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comme quand on voit des plaines, des maisons, desarbres, des hommes présens aux yeux; quand on en-tend des sons, &c. Ces impreiììons excitées dans nosorganes, qui font suivies d'une perception dans l ame,font précisément ce qu’on appelle sensations. Sensa-tio. Les anciens revêtoient les objets qui font hors denous des diverses sensations que leur présence exciteen nous. Mais ces elpèces qui sortent des objets, &qui nous les représentent , íont une pure chimère.Foye\ espèce imprefle, exprelle, & les articles rela-tifs. Les sensations ne nous apprennent point qu’elleest la nature des objets qui les occasionnent: nos sensne nous íont pas donnés pour connoître la vérité ; maisfeulement pour la conservation de nos corps. Nousnous portons vers les objets qui produisent en nousdes sensations agréables ; nous nous éloignons de ceuxqui nous font nuisibles.
Sensation et Idée. Il ne faut pas confondre cesdeux mots. L’idée est claire ; elle nous représente dis-tinctement un objet distingué de nous. Telle est l’idéedu cercle, du carré, Sc. Les sensations font obscures :comme elles font involontaires, comme elles íont ennous malgré nous-mêmes, elles font íortir l’ame horsd’elle même, en lui représentant confusément quelquecause extérieure qui agit sur elle.
|CT Sensation, Perception, Sentiment, considérésdans une signification synonyme.
#CT Ces mots, dit M. l’Abbé Girard, désignent l’im-preílìon que les objets font fur l’ame : mais la sensation va aux sens; la perception s’adrefle à l’eíprit; &le sentiment va au cœur. La vie la plus agréable estfans doute celle qui roule fur des sentimens vifs, dessensations gracieuses, & des perceptions claires. C'cltaimer, goûter & connoître.
fsT Le sentiment étend son ressort jusqu’aux mœurs ;il fait que nous sommes également touchés de l'hon-neur & de la vertu comme des autres avantages. Lasensation ne va pas au delàdu physique; elle fait uni-quement sentir ce que le mouvement des choies ma-térielles peut occasionner de plaisir ou dc douleur parla mécanique des organes. La perception enferme dansson district les sciences Sc tout ce dont l’ame peut íeformer une image; mais ses impreiììons sont plus tran-quilles que celles du sentiment Sc de la sensationquoique plus prompte.
(sJ‘ Un homme d’efprit & de courage reçoit les hon-neurs ou souffle les injures, avec des sentimens biendistérens de ceux d une bête ou d’un poltron. Quandon ne connoît point d’autre félicité que celle de la vieprésente, on ne travaille qu’à le procurer des sensa-tions gracieuses. Nous ne jugeons de la simplicité oude la composition des objets , que par le nombre desperceptions qu’ils produisent en nous.
îsT SENSÉ, ÉE. adj. Qui a l’eíprit droit & juste; enparlant des personnes. Homm c ferse, femme sensée.Sapiens , cordatus. Quelqu’un a dit sensatus. Enparlant des choses, qui est fait conformément au bonsens. Action, réponse sensée. Les personnes senséesne s’étourdifient pas du bruit : il faut leur dire deschoses sensées■ Bell.
SENSÉMENT, adv. D’une manière conforme au bonsens. Sapienter , prudenter , cum judicio. Cet Agenta conduit une telle négociation fort sensément. CeDéputé a harangué fort sensément dans le Concile.Mauc. Ecrire sensément , c’est aller à son but, fanss’écarter, ou s’amuser en chemin ; c’est exposer les cho-ses avec une eípèce de sagesse & de retenue, fans s’a-bandonner ni à la chaleur de son imagination, ni à lavivacité de son esprit; c’est savoir supprimer ce qu’ily a de superflu dans l’expression, ne laisser rien d’oi-fìf, de languissant, ou d’inutile. Le P. R. Il vaut mieuxécrite sensément qu’élégammenr. Le P. L.
SENSENNA. f. f. Voye% Hasersusa.
