Jìns, prenant une couleur rouge quand ils font mûrs
Jìns, prenant une couleur rouge quand ils font mûrs,d’un goût acide Sc agréable. Cette plante croît enLanguedoc Sc en Provence. Tournefort la nommeephedra maritima major.
Raisin de mer. Uva marina. Terme d’Infectologie. In-fecte marin qu’on peut placer entre les espèces de li-maçons. Sa figure est oblongue, informe, toute cou-verte de glandes rouges Sc bleues, qui représentent enquelque manière des raisins. Son mouvement est lent.Il a deux cornes à la tête comme le limaçon. On letrouve quelquefois lur le rivage de la mer, maisrarement.
Il y a une autre espèce de raisin de mer provenantdes œufs de feche, qui s amaíleut Sc s’agglutinent en-semble , en forme de grape de raisin, & qui íont teintsen noir par la liqueur qui íort de la lecbe.
Raisin d 1 Ours. Uva Urjì. Plante qui rellemblc à l’ai-re l!e ou mirtille. Le calice en est fort petit Sc tant toitpeu dentelé. Ses feuilles font plus épaisses que cellesde l’airelle, oblongues, arondies, approchant de cel-les du buis, plus étroites, rayées des deux côtés, ner-veuses , d’un goût astringent accompagné d’amcrtume.Ces feuilles font attachées à des rameaux ligneux ,longs d’un pied, couverts dune écorce mince Sc fa-cile a séparer. Aes Heurs naissent en grape aux sommi-tés des branches, formées en grelots de couleur rouge.Il leur succède des baies presque rondes, molles, rou-ges, renfermant chacune cinq osselets, rangés ordinai-rement en côtes de melon, arondis íut le dos,applatispar les autres côtés. Ces baies ont un goût styptique,ôc contiennent une multitude de semences oblongues.Le rasin d’Ours croît aux pays chauds, comme enRipai ne, Sc dans les autres contrées méridionales. Cette plante tire ion nom de ce que fes baies rcstcmblentà des raisins, & que les ours en mangent. Ses feuillesfes baies Sc ía racine íont fort astringentes.
Raisin de Renard. Plante que plusieurs Botanistes ap-pellent en Latin herba Paris , ou Solanum quadrifo-lium bacciferum. Elle pousse une feule tige à la hau-teur d’un demi-pied , médiocrement groíle, ronde,ferme, verte en haut, rougeâtre en bas, portant qua-. tre feuilles en croix, oblongues, larges, vineuses, ri-dées noirâtres, un peu pointues. Sa sommité soutientune petite sieur herbeuse à quatre feuilles vertes, ran-gées aussi en croix , ordinairement longues, étroites,entremêlées de quelques étamines, soutenues d’un ca-lice aullì à quatre feuilles. Il lui succède une baie oufruit mou, gros comme un raisin , relevé de quatreceins arondis, de couleur obscure, de mauvaise odeur.Elle croît dans les bois ombrageux, en terre grasse. Sabaie est estimée contre la peste, & autres maladiescontagieuses, étant prise intérieurement. On appliqueles feuilles fur les bubons pestilentiels.
RAISINÉ. í. m. Préparation de raisin faite avec du vindoux, qu’on fait cuire Sc réduire à la moitié, pour leconserver. On s’en sert en aliment. Cette confiture ai-grelette est cordiale. Defrutum.
On dit proverbialement, que c'est une méchanteviande que le raisiné ; qu un homme ne veut point-tâter du raisiné , quand on le presse inutilement derésigner un Bénéfice, ou une charge dont il est pour-vu , par une méchante allusion de raisiné à résigner.
RAISINIER. f. m. Arbre des îles Antilles, que les Ca-raïbes nomment Ouliem, Sc les Espagnols W^ero. Ilcroît à une hauteur mediocre, Sc rampe presque parterre au bord de la mer: mais dans une bonne terre ildevient aussi haut qu’un des plus grands arbres des forêts.Sous l’écorcc de son tronc, après qu’on a enlevé unaubier blanc de lepaisseur de deux pouces, on trouveun bois rouge, solide, fort propre à faire d’excel-lens ouvrages de menuiserie. Ses feuilles font rondes,larges comme la paume dc la main, épailles, vertes,au fort de l’été, Sc rouges fur le déclin. De dessinsla plupart des feuilles, il fort de petites fleurs commecelles de la vigne, ôc ensuite des raisins qui íont decouleur de rose, Sc de la grosseur d’une noisette. Aulieu de pépins, chaque grain a fous une tendre pelli-cul ■. Sc fous fort peu de substance, aigrette, rafraî-chissante Sc d’assez bon goût, un noyau gros comme
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une balle de pistolet, & aussi dure que le noyau d’uneprune. Le fruit a aussi un goût de prune. J. Ëauhinappelle cct arbre papyracea arbor Guajabara.
