Band 
Tome sixieme. [MIT - PRO.]
Seite
737
JPEG-Download
 

PHI

Enfin , ort appelle philosophie , une certaine ferme-té , qui s’acquiert par le raisonnement, par la-quelle lame seleve & se met au-deíîìis des acci-dens de la vie , 8c des fausses opinions du monde» Ilfaut bien de la philosophie pour le consoler de la pertede son honneur , de les biens, d une personne qisonaime. La saine philosophie n’a d’autre but que la tran-quillité de sesprit. S. Evr. LYxtrémité de la philoso-phie est dangereuse ; elle rend un homme íauvage,8c ennemi des voluptés humaines. Mont. Brutusavoit modéré fardent de son tempérament par sémitede philosophie. S. Evr. La philosophie des Sages duPaganisme ne détruisoit point les vices ; elle ne fai-foit que les pallier. M. Esp. La philosophie, apprend àrire des choses que les hommes adorent ; c essa-dire,

. les honneurs & les richesses. Abl. On demandoit àDenis le Tyran, le jeune, devenu Maître d’Ecole àCorinthe , à quoi lui avoient servi Platon, & la phi-■ losophie ? A supporter plus patiemment, répondit-il,une h grande révolution. Idem. La vrai e philojophieconsiste à vivre simplement 8c paisiblement. Pasc. Ily a des gens qui consolent leur orgueil par le nomde philosophie. Nie. La philosophie qui ne parle quede vaincre , s’enfuiroit elle même à la vue de tant demaux , si elle les voyoit venir à elle tête baillée pour larenverser. S. Evr.

Heureux qui peut avoir Vaine vraimentftoïque !

II voit sans s’étonner , les plus grands accidens ;Rien ne Vémeut, ni ne le pique ,

Egalement tranquille au dehors, au dedans.Mais ù cette Philosophie ,

J’ajouterois volontiers la gaieté ,

Et Vinnocente volupté :

Sans ces deux points ce nefl rien que la vie.

Insenfible au chagrin , & sensible au plaisir ;

C’ejl à quoi je voudrois borner tout mon defir.

Urie certaine fatalité attachée à la condition humai-ne rend tous ces souhaits inutiles ; & l’expérienceconfirme tous les jours cette belle sentence du Ducde la Rochefoucauld : La philosophie triomphe aisé-ment des maux passés , 8c des maux à venir ; mais lesmaux présens triomphent d’elle. Réflexions Morales,n. 22 . Foye^ Peine 8c Stoïciens.

M. de Fénélon a fait dire à Alcibiade : la philoso-phie qui n’aboutit qssà faire d’un Philosophe un hi-bou j est d’un bien mauvais usage. Il faut en ce mondeune philosophie qui aille plus terre à terre.

fcF Dans cette acception, on appelle philosophie chré-tienne , celle qui est fondée fur les maximes du Chri-stianisme. C’est là toute ma philosophie , c est à la seuleconnoilsance de Jésus quelle fe réduit, 8c de Jésuscrucifié. Bourd. Et l’on appelle philosophie naturelle,celle qui n est appuyée que fur les seules lumières na-turelles. La philosophie naturelle n’est pas toujours unsecours suffisant contre les accidens de la vie.

^ Les Alchimistes qui fe prétendent les vrais Philoso-phes , les vrais sages , décorent aussi leur vainc sciencedu beau nom de philosophie.

Philosophie , en termes d’Imprimeric, est un caractèremoyen entre le Cicéro & le petit Romain.

PHILOSOPHIQUE, adj. Qui concerne la Philosophie.Des questions, des Thèses philosophiques. Philojophi-cus. Cette définition est trop philosophique j j’en veuxune grammaticale.

hilosophique. Qui convient à un Philosophe. Catonenvisagea la mort avec une constance philosophique. S.

vr. a béatitude philosophique étoit une chimère quin etoit presque peur personne. Nie.

Philosophique. Esprit d’obscrvation 8c de

Ss 1 & J' f f qU ’° n juge finement de toutes cho-íes ,òc qu on les rapporte toutes à leurs vrais princi-pes. Qualité rare. pimci

j£r Or Philosophique , or des Alchimistes.

jssPeche Philosophique. Foye% au mot Péché

philosophiquement. ^PhiiofoS k k ™

mère des Philosophes. Cela est défini P phìíoflphmu*ment, 8c non grammaticalement. Cet homme VestTerne FL

phi r >9

mis en retraite, 8c vit philosophiquement, détaché desvanités, 8c dégagé des opinions du peuple. Voye p Phi-losophe.

