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Te souvenir que quand il s’agit d’enfrer dans l’efpritdu monde , c’est peu de chose que d’avoir raison, Scque c’cst un grand mal de n’avoir que raison , Sc den avoir pas ce qui est nécessaire pour faire goûterla raison. Idem. Les Grands ont bien de la peine àpardonner que l’on air raison contre eux. B. R ab.
Jeune Iris, dans notre querelle ,
Je n examine point qui de nous deux a tort ;
Et vous ave\ raison, puisque vous êtes belle.
La Sabl.
On dit cn ce sens se rendre à la raison , entendrela raison, c'est-à-dire, acquiescer à ce qui est juste &raisonnable.
Raison d’Etat. Maxime bonne ou mauvaise, qui estutile à l’Etat. Constdérations d’intérêt par lesquelleson se conduit dans un état. Politica , rationes politi-ca. Cette expreílìon est venue des Italiens, qui ontdit les premiers ragione di flato. La raison d’Etat estune raison mystérieuse inventée par les Politiques pourautoriser ce qu’ils font fans raison. S. Evr. La raisond’Etat l’emporte non-seulemcnt sur l’inrércc des par-ticuliers, mais bien souvent sur la justice même. S.Evr.
Et la raison d’Etat veut souvent qu on prése're
A la vertu nuisible un crime nécessaire. Quin.
On dit dans le même sens, raison de famille. Desrasons de famille exigent que, &c.
Raison, se dit aullì de la satisfaction qu’on demandeou qu’on prétend, de l’éclaircill ement de quelque dou-te, de la réparation de quelque injure. Je ne íauroistirer raison de ce débiteur. Un tel m’a offense, j enaurai raison, je tirerai raison de cet affront.
On dit en ce sens se faire raison soi-mcme, pourdire, se rendre justice de ía propre autorité.
Raison, est quelquefois un compte qu’on rend à sonSupérieur. Ratio. On a mandé en Cour cet Officierpour rendre raison de sa conduite, pour rendre com-pte de íes actions. On appelle cela, donner un veniatcontre lui. Autrefois les Juges étoient obligés de venirrendre raison de leurs jugemens, dès qu’il y en avoirappel.
Raison , se dit en débauche des verres de vin qu’un hom-me boit, pour satisfaire aux santés qu’on lui a portées.Propinantisatisfaclio. Les Allemands se croient offen-lés, lorsqu’on ne leur fait pas raison en buvant, qu’onue boit pas autant qu’eux.
Raison , cn termes de Marine, est la mesure du biscuit,pitance Sc boisson qui íe distribue à chacun dans levaisseau. A Dieppe on l’appelle l ’ordinaire ; dans lesarmées de terre ration. Panaria annona rata pars.
Raison. ( livre de ) Terme de Teneur de Livres. LesMarchands appelent aíníi un gros registre fur lequelon forme tous les comptes en débit ou crédit, dontles articles íont portés íur le livre journal. Accepti &expensi codex. On lui donne ce nom, parce qu’il sertà un Marçhand à se rendre raison à soi - même ainsiqu’à ses associés de l’état de son commerce. On Tap-pelle quelquefois extrait , parce qu il est extrait dulivre journal; & quelquefois grand livre, parce qu’ilest plus grand que les autres registres.
Raison, se dit aussi dans le commerce de la partd’un allocié dans le fond d une societe. Votre raisonest d’un quart dans cette manufacture, dans cette en-treprise.
(p* Raison, íe dit encore pour proportion , rapport.Je vous payerai cette éto Scit raison de iy liv. laune,c’est-à-dire, sur le pied.
fsiT On dit aussi dans le commerce, qu’une marchandiseest hors de raison. Ultra pretium, lorsqu’elle est por-tée à un prix excessif.
Dans les sociétés générales on appelle h. raison d’u-ne íociété, les noms d’une société rangés & énoncésde la manière que la société signera les lettres missi-ves, les billets, les lettres de change. Ainsi Ton dit,la raison de la société sera François Pétrin Sc Guillau-me Caron.
