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Tome sixieme. [MIT - PRO.]
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on les fait plomber. Ce qui fc fait cn remplissant le troude la dent gâtée avec des feuilles de plomb. On tireplusieurs avantages de ts faire plomber les dents ca-riées. t°. Parce que cela empêche que la carie aug-mente , & qu on ne perde la dent en entier. 2°. Parceque cela empêche Pair froid d’y entrer, auffi-bien queles liqueurs que l’on boit, & les alimens que l'onmange. 3 0 . Parce que éela empêche la corruption desalimens qui y enrreroient fans cela, 8c qui donne-roient une haleine fort mauvaise. Et 4 0 . parce que lesdents plombées font beaucoup moins íujettes à fairedouleur que les autres.

Plomber , est austî un verbe neutre , dont les Emailleursfe fervent quand ils veulent dire , qu’il y a un certainnoir comme de fumée, qui obscurcit la couleur de1 email. Plumbo infuscare . Les émaux clairs mis fur unbas or plombent. C’estce qu’ils appellent auílì, deve-nir .louche. Offuscari.

íst En Jardinage, on dit plomber un arbre. C’est prester8c fouler la terre avec les pieds pour raffermir , 8 cpour assurer l’arbre qui vient d’être planté. Solidare,obfirmare. On plombe toutes les terres rapportées,afin quelles tassent moins.

Plombé , ée. part. 8c adj. Plumbatus , plumbo munitus.Des Bulles plombées. On le dit aussi d'un mauvaisteint, qui est livide , pâle , ou fans couleur. Color li-vidus. Cet homme ne fe porte pas bien , il a le teintplombé & livide. Les Émailleurs appellent aussi cou-leurs plombées , celles qui ne font pas vives. Les Mar-chands appellent une marchandise plombée & douan-née j celle qui est marquée du plomb des Jurés du mé-tier: c’est la marque qu elles ont été manufacturées sui-vant l’Ordonnance, 8c du lieu d'où elles viennent,Sc qu’elles ont payé les droits dus aux douannes.

PLOMBERIE, f. f. Art de fondre 8c de travailler leplomb. Il fe dit aussi des ouvrages des Plombiers.Dict. de Com. Madame la Duchestè de Valentinoisavoir un cabinet de rocaille qui touchoit à son appar-tement d été , 8c qui fans doute, étoit le plus agréa-ble lieu du monde. Il n etoit meublé que de piles decarreaux de drap d’or, 8c de vases de porcelaine rem-plis de Heurs. Une Vénus de marbre blanc formoitune grotte qui regnoit le long de ce cabinet, & huitou dix petits Amours , les uns dormans, léi autresoccupés au service de la Décile, formoient autant dejets d'eau, qui réfléchissant dans un grand nombrede miroirs, dont ce cabinet étoit orné , fe perdoient

en murmurant par des conduits de plomberie .

Madame de Villedieu, Journal Amoureux , T. X,p. 31.

PLOMBEUR. f. m. Officier ancien d» la Cour de Rome.Plumbator. On appeloit autrefois ainsi ceux qui met-toient les plombs ou les bulles de plomb aux diplomésdes Papes ; c'est-à-dire, qui mettoient les sceaux. Cessceaux étoient de quatre fortes, d’or, d’argent, decire & de plomb. Les Papes ne mettoient le sceau oula bulle de plomb , qu’aux actes & aux diplomés leplus de conséquence. D’abord ils avoient, dit-on,deux Religieux de Cîteaux, qui croient chargés d’im-primer l’effigie fur ces plombs, & qu’on appeloit, àcause de cela, les Freres du Plomb. Ensuite on enchargea des Ecclésiastiques séculiers, qui furent ap-pelés Plombeurs.

$ 0 “ On le dit aussi de celui qui applique le plomb auxétoffes , & aux marchandises. Dans quelques endroitson dit Ferreur ; dans d’autres, Marqueur.

§ 0 " PLOMBIER, f. m. Ouvrier qui travaille en plomb ,qui le fond j qui le façonne , qui le vend façonné, 8cqui le met en œuvre "dans les différeras cas où il estemployé. Plumbarius faber , propola.

PLOMBIÈRE, adj. qui n’a d'ufagc que joint avec pierre.La pierre plombière , est ainsi nommée selon Diofcori-de, de ce qu’elle est fort semblable au plomb, 8ç qu’el-le a les mêmes propriétés que l’écume de plomb. La-pis plumbarius. Matthiole croit que la vraie pierreplombière est la mine de plomb qui n’a point encorepassé par le feu , cette mine étant fort semblable auplomb . en pesanteur 8c en couleur.

