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Tome sixieme. [MIT - PRO.]
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des erreurs populaires, & désabusé des vanités dumonde ; qui aime les honnêtes plaisirs ; qui préfère lavie privée au fracas du monde ; ami fidèle, peu dan-gereux ennemi ; utile, si on le met en œuvre, contentde n y être pas ; attentif au présent, peu inquiet pourPavenir, qui se soucie peu des jugemens du vulgaire ;qui regarde d’un œil ferme & tranquille l’inconstancedes choses du monde ; & qui, fans être insensible,ne se Iaiíse point abattre par les disgrâces & par la dou-leur. S. Evr. J’appelle Philosophes, non ceux qui enfont profession ; mais ceux qui en ont Pesprit & lessentimens. M. Es p. Un Philosophe est affranchi de latyrannie des passions. Ablancourt. Je préfère auxConquérans, ces Philosophes, ces illustres oisifs, quitravaillent uniquement à se rendre maître d’eux-mê-mes. M. Esp. Il faut qu’un Philosophe sache vivredans le monde, aussi-bien que dans la retraite, Sc sedémêler de tous les différons états, qui partagent la viedes hommes. Dac. Un vrai Philosophe ne s’élevepoint fièrement au-deffus du vulgaire, comme s’ilavoir seul la raiíon en partage. S. Evr. Il faut éprou-ver les vrais Philosophes à la gloire , aux plaisirs &aux richesses ; ceux qui pourront les regarder fixe-ment , Sc lans être éblouis de leur éclat, íeront dé-clarés légitimes. Ablanc.

Dans le monde, on décore aussi du nom de Philo-sophes , ces prétendus esprits forts , qui, plus par air,& par une espèce de libertinage d’espnt, que par dé-pravation de mœurs, se mettent au-deísus des devoirsSc des obligaûons de la vie civile & chrétienne ; Scqui, affranchis de tout ce qu’ils appellent préjugés dePéducation en matière de Religion, se moquent despauvres humains, allez foibles pour respecter des loixétablies, Sc allez imbéciles pour n oser secouer lejoug d’une très-ancienne superstition.

ijjfóP Le nom de Philosophe s’applique avec beaucoupplus de raison à un homme sage, qui. mène une vietranquille & retirée , hors de 1 embarras des affaires ;mais il ne faut pas porter trop loin cet esprit de re-traite. L’homme est né pour les autres hommes : rom-pre tout commerce avec eux, c’est devenir sauvage,misanthrope, se dépouiller de la qualité d’homme. Levrai Philosophe sait se partager entre la retraite & lecommerce des autres hommes.

ffJ" Les Alchimistes, ceux qui travaillent au grand œu-tvre j se sont approprié ce nom , Sc se disent les vraissages , les Philosophes par excellence.

La tourbe des Philosophes est un recueil en plu-sieurs volumes des Auteurs qui ont écrit de la pierrephilosophale. Raymond Lulle, Paracelse, Basile Va-lentin, Sandivogius, ont été de grands Philosophes.Le sel, le íoufre & le mercure íont les principes desPhilosophes. Mais on appelle Philosophes par préfé-rence, ceux qui savent la science. Les Philosophes sontappelés Prophètes par les Maîtres du grand Art, parcequ’ils ressemblent, disent-ils , aux Prophètes, en cequ’ils voient tous les tems ; Sc ceux qui prétendent êtrePhilosophes , & ne le font pas, on les traite d’igno-rans, §6 font nommés Philosophâmes. Les Philosopheshermétiques font les seuls qui méritent le nom vénéra-ble de Philosophes , à 1 exclusion de tous les autres ;damant qu ils connoiffènt íeuls intimement Sc à fond,ou radicalement la nature , par le moyen de laquelleils viennent à la connoiffance du Créateur de touteschoses, auquel ils rendent leurs devoirs Sc homma-'ges; Sc c’est principalement pour cette raison queDieu a donné à shomme une ame raisonnable, ca-pable de le connoître Sc de l’aimer. Dict. Herm.

UsT Ainsi , il y a plusieurs préparations en Chimie ,qualifiées de ce nom. L’huile des Philosophes n’estautre chose que de l’huile de brique; cest-à-dire,de l’huile d’olive dont on a imbibé dés briques rou-gies au feu, Sc qui a été ensuite distillée à feu nud.L or des Philosophes , c’est l’or des Alchimistes. Lapoudre des Philosophes , c’est la poudre de projec-tion , &c.

Zes Mois Philosophes , font une des quarante Sc unelecte qui íont sortis du Luthéranisme ; Sc dont Joyetfait le dénombrement, T. I, p. 4 . 7 /.