PHILOTE. f. f» <I>Aothç , f une des filles de la Nuit, selonHésiode, Theog. ( 224.. )Ce Poète a entendu l’abusdu penchant que les deux sexes ont l’un pour 1 autre.Hygin , ( Pus. ) a rendu ce mot par ceux d ’Amicitià8c àé Incontinentia , le dernier est bien. Cicéron, quiau lieu de í/Aotik , avoit lû ysipií dans quelque autréEcrivain Grec, fa traduit par gratia , ( 3 , de nauDeor. 44. j ce qu’on doit-regarder comme une mé-prise , parce que le mot Latin n a pas le double sensdont le mot Grec est susceptible, yj.\uç étant employésouvent pour lignifier les faveurs dune femme.

PHILOTÉSIE. f. f. C’est ainsi que s’appeloit chez lésGrecs la cérémonie de boire à la santé les uns des autres.Elle est fort ancienne , & fe pratiquoit de cette- ma-nière. Après que le Roi du festin, ou celui qui domìoità manger avoit versé du vin dans fa coupe, il en répan-dent d’abord en f honneur des Dieux en les invoquant :puis après en avoir bû un peu , il présentoir la coupe àion voisin, ou à celui à qui il vouloir faire honneur enlui souhaitant toutes prospérités. Celui-ci en bûvoit ,& la présentoir à un autre; & ainsi de main en mainjusqu a-ce que tous les conviés en eussent bu. LéS Phi-lotéfies se pratiquoient non-seulement pendant le re-pas,.mais encore à f arrivée de quelque hôte ou ami.Il 11’étoit permis qssaux étrangers de boire à la santéde la femme de f un des conviés. A f égard des autresrègles de cette cérémonie, on peut consulter la lettredu P. Fronteau , à M. DeBelliévre.

Ce mot vient de Quáótk , amitié.

PHILTRATION. Vryeç Filtration.

PHILTRE, s. m. Espèce de drogue par le moyen de la*quelle on prétend donner de l’amour. Philtra , velamatoria incitamenta. On distingue les philtres en fami8c en véritables. Les faux font ceux que donnent quel-quefois les vieilles femmes, ou les femmes débauchées.Ceux-là, dit-011, font ridicules,.magiques 8c contre na-ture ; plus capables d’inípirer la folie, que l’amour, àceux qui s’en servent. Les véritables philtres font ceuxqui peuvent concilier une inclination mutuelle entredeux personnes par f interposition de quelque moyennaturel & magnétique qui transplante f affection. Il y ades Auteurs, entre lesquels est VanHelmont, qui veu-lent qu’il y ait des philtres de cette nature ; ils rappor-tent divers faits pour confirmer leur sentiment. VanHelmont dit qu ayant tenu une certaine herbe dans samain durant quelque tems, & pris ensuite le pied d’unpetit chien de la même main, cet animal le suivit par-tout, 8c quitta son premier maître. Il ajoute que les phil-tres demandent une confermentation de mumie pourattirer l’amour à un certain objet; & rend par là raisonpourquoi l’attouchement dune herbe échauffée trans-plante l’amour à un homme ou à une bête. C’est, dir-il,parce que la chaleur qui échauffe l’herbc n’étant pasfeule, mais animée par les émanations des esprits natu-rels, détermine f herbe vers foi, & fe findentifie; 8cayant reçu ce ferment, elle attire magnétiquement l esprit de l’autre objet, & le force d aimer ou de prendreun mouvement amoureux. 1 out ce raisonnement n estqu’un vrai galimatiasdes philtres font auín de pures chi-mères ; 8c pour les faits qu’on allégué pour meuve, ouils font faux , ou ils dépendent d autres caules.

Ce mot vient du Grec quXaiv , aimer.

HILTRER. Voyct Filtrer.

HILYRE, ou PHILLYRE. í. f. Nom dune Nymphe.fille de f Océan , de qui Saturne eut Chiron le Cen-time aue les Poètes nomment pour cela Philyrides.Fovez Noël Le Comte, Mytholog. L. IF , C. 12.

HIMOSIS. si m. Terme de Chirurgie. C est une mala-die du prépuce , qui arrive lorsqu ;1 est tellement serréque le gland ne sc peut découvrir sans incision.

T On distingue le Phimoflsjen naturel 8c en acciden-tel. Celui qui vient de naissance n’est dangereux qu’au-tant que le séjour de l’urine entre le gland & le pré-puce pourroit occasionner une inflammation. Le Phi-mosis accidentel est bénin ou malin. Le premier vientd’une cause externe qui irrite le prépuce, y cause un

A aaaa ij