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Tome septieme. [PRO - TE.]
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SEN

, SENTIMENT, f. m. Terme équivoque, & quis applique à quantité de choses tout-à-fait différen-tes. Nous allons indiquer ces différentes acceptions.

otNTiMENT, en Métaphysique, désigne tantôt la fa-culté que l’ame a de recevoir l’impression des objetsP^r les sens, tantôt la perception même qu’elle a deso jets par l e moyen des organes des sens. Sensatio ,Jznjus. Ainsi l'on dit, avoir le sentiment exquis, leJtnument délicat, éprouver des sentimens agréablesen douloureux. Le sentiment de la vue se fait dansLe feu excite en nous un sentiment de chaleur.oh. Le corps est incapable de sentiment. Le P. L. LeJ intiment n’est point dans les organes des sens, il estans 1 ame. L’impression des objets fur les sens n’estque la cause occasionnelle de ce qui se passe dans l’a-* E - C’est une fuite des loix de l’union de l’ameou corps, que tel mouvement du cerveau soit suivig -~. e ffsintiment de l’ame. Maleb.

Sentiment , se dit encore de faction, de la fonc-*°<i des esprits animaux qui portent avec eux la cha-CUr & la vie. Ainsi l’on dit qu’un homme a perdu leMouvement & \e sentiment , qu’il n’y a plus de senti-àans une partie du corps, dans un bras, dans une, "à > se n sus expers , pour dire , que le mouvement^-^^efprits ne s’y fait plus.c ^~ n fermes de Chaste , sentiment en parlant d’unj, len ) synonyme d’odorat. Odora canum vis. Ainsidit qu’un chien a le sentiment fin, subtil, qu’ila Point de sentiment. Acuta. , obese naris canis. Un| en a du sentiment , lorsqu’il reçoit le vent de la^Q»°* e Tln’a plus de sentiment , quand il est en défaut.jentiment intime, en Métaphysique. On appelle1111 * a connoistânee que nous avons de tout ce que"ouséprouvons en nous mêmes.On connoîtpar le fen-|- lïlent intime ou intérieur toutes les choses qui ne°Wj>oint distinguées de foi. C’est ainsi que nous con-j lll °ns notre ame , les pensées, leplaisir, la dou-6Uc i en un mot tout ce qui fe passe au-dedans desff' densus intimus. Sensu intimo percipere. Ce motj ! gne stuelqueíois une persuasion que nous sentonsauue FUrernent: , fans qu’on en puisse rendre raison aux■font S Tl ' Cs en convaincre. Les vérités de sentimentPai'la CS où l’esprit découvre tout d’un coup, Scv érité ^ r£lri ^ re impreslìon, les mêmes marques deíéfle • ^ Ue ce ^ es qu’on développe peu-à-peu par desdes X h°r S esses. Nie. On peut connoitre la véritéflex C °^ eS sûrement par sentiment que par ré-

r ? n ‘ fo. L’immortalité de l’ame est une vérité de^miment. Ju. La foi des simples est une persuasion«o ^ j Ut ^ sentiment , un examen d’attention , ScPr'lr C âlfcuiìion. Id. La voie de sentiment Sc d’im-f e e 1011 est confuse , & peut conduire également àde^dr ^ à la vérité, sans qu’il y air aucun moyendiscerner quand elle nous trompe , ou ne nous

fcJ°‘*Pepas. Nie.

