POL
$3* Politique, signifie aulsi la connoisiànce da droit pu-blic, des divers intérêts des Princes Sc de tout ce quia rapport à l’art de gouverner. C’est en ce sens qu ondit étudier la politique. Il n’est pas peut-être de foiblcs-se plus digne de risée , que l'étude de la politique pourceux qui ne sont pas appelés au maniement des affairesd’Etat. S. Réal.
tfT Ce mot sc dit encore dans un sens plus étroit de l’a-dresse, ou dé sart de conduire ses entreprises d’unemanière propre à y réussir. Cet homme a une politiquesine Sc cachée pour s’avancer. En ce monde chacun afa politique. Ce n’est pas là ma politique. Chaque pas-sion a sa politique pour se justifier. Ablanc. Quelque
Î irofonde que soit votre politique , j’en ai pénétré toute fin. S. Evr . Il est inutile à une femme de contrefairela severe , & de se parer d’une fierté scrupuleuse : c’estune politique uíée. Bell.
En bonne & tendre politique ,
Un Amant bien sensé ne doit paraître Amant 3Qu à ce qu il aime seulement. Font.
Politique, s. m. Celui qui sait sart de gouverner ; quiest habile dans les négociations, dans les intrigues d’E-tat. Homo rei politiae, peritus 3 vel civilis doctrina intel-ligens. Un prudent politique. Un politique consommé.Les plus grands politiques ont été souvent trompés parles événemens. Il y a dans tous les états une foule deces politiques chagrins, qui font consister l’efprit Sc lapénétration à murmurer & à gronder fans celle contreceux qui gouvernent. Le P. d’Orl. Loin d’ici ces ti-mides politiques qui toujours allarmés ne savent quecraindre , & désespérer. Tour. Cet homme est un po-litique ridicule , grave, composé , Sc qui s’imaginedécouvrir des desseins cachés dans les plus communesintentions. S. Evr. Machiavel étoit un dangereuxpolitique.
Politique, adj. m. Sc f. Qui concerne le gouvernement.Les discours politiques Sc militaires du sieur de laNoue. Le trésor politique 3 ou Recueil de plusieurs ins-tructions touchant les affaires d’Etat. Maximes, réfle-xions politiques.
Politique, adj. Souvent employé substantivement,se dit aulsi d’un homme fin Sc adroit, qui sait s ac-commoder à l’humcur des personnes qu’il a intérêt deménager , ainsi que d’un homme prudent Ôc réservéqui s’observe dans ses paroles & dans ses actions. Danscette dernière acception il se prend souvent en mau-vaise part. Omnium temporum homo 3 tempori serviens.Il est peu de vrais amis dans un siècle aussi politique quele nôtre. Bell. Je fuis incapable de ces politiques ména-gemens qu’on voir pratiquer à tant de gens. Cl. Cethomme a une conduite politique Sc cachée; c’est un es-prit politique. Il faut être un peu politique dans lemonde, Sc ne pas dire bonnement tout ce qu’on pen-se. C’est un politique qui ne se laide jamais deviner.Politique, s. m. Sc f. Nom que l’on donna vers la fin duseizième siècle à un des partis qui divisèrent la Francependant la Ligue. Politicus , a. Ce nom se donnoit parceux de la Ligue à ceux qui s’opposoicnt aux préten-tions des Princes Lorrains , qui tenoient pour le Roi ;& on commença à 1 employer vers 1 an iy68 . m Voye\M. de Thou. On appels encore fur la nndu meme iiè-cle, & vers l an 1574 * Politiques Sc mecontens lesPartisans du Duc d’Alcnçon, Itéré de Charles IX Scd’Henri III.
Politique. Nom de secte en Angleterre. Politicus 3 a.Les politiques 3 dit Jovet, sont'fans ame & fans Dieu,qui ne se soucient point de Religion, mais feulementde l’État.
§3“ POLITIQUEMENT, adv. D’une manière politique,sage, Sc prudente. Ex civilisscienti a legibus. Il signi-fie aulsi d’une manière réservée , fine Sc cachée. 11 y ades gens qui agissent politiquement dans tout ce qu’ilsfont. Il faut vivre à la Cour politiquement 3 Sc ne pasmontrer tous ses sentimens. On doit politiquement s’ac-commoder à l’humeur des Grands.