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Raison, dans les Arts méchaniques signifie la situationconvenable d’un instrument, d’une machine, Sc pro-pre aux effets qu’elle doit faire, Sc aux uíages aux-quels elle est destinée. Status conveniens , idoneus. Labarre ( du gouvernail des navires Chinois) est aussi lon-gue qu’ilxst nécestaire, pour le tenir en raison. P. LeComte.
f;CF Raison, en termes d’Arithmétique &*de Géomé-trie, ratio, est le rapport d’une quantité à une autre ,ou le résultat de la comparaison qu’on fait de deuxgrandeurs homogènes, íoit en déterminant l’excès deTune fur Tautre, ioit en déterminant combierì de foisTune contient Tautre, ou y estxcontenue; d’où résul-tent les deux espèces de rasons , Tarithmétique parlaquelle on trouve de combien d’unités un des deuxtermes est plus grand ou plus petit que Tautre ; ainsien comparant cinq à sept, on trouve que leur raison .arithmétique est deux; Sc la géométrique, que Ton ap-pelle simplement raison par laquelle on trouve com-bien de fois un des deux termes contient Tautre, ouy est contenu. Il y a des raisons composées, doubles,triples, multiples, sissquialtères Sc superpartientes. Voy.ces mors à leur ordre. Les lignes ou nombres qui ontraison entre elles s’appclent rationnelles ,■ & celles quin’en ont point irrationnelles : quand on compare dessuperficies eníemble, on les appelle rationnelles enpuisiance. Voyez le VI e Sc le X e Livre d’Euclide.sT Toute raison dit deux grandeurs dont la premiè-re se nomme antécédent , Sc la seconde conséquent.Ainsi dans la raison de iz à 6, n est T antécédent ,Sc6 le conséquent.
{f3~ On appelle raison multiple, lorsque Tantécédentcontient plusieurs fois. son conséquent. On Tappellesous-multiple, lorsque Tantécédent est contenu plu-sieurs fois dans son conséquent. Il y-a raison multiplede zo à io, Sc raison sous-multiple de z à 6.
jKF On a tort de confondre , comme on fait quelque-fois, le mot de raison avec celui de proportion. Laraison existe entre deux termes : mais il en faut unplus grand nombre pour former une proportion quin’est autre chose qu’une similitude de deux raisons ycomme quand on dit deux est à quatre comme huitest à seize. Voye £ Proportion. En Mathématiques,lorsque de deux raisons on en multiplie les antécé-dens Tun par Tautre, Sc ensuite les consequens , on adeux nouveaux termes dont \a raison tst composée desdeux premières raisons. Si ces deux premières rasonsétoient égales, la raison qui en est composée, s’ap-pelle doublée : si la raijon composée a été formée dela même façon de trois rasons égales, elle s’appelletriplée y dee. Il ne faut pas confondre la raison doubléeou triplée, Sec. avec la raison double ou triple , óuquadruple. La raison double, ou triple, ou quadruple »Sec. n’est que la raison de deux termes dont Tun estdouble, triple , quadruple de Tautre. Mais la raisondoublée y triplée , est composée de deux, de trois rai-sons égales, quelles qu’èlles soient. Chacune de cesdeux raisons^ 6àa,6cpàzest triple; mais si on enfait une raison composée, elle sera doublée, & ce seracelle de à 6, qui est fort différente de la raison tri-ple. La raisonsous-doublée ysous-triplée, est celle desracines de deux carrés ou de deux cubes. Quand ondit que deux grandeurs font en raison sous-doublée,fous triplée de deux autres, on entend qu’elles fontcomme les racines de ces deux dernières grandeursqui font des carrés ou des cubes, ou que Ton consi-dère comme carrés & comme cubes, quand elles nele (croient pas en effet. La raison sous-doublée , ousous-triplée est fort différente de la raison sous-doubleou sous-triple , qui est celle d’un terme à un autredeux ou trois fois plus grand.
<8 ct Le chiffre qui exprime combien de fois Tantécédentcontient son conséquent, se nomme exposant de laraison. Le chiffre i est T exposant de la raison dou-ble; j est T exposant de la raison sous -double, z estT exposant de la raison triple, &y est Texpofant dela raison fous triple, &c.
sT On dit que deux raisons font égales, lorsque Tan-técédent de la première contient autant de fois fou
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