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Tome sixieme. [MIT - PRO.]
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Matthieu, c h. tj . Ecoutez ma juste prière 3 elle n'as-pire point aux grandeurs d’ici-bas. L’Ab. Têtu. Onfait dans l’Egliíe des prières publiques, des prières dequarante heures dans plusieurs occaíìons. Il y a aussi! des livres de prières, des oraisons dévotes, des prièrespour le Jubilé. Dans les maisons bien réglées, on faitla prière le soir Sc le marin. On fait venir tous les do-* mestiques à la prière. On dit, Dieu vous mette en bon-nes prières. Je me recommande à vos dévotes prières.f3* La Prière est une élévation de notre ame à Dieu ,notre ame s-ílève à Dieu , en le louant, ou l’adorant,ou le remerciant de ses bienfaits, ou lui demandantses grâces ou lui offrant nos personnes, nos biens,nos actions, tout ce qui nous touche, Ainii, il y acinq sortes de prières l'adoration, la louange, fac-tion de grâce , la demande Sc Toftrande.

|CT La Prière est intérieure ou extérieure , publique ,ou particulière. La. prière intérieure est celle qu on faitdans le fond du cœur, fans la produire au dehors paraucun ligne. On nomme ordinairement cette prière 3la prière ou l’oraison mentale. La prière extérieure estcelle qui se manifeste au dehors par des paroles, &qu’on nomme pour cet effet, oraison vocale. Elledoit ausiì partir du cœur pour être agréable à Dieu.jj£3 La Prière publique est celle que les Fidèles réunisfont ensemble dans les afl^mblées publiques de l’Egliíê.On voir par-là ce que c’est que la prière particulière.Prière, se dit auílì en termes de Bréviaire, de certainesoraisons, antiennes & versets qu’on dit en certainsendroits de l’Osticc, Sc en certains jours, & à genoux.Preces. Les prières se dilent aux Dominicales, à Pri-me Sc à Complics. Les prières des Féries le disent àLaudes & à Vêpres pendants A vent, le Carême Sc lesjours de jeune.

§3“ Prière , lignifie auílì, sollicitation, demande qu’onfait dune chose qu’on regarde comme une grâce.Suafîo j instipat io , requisitio. Un bon Juge ne se doitpoint laillèr aller aux prières , aux menaces, aux solli-citations de qui que ce soit. La prière d’un Souverainestun commandement.

Prière , se dit aussi par civilité des devoirs réciproquesqu’on ne refuse point aux amis quand ils le deman-dent. J’ai été chez vous pour vous faire une petiteprière. Il a fait cela à ma prière 3 à ma recommanda-tion. Rogatu vel oratu meo.

§3* PRIÈRES , en Mythologie. Hésiode dit que lesprières croient filles de Jupiter. Elles sont boiteuses ,dit ingénieusement Homere , ridées , ayant toujoursles yeux baissés, Pair rampant & humilié , marchantcontinuellement après l'injure , pour guérir les mauxquelle a fait, il a voulu nous faire entendre par-làque ceux qui prient doivent être humbles Sc rampans.

On dit proverbialement, qu’unc courte prière pé-nétre les cieux. Brevis oratio penetrat coelos. On dit• aussi j courte prière , Sc long dîner.

PRIÉS. f. m. pi. On appelle le Conseil des Priés , un desConseils de la République de Venise , où-l’on décidetoutes les affûtes concernant la paix, la guerre , les al-liances & les ligues. Ceux qui assistent à ce Conseil,sont appelés par les Vénitiens Pregadi , & c’est ce quenous nommons le Conseil des Priés.

PRIEUR, f m. PRIEURE, f. f. Directeur, Supérieurd’un Couvent de Moines ; Supérieure de Religieuses.Cœnobiatxha , vulgo Prior. Le Prieur des Chartreux ,des Cannes. La Prieure des Urlciincs, des Carméli-tes. Un Prieur claustral est celui qui gouverne les Religieux dans les Abbayes, ou Prieurés qui font en cominendc. Il est appelé Prieur clauftra.1 , parce qu’il a lasupériorité dans 1c Cloître, on le Monastère. Le P rieurclaustral est different du Prieur conventuel 3 en ce qu’iln’a qu’une simple jurisdiction spirituelle sous l’Abbé.Son pouvoir finit par la more de l’Abbé, à moins qu’iln’aít été élu par tour le Couvent, comme dans les Mo-nastères de la Congrégation de íaint Maur , ou l’instjtution des Prieurs claustraux n’appartientaucunementaux Abbés commendataires, lors même que les Prieursclaustraux dépendent deux. Mais pendant la vacancede l’Abbaye, le Prieur claustral ne peut conférer lesBénéfices qui sont à la collation de l’Abbé. Ce droitTome VI.

