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plus que le Pape; une nouvelle Religion demandantun nouveau Prince. Le Roi y fît réflexion, & aimatoujours depuis ce Nonce. Brantôme.
03* Le mot de Religion , pris dans un sens formel,comme nous Lavons dit, est une qualité de Lame, unedisposition de coeur à l’égard de Dieu, qui fait qu’onne manque point à ce qu’on lui doit. 11 s’appliqueaux personnes dont les mœurs font conformes à laReligion. Sous ce point de vue il est synonyme avecpiété & dévotion, avec cette différence que la Reli-gion fait simplement qu’on rend à Dieu le culte qu’onlui doit ; au lieu que la piété fait qu’on paye ce tributavec plus de reípeét & plus de zele, & que la dévo-tion ajoute à tout cela un extérieur plus composé.Bien des gens pensent que c’est allez pour une per-sonne du monde d’avoir de la Religion, & laistent lapiété à ceux qui íe piquent de vertu, & la dévotionaux gens entièrement retirés. La Religion est plus dansle cœur, qu elle ne paioît au dehors. Où il n’y a pointde probité, il n’y a point de Religion.
i fT Religion, se prend encore vaguement pour soi,croyance. C’est dans ce sens qu’on dit qu’un hommea toujours eu de la Religion , mcme dans le tempsde ses déréglemens. Quand le peuple est prévenuqu’un homme a de la Religion , il n'y a rien de st har-di , & même de st irréligieux, que cet homme nepuiile tenter impunément. S. Réal. Telcroyoit signa-ler fa Religion à la Tcrre-Sainte, qui íeroit demeuréchez luijS’il avoir su sa Religion.
03* Ce même mot pris au figuré est employé dans lesmatières profanes, où il a des lignifications diffé-rentes.
03* On dit se faire une Religion d’une chose, s’en faireun point de Religion, pour dire, s’en faire un devoirindispensable, une obligation dont on ne croit pasqu’on puillè se dispenser. Religioni ducere , habere ;in religionem vertere. Je me suis fait une espèce deReligion de suivre pas-à-pas le texte de mon Auteur.Religio est mihi,o\i religiosum est id facere. On doitse faire une religion de traduire fidellement 1’Ecritu-re , de ne révéler jamais un secret, de garder inviola-blement sa parole. Il saur garder lc secret avec beau-coup de fidélité & de religion. Summâ fide, futnmâreligione. On dit austì, violer la religion du serment,manquer à son serment. Sacramentum llecreciarc,
’ exuere.
03* Surprendre la religion du souverain, la rAìghn duMinistre, des Juges, & c. c’est surprendre -leur bonté,leur justice par de fav.a exposés.
Religion , íe dit encore d’une profession plus étroite duChristianisme, fous une Règle qui est disterente, fui- ■vant les différentes institutions des Fondateurs. Ordoreligiosus. On a mis cette fille en Religion. Ce jeunehomme est entré en Religion , il a pris l’habit de laReligion, l’habit de St Augustin, de St Benoît. Lesvœux ordinaires de la Religion font aujourd’hui pau-vreté , chasteté & obéissance. Dans quelques OrdresReligieux, quand on a yo ans de Religion on est Re-ligieux Jubilé. S. Louis étant encore outre mer,écrività la Princesse Isabelle sa fille, une lettre de sa main ,où il l’exhortoit fortement au mépris du monde, &à l’entrée en Religion. Fleury , Hist. Eccléfìas L.LXXXIF.
Religion , se dit aussi des Ordres Militaires composés deChevaliers qui vivent fous certaines règles. ReligiostMilitares. La Religion de Malte, d’Alcantara, deCalatrava, &c. Les Galères de Malte s’apeilent les ga-lères de la Religion. L’ctendard de la Religion.
Religion , se dit austì du Couvent où habite certain nom-bre de gens qui professent une même Règle. Monaste-rium , Conventus , Coenobium. Il y a des Religionsd’hommes & des Religions de filles. Tous les jours ils’établit de nouvelles Religions ; on bâtit de nouveauxMonastères, ou l'on institue de nouveaux Ordres.
On dit proverbialement, qu’une personne veut êtrede la Religion dc St Joseph; pour dire, qu’elle veutse marier.