{sT RAISON, i. f. Ce mot a plusieurs acceptions. Onentend quelquefois par ce mot cette faculté naturelledont Dieu a pourvu l’homme pour connoitre la vé-rité. On entend encore par raison cette même facultéen tant qu’elle íe conduit par les notions que nous ap-portons en naissant, Sc qui font communes à tous leshommes. Quelquefois on entend par raison , la lu-mière naturelle même par laquelle cette faculté feconduit. Enfin l’on íe íert de ce mot pour désignerrenclninement des vérités auxquelles l’cfprit humainpeut atteindre, fans être aidé des lumières de la foi.Ratio , intclligendi facultas , vis. On va donner desexemples dc ces différentes acceptions. La raison esten nous le principe de nos peníees pour comparer en-semble plusieurs idées, & tirer diverses conséquencesdes rapports qu’elles ont l une avec l’autre. Le Cl. Dieua distingué l’homme par le privilège de la raison , & lediícern^ment du bien Sc du mal ; la droite raison n’estdonc autre choie que cette idée du bien & du malque Dieu a gravée Sc imprimée dans le cœur de l’hom-me. S. Evr. La raison est une lumière naturelle quinous a été donnée pour nous éclairer Sc pour nousconduire. Id. Nous allujettissons la raison à nos sens,Sc la rendons leur esclave: de-là vient qu’elle est sou-vent un guide trompeur. Port R. Notre raison estaílcrvie fous de faux préjugés, obscurcie par nos pas-sions, & gâtée par l’amour-propre Sc par l’orgueil quinous dominent. Cl.
On a une répugnance naturelle à reconnoître dansles autres une supériorité de raison. S. Evr. Les mys-tères font au dessus de la raison , mais ils ne font pascontre la raison. Nie. Il faut captiver fa raison fousle joug de la Foi. La Pl. La raison perchoir trop à pa-raître toujours grave Sc majestueuse, le caractère douxSc familier ne lui sied pas mal quelquefois. Tour. Lacuriosité des Platoniciens étoit satisfaite à regarder Dieudans le séjour de fes lumières : mais leur raison étoitrebutée de le voir dans l’humiliation, Sc couvert d’unechair mortelle. FlÉch. M. Corneille inspiré d’un génieextraordinaire, Sc aidé de la lecture des Anciens, fievoir fur la scène la raison , mais la raison accompa-gnée de toute la pompe, de tous les ornemens du lan-gage. Racine La raison ne trouve pas étrange qu’onla soumette à l’autorité, dans les sciences qui traitentdes choses qui font au-dessus de la raison : mais ilsemble qu’elle soit bien fondée à ne pas souffrir quedans les sciences humaines qui font profession de nes’appuyerque fur la raison, on l’asserviffe à l’autorité con-tre la raison. Loc. On peut être fort bien disposé àcroire ce qui est au dessus de la raison , fans être obli-gé de croire tout ce qu’il plaît aux hommes de nousraconter, comme étant au-dessus de la raison. Log.Ce malheureux a des intervalles où la raison lui re-vient, &il gémit de la retrouver. La Bruy. En mil-le rencontres il est de la souveraine raison de condes-cendre, contre la raison même, aux íoibleffes Sc auximaginations de quelques esprits qui ne font pas rai-sonnables. Bourd. Exhort. U, p. 3 s 2 .
Dieu en créant lame de l’homme, lui donne laconnoillance du bien 6e du mal, Sc c’est ce qu’on ap-pelle la droite raison , c’essà-dire, une ame éclairéepar ces principes. Aussi est-ce cette lumière qui estcomme une loi souveraine de lame, pour lui ordon-ner ce qui est juste,& lui défendre ce qui ne lest pas.C’est ce droit naturel qui naît avec l’homme, qui estimmuable, qui est indépendant de tout autre droit,Sc de qui tous les autres dépendent ; car ce font fesprincipes qui font la source de toutes les réglés d hon-nêteté Sc de justice,dont les hommes le fervent pourla conduite de leurs actions en particulier, Sc pour lemaintien de la société qu’ils ont entre eux. Or c’est,selon cette idée, que l’on peut, pour ainsi dire, ima-giner 1 homme comme indépendant de Dieu même,enforte que s’il étoit possible ae trouver un hommequi ignorât la main qui l’a créé, Sc qui en le créant,l’a enrichi d’un don si excellent Sc si sublime, on ver-.