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est dévolu à l’Evêque ou à la Communauté , íe-lon la discipline des lieux, ou l’exigence des cas. LePrieur claustral ne peut être commendataire. UnPrieur conventuel régulier est celui qui régit des Re-ligieux vivant en communauté ; il est opposé au Prieurconventuel séculier Sc commendataire. Les Prieursconventuels íonc tenus de se faire promouvoir à l’Or-dre de Prêtrise dans fan , ou tout au plus dans les deuxans du jour de leurs provisions, faute de quoi leursbénéfices íont déclarés vacans Sc impétrables. Ils doi-vent avoir vingt cinq ans quand ils gouvernent le Cou-vent , & vingt ans si le Couvent est régi par un autre.Les Prieurs conventuels ne sont différens des Abbésque de nom ; ils en ont route l’autorité, & commeeux ils sont chefs des Monastères. On appelle auílìPrieur 3 celui qui postéde un Bénéfice simple qui a ti-tre de Prieuré. Le Prieur séculier est celui qui n’eílpoint Religieux.

On appelle Grand-Prieuf 3 celui qui est Ic premierdans une grande Abbaye , lorsqu’elle a besoin de plu-sieurs Supérieurs. Magnus C&nobiarcha. Le Grand -Prieur de Cluni , de Fécan. U y avoir autrefois à Saint-Denis cinq Prieurs , dont le premier s’appeloicGrand-Prieur. Dans la plupart des Monastères il y aun Sous-Prieur 3 K3 qui a la supériorité Sc la direc-tion dans un Monastère de Religieux après le Prieur.

Il y a auílì des Grands-P rieurs dans les Ordres mi-litaires. Le Grand-Prieur d u Temple. Summus Tem-pli Antistes. Le Roi ne nomme point les Prieurs del’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, ou de Malte ;c’est le Grand-Maître qui les nomme. Il y a en Francesix Grands-Prìeurs de l’Ordre de Malte. Le Grand-Prieur de Provence; le Grand-Prieur d’Auvergne ;\c Grand-Prieur dc France , le Grand-Prieur d’Aqui-tainc,le Grand-Prieur dc Champagne; le Grand-Prieurde Toulouíe. Ils niaichcnt encre eux dans Tordre danslequel ils viennent d etre nommés. De ces six Grands-Prieurs il y en a trois pour la langue de France, celuide France, d’Aquitaine& de Champagne. Le Grand-Prieur de France est grand Hospitalier de l’Ordre.Prieur, sc dit auílì de certains Officiers qui s’élisentdans les Communautés pour y présider quelque rems,ou y faire quelques autres fonctions ou cérémonies,comme le Prieur de Sorbonne , qui est un Bachelieren licence, élu pour gouverner la maison pendant unan, Sc pour régler & ouvrir les Sorboniques par uneharangue , ou paranymphe du Répondant ,& par neufargumens.

Prieur du peuple Romain. Magistrat, Officier de Romeque le Pape nomme tous les trois mois , Sc qui ré-pond à peu-près à ce qu’est le Maire dans nos villes.Prior Populi Romani. Le Pape a nommé le Marquisrel pour Prieur du peuple Romain pendant le derniertrimestre de l’année.

C’est austì le nom que l’on donne en quelques villesde France, comme à Rouen, à Toulouse, à Montpel-lier , à celui qui préside au Consulat des Marchands :il y tient la place que le Grand-Juge tient à la Juridic-tion Consulaire de Paris.

Ce nom se donnoit autrefois à Sienne à neuf Ma-gistrats, lorsque Sienne éroitune République. Prior 3Jean Colombin Fondateur de l’Ordre des Jésuites &François de Mino Vincenti , Gentilhomme Siennois,& compagnon de Jean, avoient été pendant deux moisdu nombre des neufs Prieurs de la ville. P. HÉlyot 3Histoire des Ordres Religieux , T.III. c. jj 3 p. 410 .Ces Prieurs n’étoient que deux mois dans cette charge.PRIEURAL, ALE. adj. Qui appartient à un Prieuré,qui a le titre de Prieur. Prioralis 3 e. L’Eglise parois-siale Sc prieur ale de S. Nicolas à Lisbonne. Maisonprieur ale.

PRIEURÉ, f. m. Bénéfice dont est pourvu un Prieur.

> Cmobiarchum Beneficium , Prioratus. Un Prieurésimple n’oblige qu’à dire le Bréviaire. Il y a des Prieu-rés qui sont dignités, & qui donnent le droit de con-férer les Bénéfices. Le Prieuré claustral est au rangdes Bénéfices doubles ; il a double fonction, Sc à l’é-gard des personnes, & à 1 égard des biens. L e Prieuréclaustral ne peut être conféré en commende. Quand

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