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roit la nature seule, j'entends cette lumière naturelle,agir en lui (ans aucune crainte d’aucune autorité íu-perieure, Sc se porter au bien, 8c fuir le mal par tousles moyens poliibles, par la crainte de cette ícule loique la raison lui preícriroit, & dont ce que nous ap-pelions en nous conscience , est comme émargé de l’e-xecution. La conjcience 3 dit S. Chrysostôme ,sujsupour être notre précepteur, & personne ne peut êtreprivé de cet aide. Car aujji tôt que l' homme fut for-me j son ame jut éclairée de la science des chosesqu il devoit faire , 6' qu il ne devoit pas faire. Homil.54. in Ceneí. Cette loi, ce íont les paroles de SaintJerome, qui est écrite dans le cœur , contient tous lesprincipes , & personne ne la peut ignorer. Epist. adq- 8. Courtin.
Ea vérité étant l’objet propre de l'entendement, laP^scétion de cette puiílance de notre ame est de con-nortre distinctement la vérité; c’est-à-dire, au moinsles vérités importantes qui intéressent 110s devoirs ¬re bonheur. Pour cela il faut que cette faculté soit' formée à une attention suivie, à un diícernement juí-te, & à un raisonnement íolide. L’entandement ainlìperfectionné, & considéré comme ayant actuellementdes principes qui lui font connoítre & discerner levrai Sc l’utile, est ce qu’on appelle proprement la rai-son: Sc de là vient que l’on parie de la raison commede la lumière de l’eíprit, Sc comme d une réglé quilfaut toujours suivre dans nos jugemens Sc dans nosactions.
61 nous considérons de même la volonté dans/onétat de perfection, nous trouverons que cette perfec-tion consiste dans la force Sc l’habitude de se déterrainer toujours bien, c’est-à-dire, de ne vouloir quece que la raison dicte, Sc de ne íe servir de fa libertéque pour choisir le meilleur. Cette sage direction dela volonté (e nomme proprement la Vertu. On la dé-quelquefois pat le terme de raison.
Et comme c’est des secours que íe prêtent mutuel-lement nos facultés, considérées dans leur état le plusparlait, que dépend la perfection de notre ame, l'onentend encore quelquefois par la raison , prile dans •un lens plus vague Sc plus étendu, l’ame elle-mêmeenvisagée avec toutes íes facultés, Sc comme en fai^fmt actuelì^nent un bon usage.
* j ^ e . mot de raison emporte toujours une idée
de perfection , qui supplique tantôt à lame en généralSc tantôt a quelqu’une de íes facultés en particulier.
isJ La folie est I opposé de la raison. La raison est sageSc moderee ; elle ne s’accomode d’aucune extravagan-ce , tout ce qu’elle fait ne sort point de la réglé ° sesdiscours sont convenables au lujet qu’elle traite; & sesactions ont toute la décence qu’exigent les circonstan-ces. V les synonymes Esprit , Bon-Sens, Juge-ment , Entendement , Conception, Intelligence.
On appelle fous 3 ceux qui n’ont point de raison 3ou de qui la raison est perdue Sc égarée. Amens , in-Janus. On dit qu’un enfant au-deílous de sept ans nepeche point, parce qu il n’a pas l’âge de raison. On«dit d un sot, qu il n’a ni sens, ni raison.
V-» En Logique, 011 appelle être de raison , ce qui n’estPoint réel, ce qui n’existe que dans l’esprit- Les univciíaux sont des êtres de raison. Ens rationis , en- y e barbare des Logiciens. ,
. anç toutes ces acceptions, le mot de raison n’a
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* J RAISON, signifie auísi, preuve par discours, parargument. Alors il a un pluriel. Frohatio,ratio. Cher-cher, trouver, apporter, alléguer des rasons sortes,pu niantes, décisives, péremptoires, invincibles ; dessaisons probables, spécieuses, plausibles, foi blés, fri-1 ° es ‘ ,^' es raystères de la Foi ne se peuvent prouver
aï raison ■ le Saint conduisoit tantôt à la Foi par lades^G ' ^ z r Vison par la Foi. Fl. Les raisons
n < ', ortutres sont démonstratives Sc convaincantes;f autres sciences sont feulement probables,ou
eL - e l 1c ^ ra 'semblables. Il y a des gens qui, dans la/r 1 e r 6 ren dtc trop faciles, íe rendent inflexiblesa raison y Sc saffcrmilìent contre elle. Boss, ll y apeu de grands Seigneurs qui ne se sallent une raison
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de leur condition & de leurs richesses, Sc qui ne pré-tendent que leur sentiment doit prévaloir fur celui deceux qui sont au délions d’eux. Eog.