PLOMBIÈRE qu PLOMBIÈRES. Plumbarìa.Se Ion Fuch-

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sius, Plumbers , quasi plumbea ; André Beccius, Plum-beas ; G. Agricola , Plumbarias ; Fallope, après Gef-ncrus , Balneum Plumbeum. Bourg de la Lorraine enVoges, distant de Nancide 17 lieues, de y d’Efpinal.,j de z de Remiremont. Ce lieu est célèbre, depuis le' teins des Romains, pour fes Bains. Vers Pair 418 de! Rome , AEtius ou Ácc , Patrice des Gaules, 8c Gé-néral des Romains, fut le premier qui fit amasser les1 eaux chaudes de Plombière , pour y baigner fes sol-dats malades 8c 'Blessés. Juíe César jetta les fonde-mens de quatre magnifiques Bains, éleva des murspour porter les toitures, qui font aujourd’hui en pa-villons. Ces bains ont été íì bien pavés 8c cimentés ,qu’ils subsistent encore depuis Pan 693 de Rome.Il y a plusieurs sources d’eaux chaudes minérales.Trois principales pour l’ufage des malades , propresà boire ,-qui font limpides & fans odeur ; les autressources font destinées pour passer fous deux étuves.Il fe trouve encore dans ce lieu, trois sources d’eauxfroides favoneufes.

Fuchsius, Médecin très-accrédité en Allemagne ; lesavant Baccius, Médecin de Rome , font les premiersqui ont écrit fur les eaux chaudes de Plombières. Lepremier dit : In Lotharingia montanis Balnea suntqus Plumbers , quasi Plumbea , ob nimirum copiosamPlumbi mixturam vocantur. Confiant ex Plumbi 3 sul -phuris & aluminis mixtione , &c.

Le second s’explique ainsi : Sunt Balnea in Lotha-ringia ob mirandas utilitates , non Gallis, modo acGermanis , verum etiam apud longinquas alias Na-tiones celeberrima. Huc claudi comportantur , tremuli 3ftupidi , inflati , malo habitu affecli , & qui jam è lon-go quopiam morbosalutem desperames- 3 in probaticamveluti piscinam descendunt , minera ex plumbi in primis

jubstantia conflant cum sulphuris atque aluminis mix-tione. 7

Dans les siccles les plus reculés, les malades nebuvoient jamais d eaux chaudes minérales ; ils alloientfeulement aux bains, aux etuves, aux douches, 8c íofaifoient appliquer des ventouses.

Versl’an 1608,HenriII,Duc de Lorraine, com-mença à boire de ces eaux chaudes pour guérir desdouleurs désespérées quil avoit à Pestomac , dont iln’en réfultoit qu’un suc nourricier digéré à la hâte. Ilen faifoit usage toutes les années. Depuis ce tems ,Plombière a été en grande réputation. On y a vu ac-courir des malades de toutes les nations, tous les ans,aux mois de Mai & Septembre.

Les eaux chaudes minérales font des cures surpre-nantes , qui tiennent du miracle. Elles agissent fré-quemment par les voies des sueurs, des urines, desvaisseaux salivasses, rarement par les selles. Elles pu-rifient le sang , en flattant son acreté, le rendent plusfluide.

Elles conviennent encore contre les fluxions de tête,'mémoire afïoiblie, surdité, migraine, vertiges fympto-marîques, létargie, engourdissement 8c tremblementde toutes les parties du corps. Elles détruisent l’humeurmélancolique , les coliques néphrétiques, venteuses 8chumorales. Les flux séreux, bilieux, convulsifs, lien-tériques récens, les plus affreuses des indigestions 8cles diarrhées ; emportent les ulcères corrosifs, malins,difficiles à guérir-, les fistules, la lèpre récente, lesdartres vives, ouvertures des pieds, des mains, pru-rit , galle , & toutes fortes de maladies de la peau , eny comprenant le morphea & le leu ce; tres-utiles dansla strangurie , 8c dans toutes les maladies des reins, dela vessie ; tuent les vers, rendent la fécondité auxfemmes stériles. Elles font bien dans la palpitationde cœur, dans les passions hystériques 8c vapeurs.Elles conviennent enfin, pour empêcher l’avorte-ment , raffermissent les vaisseaux fpermatiques, gué-ri île n t les rhumatismes, íciatiques , les fièvres invé-térées , l’hydropisie naissante , où il n’y a pointde dureté fquirreufe ; les maladies chroniques.8c généralement toutes celles qui procèdent d’hu-meurs séreuses. Elles fortifient les nerfs, les osbrisés 8c hors dc leur pUce, & redressent les boi 3teux.