ÇCF SENSIBILITÉ, f. f. Dans l’économie animale,c’estla propriété qu’ont certaines parties de recevoir lesimpressions des objets extérieurs, & de produire enconséquence des mouvemens proportionnés au degréde cette impression. En latin barbare de r école , Sen-sibilitas. La sensibilité est une qualité propre aux ani- (
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maux, aux corps vivans. Avoir une grande sensibilitépour le chaud, pour le froid. Il est d une grandes'sibilité aux impreiììons de l’air. On le dit de mensdans les choses morales. Avoir une grand ejensbiliupour la gloire, fur le point d’honneur. Si les gens dumonde gémillent dans les afflictions, ce n’est point unedouleur qui les fasse recourir à Dieu, c’est unefe n J 1 'bilité mondaine qui leur fait regretter les plaisirs, r t.Parmi les grandeurs on se fait une nouvcll e sensibilitépour les déplaisirs, dont le coup est d’autant plus leusible , qu’on est moins préparé à le soutenir- Boss.Examinez la Cour, vous trouverez par-tout des mterets cachés, des jalousies délicates , qui causent uneextrême sensbilité. . &
fjCT Sensibilité, se dit encore dans un sens m° ra jfiguré, de la disposition tendre de l’ame qui la ^facile à ctre émue, touchée. C’est un sentiment d ninanité qui fait qu’on est touché des misères d autre •C’est cette disposition de l’ame qui fait les ë enS , vtueux. On le dit de même des sentimens dé tendre& d amour. La sensbilité du cœur aux miseres [.trui, est la source des vertus sociales. Vous ne í auncroire jusqu’où va la sensbilité de son cœur aux 1°
- pressions de l’amour. r
££? SENSIBLE, adj. dc t. g. Qui tombe sous les ei yqui fait impression sur eux, qui frappe les oig a >^Sensibilis ssenslis } sensus movens } afficiens- L e C° n[jets matériels sont sensibles , les spirituels ne hpas. Sensbus percipi non poffiunt. Le froid eltsensible. Le mal de dents est' un mal ithsensffi- - tìsT Sensible, sc dit aussi de l’organe même qm s srimprelììon des objets. L’œil est une partie wS Tsble. Les parties nerveuses font les plus sensible•sb le au froid, au chaud , à la douleur. ,
§CF En termes de Manège, on dit qu’un cheval c>t /^sb le à l’éperon, quand il obéit pour peuisT Sensible, se dit encore dc ce qu’onapperÇO‘ [lement par les sens. Le flux de la mer n’estproche des côtes. Quodsensbus facile deprthef“ ssub senius cadit. L’accroillément des plantes n tsensible. Rendre une vérité sensible. Manifffist $fjCT En Musique la note sensible est celle qui q dsodemi-ton au dessous de la tonique. Dans le » l0t j e ^. [Cla note sensible est s. Dans le ton d’s ut J d > j c ]ìsensible est mi. Il n’y a jamais qu’un demi to11note sensible à la note du ton. c n
Sensible, se dit figurément en choses morales ’parlant de l’émotion de l’ame Sc des passions, ° vfie, délicat, tendre, aisé à toucher, qui sent í£ s C n/ívivement. Cet homme est fort délicat, Scfur le point d’honneur. Cette femme a l’ allie l j e si& sensible ; ce qui lé dit tant de l’amour *3 uC -jj 0 n.compassion. Être sensible à l’amitié, à la
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J QtljLUlç, U 1 rillllUC > *
Je ne fuis point sensible à vos plaintes. Si 1^ 11sensibles ont de grands égaremens, ils ont de g #ressources. Fen. Quand on a l’imagination ^ ’|,j-l’esprir sensible , les moindres choses donnent C ypgrin. M. Scud. Vous trouverez les dévots pn is Jblés aux injures, que les gens du monde. S. E v LguX-devient plus sensible à mesure qu’on est malin-J 1 .Bell. Un dévot est sensble jusqu’à la délicate ’ ytout ce qui blesse son orgueil. S. Evr. On d ‘ c so„ctiquement, que Je ciel est d’airain, qu’il n est rsensble à nos cris, à nos maux, à nos plaintes*Sensible , signifie aussi, reconnpilíànt, qui a . ^es-timent d’un bienfait reçu. Benescii accepti ■ JjiiSJe fuis très -sensble à toutes vos bontés. Onun compliment : vous m’avez fait un sensble P j : .Sensible, signifie encore, touchant, douloureux-rem efficiens , acerbus , moles us. Le plaisir detié est d’autant plus sensble 3 qu’elle adoucit ‘^ S \ptrainre du monde. Áb. de M. La mort de í° n ajJecausa un si sensble déplaisir, qu’il mourut acc >j|tristesse. Boss. Il y a des douleurs si sensibles' s £(ìì pSsemble cfu’elles. nous dispensent pour cssfNf eSde la nécessité d’être raisonnables. Dise. d’El- As-sures font d’autant plus sensbles quelles so»
Ben. Faire un sensble affront, c’est à-dire, UI1insigne Si sanglant. *