On dit familièrement: point tant de raisons■ Etc’est une façon de parler, dont un supérieur se sertenvers un intérieur pour lui marquer que ses objec-tions, ses répliques 11e lui plaisent pas.
$CT Raison , signifie encore íujet, cauíe, motif, fonde-ment de quelque eboso. Causa , motivum , ratio fun-damentum. Ainsi l’on dit qu’une raison est juste ,qu’elle est bonne, que chacun a ses raisons. Les Juris-consultes, en posant l’espèce d’une loi, ajoutent laraison de douter Sc de décider. Ratio decidendi &dubitandi. Ce Prince a eu des raisons secrettes pouragir ainsi. Les Philosophes ignorent la raison de la plû-par des esters de la nature.
Raison Suffisante. Terme de la I hilosophie Leib-nitienne. Le principe de la raison suffisante est celuiduquel dépendent toutes les vérités contingentes. Tousles hommes le suivent naturellement; car il n’y a per-sonne qui se détermine à une chose plutôt qu’à uneautre íans une raison suffisante, qui lui faste voir quecette choie est préférable à l’autre. Sans le principe dela raison suffisante , on ne pourroit plus dire que 1 uni-vers n’a pu être produit que pat une sageíle suprême,car s’il peut y avoir des esters íans raison suffisante , lemonde a pu être produit par le hazard,par rien. Toutechose a fa raison suffisante pourquoi elle est, Sc pour-quoi elle est telle qu’elle est, & non autrement. O11pourroit bien accorder ce principe; mais pour savoirqu’une chose est te-lle, parce qu’eile a une raison suffi-sante d’être ainsi, en est-011 beaucoup plus avancé? Etpuis comment accorder le principe de la raison suffi-sante avec la contingence de l’univers. La raison suf-ssante ne paroît-elle pas détruire en partie cette con-tingence, puiíque par la le monde est déterminé à êtred’une certaine façon, & non d’une autre.
Raison , s’est dit autrefois pour discours, harangue, duLatin. Oratio. Merlin. Et il commença orgueilleuse-ment fa raison , Sc dit: &c. Borel.
Raison , en termes de Palais, íe dit du droit qu’on a depoursuivre quelque choie en Justice, du titre d’unepoíleision. Un donateur, ou cédant, subroge un ces-íìonnaire en tous ses droits, nom s, rasons Sc actions.Il ne jouit de cette senne qu’à raison de ce qu’elledépend de ía Seigneurie, de son Bénéfice. Cette de-mande est formée en droit Sc raison.
A telle fin que de raison. Façon de parler adver-biale, dont on se sert en style d’afíaires, pour expri-mer qu’on fait une chose dans la pensée qu’elle pourraêtre utile, sans dire précisément à quoi. ll fit faire unprocès verbal de l’état des lieux à tellesn que de rai-son. On se sert auiìì de la même phrase dans le stylefamilier, pour dire, à tcut événement. Acad. Fr.
Pour raison de quoi. Façon de parler dont 011 se sot ten style d’astaires, pour dire, à causc de quoi.
On dit figurément & familièrement, conter sos rai-sons à quelqu’un, pour dire, s’entretcnir de sos affai-res , de ses intérêts, du sujet qu’on a eu d en usercomme on a fait. On dit auísi d’un homme qui estamoureux d’une femme, Sc qui 1 entretient de sa pas-sion, qu’il lui conte sos rasons. l\ est familier Sc iro-nique. O11 dit, faire valoir íes raisons 3 pour dire,faire valoir sos prétentions.
Raison , signifie Ie bon droit, so justice. JEquum 3 jus,jufíitid. Selon la prudence humaine, il vatidroit mieuxso tromper avec les autres, que de vouloir avoir rai-son tout soûl. S. Evr. L 'injustice la plus commune,c’est que chacun prend pour principe, qu il a raison.En verru de ce principe si commode , il est aiíé deconclure que Ies autres sc trompent, Sc que tous ceuxqui nous résistent sont des opiniâtres. Mais il n’est pasjuste de supposer íans preuve, que nous ayons raison yloríqu’il s’agit de convaincre des personnes qui ne fourd une autre opinion que parce qu’elles sont persuadéesque nous avons rort,& quelles ont raison. Cette in-justice vient de l’opinion avantageuse que nous avonsde nous-mêmes, ensorre que nous ne distinguons pasassez notre propre autorité de la raison. Log. On doit
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