sacrificateur de prierda ^ 1 ei1 particulier 3 mais il doit avoir pour objettrouv CS E r U’tes le bien de toute la nation ; ainsi il secuire 1 ^UMis avec tous les autres. Après qu’il a faitreanv ,‘ rs ûe la victime coupée en plusieurs mor-N-'il Ipc CCent í l’herbe tendre, 8c sur-tout du trèfle,la del ^. Ensuite un Mage chante là-dessus
1 - Sacrifir * 1 ^ 5 C ^ ce âu chant religieux ,& après celaouhl vem ^'u "korte la victime, & en fak l’usageoiip-c • ' a o° n - qui copie Hérodote , ajoute quel-circonstances. Selon lui, les Perses 3 dans leursTome Fl.
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sacrifices ne laissent rien pour les Dieux, disant queDieu ne veut autre chose que Lame de l’hostie. Ils sa-crifient principalement au feu & à l’eau. Ils mettentdans le sou du bois sec sans écorce, fur lequel ils jet-tent de la graillé 8c de l’huile, 8c allument le feu, maisfans souffler , faisant feulement du vent avec une es-pèce d’éventail. Si quelqu’un souffle le feu , ou s’il yjette quelque cadavre, ou de la boue, il est puni demort. Le sacrifice de l’eau fe fait en cette manière. Ilsse rendent auprès d’un lac , ou d’un fleuve, ou dunefontaine, & font une folle où ils égorgent la victime ,prenant garde que 1 eau prochaine ne soit ensanglan-tée , ce qui la rendroit immonde. Après cela, ils met-tent les chairs fur du myrte & du laurier. Ensuite lesMages y mettent le feu avec de petits bâtons, & ré-pandent leurs libations d’huile, mêlée avec du lait 8cdu miel, non fur le feu, ni fur l’eau , mais sor la terre.Cela fiit, ils font leurs enchantemens l’espace d uneheure, en tenant un faisceau de verges à la main.
PERSE. Nom dson des plus considérables Etats de l’Asie.Persa . Il s’étend depuis la Turquie, en Asie, qu’il aau couchant jusqu a l’Empire du Grand-Mogol, qui lcborne au levant. Il confine au nord avec le Mawaral-nahra, la mer Caspienne,Lc la Géorgie ; 8c il est baignéau midi par les golfes de Balsora 8c d’Ormus, 8c parla mer de Perse. Sanson, dans fa grande Carte dcl’Asie , met la Perse entre le if 8c le 41 e dégré delatitude , & entre le 79 e 8c le 108 e de longitude. Aprendre fur cette même Carte la longueur de la Perse.droit du couchant au levant, elle n’cxcède pas quatrecens vingt lieues: 8c fa largeur du nord au sud n’estque de trois cens lieues vers la Turquie, 8c beaucoupmoindre par-tout ailleurs. Le mont Taurus traversetoute ia Perse du couchant au levant ; les Provincesqu il 1 aille au nord ont un air fort tempéré, &on yvoit par-tout des forêts de mûriers ; mais les Provincesqui sont au midi du Taurus sont fort chaudes. Le ter-roir y produit toutes sortes de légumes & de grains,
3. Is. referve dc 1 avoine Sc du ícigle* Le coton ycroît par-tout en grande abondance ; 8c entre les ani-maux domestiques, les chameaux 8c les buffles y sonten grand nombre , mais principalement les chevaux,dont on voit des haras de cinq à six mille, entretenuspar le Roi pour la remonte de fes Gardes. On y trouveplusieurs sources de naphtes, & des mines d’or , d’ar-gent, de fer , de turquoises & de sel ; mais on ne tra-vaille point aux deux premières, à cause de la disertedu bois. On tire de la Perse du coton, des toiles decoton, quelque perles, mais principalement de lascie , des étoffes de soie , & de beaux tapis. On peutdiviser ce Royaume en quatorze Provinces ; le Scir-van, l’Adirbutzan & l’Irvan font au couchant de la mecCaspienne ; le Kisan,leTabarestan, ou Masanderan, &lc Chorasan confinent avec cette même mer, & avecla rivière de Jehún , du côté du midi. On trouve cescinq le long du golfe de la mer de Perse , en avançantdu couchant au levant, le Ghusistan, le Fars, le Kir-man, le Makeran 8c le Send. Les trois autres fontdans les terres ; l’Yérach A gémi vers le couchant, leSitsistan 8c le Sablustan vers le levant. La ville capi-tale de tout ce pays est Híspahan ; le Royaume dePerse est héréditaire , & il passe non-seulement auxénfans légitimes des Rois, mais meme à leuis enransnaturels, préférablement à leurs autres P^rens. CesRois portent le titre de Sophi ; ils dominent si deípoti-quement, que leur volonté est la souveraine loi de leurRoyaume. Les Perses sont les pltìs traitables & les plushonnêtes envers les étrangers de tous les peuples dsl’Asie. Us sont Mahométans de la Secte d Ah, oppo-sés aux Turcs, qui suivent celle d Ornai. Il y a pour-tant encore quelques contrées ou I on adore le soleil,
1 , l„ne & lc feu ; ce qui etoit anciennement la Reli-gion de toute la Perse. U y a aussi dans la Perse quan-tité d’Arméniens, & quelque peu de Catholiques Ro-mains , que les Missionnaires ont arrachés aux Armé-
niens. Maty* .
Le Royaume de Perse s’etend du nord au sod-ouest ,depuis la moitié des bords de la mer Caspienne jus-qu’au golfe de Perse ; 8c du levant au couchant, depuis
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