Band 
Tome sixieme. [MIT - PRO.]
Seite
701
JPEG-Download
 

PER

§3“ PERSONNALISER. V. a. C’est proprement attri-buer à un être imaginaire ou inanimé, la figure, lesscntimens , le langage d une personne : c'est donner uncorps, une ame, des passions, du mouvement, &c.a des êtres qui n’existent que dans l’imagination, ou àdes êtres réels, mais inanimés dans la nature. Foye\Personnage allégorique. Foye\ aussi Personni-tier qui signifie la même chose, & qui paroît plususité.

PERSONNALITE, s. f. Terme Dogmatique. Ce quiconstitue un individu dans la qualité de personne.Personalitas. Dans la très-Sainte Trinité, ce font lesrelations qui font la distinction des personnalités . Lapersonnalité n’est autre chose qu’une substance incom-municable. Floravantius, de Triait. L. II. p. p p. SaintBonaventure, i. dis. 2 p ,q. 2 3 croit que ce font lesorigines qui constituent & qui distinguent les person-nalités en Dieu. Saint Thomas, q. 40 , art. 2 , & Du-randus, 1 , dis. 26 j q. 1 y veulent que ce soit les re-lations. Ce sentiment est le plus suivi. Foye-q Flora-vantius à l’endroit cité,p. i0 2yôc Vasquez, Dis-put. 1 f 4 , in primam partem.

C'T Personnalité, dans le discours ordinaire. Caractè-re , qualité de ce qui est personnel. Dépouillons toutepersonnalité pour juger íainement de cette affaire.

Cc mot est d’un usage plus fréquent en littérature,ou il signifie les reproches 6c les injures personnellesque les Auteurs emploient dans leurs ouvrages polémi-ques. (Test proprement avec un trait piquant, inju-rieux & personnel contre quelqu’un. Des mots inju-rieux adreíïès à la personne même ; des réflexions furses défauts font des personnalités. Ceux qui n’écriventque pour la vérité, ne le permettent jamais de person-nalités dans leurs contestations. M. Cheync désavouéles réponses qu il fit à Messieurs Moivre & Oliphant,quant aux personnalités désobligeantes qu’il y avoit se-mées à pleines mains. La Chapelle. Un Historienmoderne a pris plaisir à exagérer la mauvaise fortunede M. Barbier d’Aucour : ces fortes de personnalités neplaisent qu’aux petits esprits. NouvÉliste du Par-nasse. Un Auteur ne doit point être fiché contre unCritique qui ne mêle dans fa censure aucune personna-- hté. Id. Il veut- ( le P. Potée ) que les Critiques ^abs-tiennent de toute personnalité , & qu'en attaquant lesOuvrages , ils ménagent les Auteurs. Id.

" PERSONNAT. f. m. Terme de Jurisprudence Cano-nique. Bénéfice qui donne quelque prérogative , ouprééminence dans une Eglise , ou dans un Chapitre ;mais fans juridiction, qui a seulement une place dis-tinguée. Personatus. Les personats n’emportent qu’unP £ u d’honneur pour la personne, sans aucun pouvoir,tomme le Chantre en plusieurs Eglises. Le personnatn est point une dignité, comme le dit Oldrade, àrrioins qu’onn'étende beaucoup la signification du mot.Les personnats font fréquens dans les Eglises d’Aqui-tame. Quelques-uns donnent aussi ce nom à quelquesArchidiacres & Archiprctres dans des Cathédrales. Lesdocteurs en parlent diversement, 6c quelques-uns letL-nnent généralement à tous ceux qui ont quelquePrérogative dans le Chœur ou dans le Chapitre_, au-tjrilus des autres Chanoines, soit dans les processions ,hans les options, soit dans les suffrages ; 6e con-toiident ce nom avec dignité. D’autres donnent ce

Uom de simples Curés, 6e d’autres à des Curés, pri-«Jtrrtifs.

^ PERSONNE, si f. Persona. Dans un sens Philoso-j u d ue & Théologique, c’est une substance indivi-utile dune nature intelligente. Natura intellectualis^^duasubsantia. Foye^ ces mots.

croit 1 iC r en 1 ThcoI °gr e les personnes divines. L’Eglisesonne 41, Dieu en trois personnes. La première per-pour nou C - er f ' ^ seconde est le Fils qui s’est incarnédn Pere L'p a troisième le Saint-Eíprit qui procèdele mot de w Flk Dans le Mistèl ‘ e dela Samte-Trinité

fort différente°r ê n Une sl S nisicati T tout f. lln § ullei ' e 'On n p c’p„ éfo- celle qu'011 y attache ordinairement.

qu’on n’p» lervi hans l’Eglise Latine que parce'PitmrTé 1/ paS trouv é de plus commode. Foye^Crinite j Hypostase, Subsistance.