POLITIQUER. v. n. Raisonner sur les affaires publi-ques. Il n’a guère d’ufage que dans le style familier. Ils’amuse à politiquer. Ac. Fr. Ce mot ne s’étoit pointTome VI*
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encore écrit, ce me semble , dit l’Auteur du Diction-naire Néologique dans la première édition. Mais dansla seconde il a supprimé cette remarque. La bière, lecidre j le thé , le chocolat, le café, sont presque tousdes boisions sérieuses Sc taciturnes , qui laisient l’hom-mc livré à fa mélancolie. Si elles rassemblent quelque-fois une compagnie autour d’elles , ou bien on mora-lise d’un air triste , ou l’on y politique froidement :quelquefois on y dispute avec aigreur. C’est le privilè-ge du vin seul d’apporter par-tout la vivacité Sc la joie.U délie la langue , il évertue l’esprit, & fait éclater lasatisfaction du cœur par le chant. Speci, de la Nat. T.II.p. 32S‘ Bayle, chap. 20 du tom. premier de sesréponses aux questions d’un Provincial, dit que M.Leti j fameux Auteur , étoit un grand Nouvelliste , &qui, lur ce qu’on nomme politiquer 3 pouvoir tenir tê-te à qui que ce fut. Ceux qui n’ont que le soin de poli-tiquer 3 conçoivent à leur aise de hautes pensées. Le P.COURBEVILLE.
POLIUM, f. m. Plante qui est haute d’environ un demi-pied , jettant beaucoup de tiges grêles, rondes, dures,ligneuses. Ses feuilles sont petites , oblongues , épais-ses , crénelées , cotonneuses. Ses sieurs sont en gueule ,petites, ramassées un grand nombre ensemble en ma-nière de tête, de couleur jaune comme l’or, d’une odeurfort aromatique. Ses semences sont menues , presquerondes ; enfermées dans une capsule qui a servi de ca-lice à la sieur. En Latin polium montanum luteum. C.Bauh. On se sert en Médecine des sommités fleuriesdu polium ; elles sont céphaliques, propres pour exci-ter les urines Sc les mois aux femmes, Sc pour résisterà la corruption. Il y a pluhcurs'autres espèces de polium.
Le Polium à sieur blanche , polium montanum album ,ne diffère de celui-ci qu’en ce que ses sieurs sont blan-chesj Sc les feuilles plus petites Sc moins cotonneuses.11 est aulli plus amer.
A j llot vient du Grec n-okiee , blanc , parce que lestetes An polium des Anciens , solvant Diofcoride , Scles feuilles de la même plante , suivant Pline étoientblanches.
POLIZEAUX. f. m. pi. Espèce de toile qui se fabrique enNormandie.
POLLARD. s. m. Nom d’une fausie monnoie d’Angle-terre, qui eut cours dans le treizième siècle. Pollardus.Le Roi Edouard décria les Pollards en 1301. Voye%Vallingham Sc Kynghton à cette année. Apparemmentque les Pollards avoient pris ce nom de celui qui lesavoitlfabriqués.
|fT POLLENTIA, f. f. Terme de Mythologie. Déessede la Puisiànce chez les Romains. Pollentia 3 du La-tin pollere 3 pouvoir beaucoup.
POLLE-DAVY. f. m. pi. C est ainsi que 1 on nomme uneespèce de grosse toile de chanvre écrue , qui a pris sonnom de la Paroisse de Polle-davy 3 située dans l’Evê-che de Cornouaille en Basie-Bretagne, où elle le fabri-que ordinairement.
POLLET, f. m. C’est le nom d’un quartier de la ville deDieppe , qu’on a dit pour Port d’Est. Ce nom s’estcommuniqué aux habitans du lieu, Sc à leurs bateaux,qu’on appelle Polletois. Un Polletois. Une Polletoise.Un navire Polletois. Vo\e\ DomDupleisis, Descrip-tion Géographique & Historique de la Haute-Norman-die , tom . 7 . p. / 28.
POLLETOIS , OISE. f. Sc adj. Voye^ l’article précédent.
POLLIA. Nom de l’une des trente-cinq Tribus de Ro-me. Pollia. .
POLLICITATION. f. 5 Terme de Droit Civil. C’est lso-bligation de faire ou donner quelque chose , qu’oncontracte seul avec le public, par le seul fait, s ansqu’il soit besoin d’écrit, nid’autres pactionsni solem-nités, que la feule volonté ou la manifestation d’icelle.L’objet de la Pollicitation est une libéralité que l’onfait à un corps , à une ville, à un hôpital, à une Egli-se. Pour que la Pollicitation ait lieu, il f au t qu’fl yait eu un commencement d’exécution de la dhose. Sil’on avoir promis, par exemple, de faire faire des fon-taines dans une ville, d’y faire bâtir un édifice, oud’en réparer ou en embellir un, on n’avoit aucun égardà ces promesses, si 1 ouvrage n’étoit pas commencé :
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