RELIGIONNAIRE. s. m. & f. Qui fait profession de laReligion qu’on appelle Prétendue Réformée. Religio -
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narius , qui religionem protensam reformatam profi-tetur. Les Religionnaires ont étc 1 occasion de plu-sieurs troubles en Europe. Ce mot étoit 1 aversion deBalzac. Il dit qu’ii n’est ni Latin, ni François, ni plai-sant , ni sérieux; qu il a été fabriqué dans un coin duPérigord, & qu il faut le renvoyer d’où il est venu- Iln’est pourtant pas li barbare & monstrueux; il a étcreçu à la Cour. Bouh. L’Académie Ladmet, & re-marque seulement qu’il n’est guère en usage qu’aupluriel. On dit pourtant c’est un Religionnaire ; maisdepuis la révocation de l’Edit de Nantes ce termes’emploie peu. On dit en général Protestons, & Ré-fugiés en parlant de ceux qui font sortis de FrancePratensi reformati.
RELIMER. v. a. & rédupl. Limer de nouveau Iteràtnlimare. Ce fer n’est pas encore allez poli, il lc fautrelimer.
Relimer, fe dit figurément des ouvrages d’efprit Perpo-lire. Cet ouvrage est beau, & il íeroit à souhaiter queLAutcur eût eu le loilir de le relimer un peu, de lcpolir davantage.
03“ RELIQUAIRE, f. m. Vase, boëte, cadre ou coffretd ot ou d’argent ou d’autre matière précieuse, danslequel on enchaíle ôc on garde les Reliques des Saints.Arcula, capsula, theca.On porte des Reliquaires futfoi. Voye ç Reliques.
RELIQUAT f. m. Terme de Palais, formé du Latin,& qui signifie le reste; ou débet dont le rendant comptefe trouve débiteur, toute fa dépeníe déduite ; par laclôture & l’arrêté d’un compte ; ce qui reste dû patun comptable après que son compte est arrêté. Reli-qua. Quand un compte est apuré, on donne un exé-cutoire pour le payement du reliquat, qu’on nommeà la Chambre débet de clair.
Reliquats au pluriel, signifie, restes du festin. Les re-liquats d’un festin, de la noce. Reliquia. Il y avoir debons reliquats. Il est familier en ce sens-là.
RELIQUAT AIRE. s. m. Le débiteur d’un reliquat dscompte. Debitor. On le dit aussi de tous ceux qui fonten demeure de payer, quoiqu’on n’ait point comptéavec eux. Reliquator , reliquatrix. Un mauvais payeutest toujours reliquataire envers son créancier. Nousdevons redouter le jugement définitif, par lequel DieUprononcera íur la fraude de ceux qui font demeurésrcliquataires envers fa justice. Le P. Gail. Ce motde reliquataire est employé là au figuré. Je ne propo-ièrois pas cet exemple comme un exemple à suivre*Reliquataire envers la Jistice divine, me paroît uneCapucinade.
RELIQUE, s. f. Ce qui nous reste d’un Saint après samort, soit ie corps entier, soit une partie qu’on gardeavec respect pour honorer sa mémoire. Reliquia Sanc-torum , ost'a. On porte les reliques aux processions. LeTrésor dc la Sainte Chapelle est précieux en reliques *On baise les reliques avec dévotion. Dans les Méfiésde cérémonie on encense les reliques. Les Catacom-bes de Rome ont été un fonds inépuisable de reliques& de Saints. Le P. Mab. On expose íur les Autels deSreliques très-suspectes, & fur lesquelles on n’a toutaiiplus que des conjectures mal assurées. Ib. Si I on fu-ioit la révision des reliques avec une exactitude ri-goûteuse, il se trouveroit qu’on propose à la piété desFideles bien de fausses reliques à révérer, & que l’o IJconsacre des ossemens, qui bien loin d’être d’un Bien-heureux, ne íont peut-être pas même d’un Chrétien*Voyez le P. Mab. Dissertation des Saints inconnus •Les Manichéens en haine de la chair, qui étoitmauvais principe, ne vouloient point qu’on honorâtles reliques des Saints, & traitoient cela d’idolâtrie*Preuve que les Catholiques les honoraient dès les plu-miers siècles. C’est une ancienne coutume de gard esdes reliques dans les Autels íur lesquels on consacre ^Corps deNotre-Seigneur. On faifoit, & on faitcnco reun trou dans le milieu del’Autel; il est carré & petit»c’est-à-dire, à peine aílez grand pour que la main fpuisse entrer : on enveloppe les reliques dans une éton 2de íoie rouge; on les met ainsi enveloppées dansboëte de plomb, & la boëte dans le trou dontje vien*de parler. Cette coutume ne commença propreme nt