P E R 705

ïfT Le mot de personne désignant une substance indivi-duelle y une nature raisonnable ou intelligente, nepeut être appliqué qu’à ce qui est le principe total deFaction. Ainsi quoique l’homme soit composé dedeux substances tout-à fait différentes, de corps & d’a-me, il ne fait pourtant pas deux personnes , parce quece font ces deux parties ou substances prises ensemblequi font un principe total d’action, c'est-à-dire, lapersonne de l’homme.

fp* De même , quoiqu’il y ait deux natures fort diffé-rentes en Jefus-Christ, savoir la nature divine & lanature humaine, il n’y a pourtant pas deux personnes ,mais une feule personne divine, parce que la naturehumaine existant dans une autre plus parfaite, n’est pasun principe total d’action; mais ce que fait l’humani-té de Jésus-Christ , la personne divine qui lui est uniele fait aussi , 6c de l’union de ces deux natures il ré-sulte un tout qui est le principe des opérations théan-driques. Foye■q Théandrique.

(sF Personne, dans l’usiige ordinaire, se dit de l’hom-me 6c de la femme , 6e signifie également l’un 6esau-trc. Ainsi l’on dit une personne de mérite , une person-ne de condition. Des personnes constituées en digni-té. Les personnes du monde. 11 y avoit tant de person-nes à cette assemblée. 11 n’y a point d’acception de per-sonnes devant Dieu.

ftP II y a des phrases particulières où le mot de personnene s’applique qu’aux femmes. Quand on dit , parexemple, c’est une jolie personne , une des jolies per-sonnes du monde, une des plus belles personnes dumonde.

IP’Ce mot a deux significations & deux genres differens.Il signifie l’homme 6e la femme tout ensemble commehomo en Latin. Dans ce sens il est toujours féminin , &a personnes au pluriel. J’ai vû la personne que vous ia-Les personnes constituées en dignité.

|í3“ Quelquefois personne signifie le nemo des Latins ,. 'f Perjonne , m homme ni femme. E11 ce siens il estindéclinable , & n a point proprement de genre ni depluriel. Personne n’est venu , 6e non pas venue. Ondit de même en parlant à un homme ; je ne vois per-sonne aussi heureux que vous, & non pas heureuse : àmoins qu’on ne parle à une femme ou d’une femme ,je ne vois personne aussi heureuse que vous, ou aussiheureuse quelle, parce qu’alors heureuse fe rapporte àfemme, 6c non pas à personne,c y m n’est point ici du gen-re féminin , comme on le volt dans le premier exem-ple , où l’on dit en parlant à un homme , personneaussi heureux que vous.

|L? Il est bon de remarquer que l’usage de personne pournemo n’est proprement que pour les choses qui regar-dent l’un & l’autre sexe conjointement : comme per-sonne n a etc fiche de sa mort. Ici personne comprendl’homme 6c la femme sans les séparer, mais quand ontire le mot personne du général , pour le rapporterparticulièrement a un sexe ou à une personne leule ,alors ce n’est pas le lieu d’employer personne , pournemo. On ne dira pas à une fille, je ne vois personnede si beau ou de si belle que vous , parce qu'alors onfait un rapport particulier du mot personne. Il faut dansce cas chercher un autre tour : je ne vois rien de sibeau que vous, ou je ne vois point de si belle fille quevous.

sét U y a encore une remarque à faire fur le mot persa-ne employé dans la première lignification. Quoi qu ilsoit toujours féminin, on ne lai lie pas de lui donnerquelquefois le genre masculin, 6c ineme plus élégam-ment que le féminin. Par exemple, j aï eu cette conio-îation dans mes ennuis, qu’une infinite de personnesqualifiées ont pris la peine de me témoigner le déplai-sir qu'ict ont eu. V aug. Que je ne fois pas comme laplupart des personnes du monde, qui négligent lesfautes qu ils font, pouvu qu elles ne soient pas mor-telles. Madame de la Valliére. On doit imiter pru-demment ces exemples, & n’en faire pas une rèrie gé-nérale. Il faut qu’entrc personne , 6c son relatif mascu-lin , il y ait un assez grand nombre de mots, pour fai-re oublier que ce relatif masculin se rapporte à person-ne } qui est féminin ; ensorte qu’on ne longe plus qu’à