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D3- PHILOSOPHER, v. n. Traiter des matières de Phi-losophie. La manière de philosopher des Péripatéti-ciens est bien différente de celle des Stoïciens. Deí-cartes est le premier qui ait osé proposer une nouvel-le méthode de philosopher. Philosophari. Dans ce sensphilosopher Sc donner la raison des choies, íont ter-mes synonymes.

tfT Philosopher , raisonner conformément aux prin-cipes de la Philosophie. Il est dangereux de vouloirtrop philosopher en matière de Religion. AcadémieFranc.

|CT Philosopher, raisonner sur les choses qui concer-nent la Morale Sc la Physique, ou même fur d’autresquestions. Ces deux amis s’amusent à philosopher en-semble. Il faut se défaire de tout attachement à sonpropre sens, pour philosopher indifféremment furtout ce qui se présente. Le P. Rap.

fCF II se prend quelquefois en mauvaise part, pour raf-finer , subtiliser. On s’éloigne quelquefois de la vérité >à force de philosopher. Il n’est pas question de philo -sopher , il faut agir.

If? PHILOSOPHIE, f. f. Philosophia. Suivant la forcegrammaticale du mot,, amour de la sagesse. Les pre-miers Philosophes s’appeloient Sophi sages, Sc la p’ nl ~losophie , sophia , sophic, ou sagesse. Voye\ PiM-O-SOPHIE.

Anciennement la Philosophie ne regardoit quemœurs. Thaïes fut le premier qui s’appliqua a la Pbfsique, Sc depuis elle entra en partage avec la Morale?Sc devint la partie principale de la Philosophie. Ep lC 'tète disoit qùe la Philosophie consiste en trois choses»la pratique des préceptes , la raison des préceptes , &la preuve des préceptes. Nous excellons dans la prêts've Sc nous négligeons la pratique, qui est la plus s"ceffaire. Dac. Quelques-uns ont donné ces épitheteSà la Philosophie ancienne, Sc disent qú’elle devintimpie sous Diagoras ; vicieuse fous Epicure ; hyp ocnltfous Zénon ; effrontée fous Diogene \ intéresséeDémocharès ; voluptueuse fous Métrodorus ; santÇyque fous Cratès ; housonne fous Ménippus ; libertisfous Pyrron ; chicaneuse fous Cléante ; inquiète (<$Arcéfiias, &c.

fCF Aujourd’hui, dans les Ecoles, on divise la Philos'phie en quatre parties, Logique, Morale, PhysiquesMétaphysique. Voye-[ ces mots ; & l’on appelle coU sSde Philosophie, ces quatre parties qu’on enseis?j edans les Collèges ; faire fa philosophie , son coursphilosophie ; faire fa premiere, sa seconde annee dphilosophie ; étudier, enseigner la philosophie ; C ahi £lde philosophie ; Professeur de philosophie.

If? On définir ordinairement la philosophie , une c °^'noiffancc évidente des choses naturelles par leursses, c’est-à-dire, une science qui a pour objet les c*J°ses qui peuvent être connues par les lumières s ed j cde la raison ; une science qui consiste à connoître schoses par leurs causes Sc par leurs effets. Un P a _voit tout aussi-bien qu’un Philosophe, qu’un corps g^ dve, abandonné à lui-même , tombe vers le centrela terre: il connoît la direction, l’attraction ffe f fmant, &c. mais cette connoiísance n’appartient P aSla philosophie, parce qu’il ignore, Sc ne soupçonne Pmeure la cause de ces effets. Il ne faut étudier stcette philosophie , qui apprend à se guérir des P re ^ egés, à être toujours en garde contre les caufe sl’erreur, à ne suivre que la raison, à se laisser vainC c(Spar la vérité , Sc à reconnoître jusqu’aux pte 1111 .^principes, pour mieux s’aflurcr qu’on ne s’est P°trompé. Maleb. fS

tf? Le mor de philosophie ,' s’aplique aussi aux ^ C ^, s ,

opinions des Philosophes tant anciens que modes’ .’qui ont formé des Sectes. Ainsi l’on dir la philoJ°F ^de Platon , d’Aristote, d’Epicure , de Dcsc artes >Newton, &c. , 3 ;„e

If? Le mot de philosophie se dit encore d’une c ^ ^ ugmanière de philosopher, de certains princip ^ grîl’on suppose pour expliquer les effets nature ■ ^

découvrir les causes. C’est ainsi qu’on dis é u£}sophic corpusculaire , expérimentale , 111 c&c.