Intiment , dans le discours ordinaire, n’est pasìe d^ S Equivoque. C’est ('adjectif ou la matière qui7tle ecetui 'ne au coeur ou à l’esprit. Si je dis un senti-q r extravagant, j'entons une opinion de l’esptit.des n< ^ 011 âif des sentimens passionnés , on entendp^ouvemens du cœur ; Sc quand on dit que ledess Ì0Uvent nos paroles demeurent beaucoup au-■ M.dds de nos sentimens , il signifie là des penséessublimes. /

de ENTime . nt > quand il est question de délibérer ouf'ioi] 11 ^ prend dans la signification d’avis, d’opi-f 0n '’.',, est un jugement de l’esprit qui emporte dansï^it^ e celle de sincérité, c’est-à-dire, une confor-avec ce qu’on croit intérieurement. On jugeOtes qilef ois contre son sentiment. Il n’est rien de plus

Proci?' 16 C|Ue vo ‘ r des gens ^ ^ aire ^ es mêmes rc-^ P ’ / s ’ accu fcr mutuellement d être opiniâtres

772 e ^ a . l0n nés, parce qu’ils font de disterens senti-qui ' !?ais ceux qui traitent de téméraires les gensdérer ^ ° nt P as de leur sentiment , devroient consi-il s ne 5 Ue û les autres ne font pas de leur sentiment ,p ar c ^ Pas aussi An sentiment des autres, & queía isçm° n i UCnt ceux ont tort, & ceux qui ontparlent le même langage, Sc font de patt ScTome VII.

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d’autre les mêmes plaintes. Log. Quand on proposeles sentimens avec trop de chaleur, on les rend sus-pects de passion, Sc on y résiste, parce qu on les veutfaire entrer par force. Nie.

ïfT Les sentimens des autres nous blessent moins parcequ’ils font contraires à la venté, que parce qu’ils fontcontraires à notre sens.

ísT Quelquefois le mot de sentiment est relatif à lasimple énonciation de ses idées, de même qu’opinion& peníee. C’est alors une croyance qu’on a pour desraisons solides ou apparentes. C’est dans ce sens qu’ondit rejeter , soutenir un sentiment. Sententia.

£CT Sentiment, en morale, se dit des affections del’ame, des passions, de l’amour, de la tendresse. Ani-mi affectus , affectio. 11 a de tendres sentimens pourcette Demoiselle, pour dire, de l’amour. Il n’a quedes sentimens d’estime, de vertu , d’honnêteté pourelle. Le ptemktsentiment que j’ai eu dans le monde,a été celui qui m’a touché pour vous. Voit. Du sou-venir des vieux sentimens il fe forme en moi une dis-position à la tendresse , ou du moins un éloignementde ('indolence. B. Rab. La vie consiste à prendre dansson cœur, Sc à rendre des sentimens , car les sentimensSc la vie, c’est la même chose. Le Ch. d H. Elle apour vous des sentimens plus vifs qu’elle ne penseelle-même. P. de Cl. De tendres sentimens valentmieux que de belles réflexions , ils occupent plusagréablement. Le Ch. d’H. Fâcheux empire que ce-lui de la raison, s’il nous ôte les sentimens agréables.S. Evr.

Sentiment , fe dit, presque dans le même sens, des dis-positions où l’on est à l’égard des autres , de ce quel’on ressent pour eux. Affectio , propensio. Avoir dessentimens de tendresse pour fa famille, des sentimensde pitié pour les misérables, des sentimens de respect,Sc de vénération pour les choses sacrées , des senti-mens de piété Sc d'amour pour Dieu.

Je veux que le cœur parle , & que les sentimens

Ne se masquent jamais Jous de vains complimens.

Mol.

Sentiment , sensibilité, mouvement de l’ame qui la tou-che, qui l’émeut. Motio , commotio , sensibilisas ,teneritudo. Le souvenir d’un bonheur pasté rend plusvif le sentiment d’une disgrâce présente. Bouh. Avoirdes sentimens de piété. Rien ne plaît que ce qu’onsent, Sc l’on n’est content qu’à proportion de ce que1 e sentiment eH plus vif Sc plus profond. Nie. Le sen-timent est plus subtil & plus pénétrant que l’eíprir.Le Ch. de M.

Sentimens naturels. On appelle ainsi certainsmouvemens qui nous font inspirés par la nature. Telleest la tendresse des peres envers leurs enfans, & celledes enfans pour leurs peres.

|CT On dit absolument avoir des sentimens , pour di-re, avoir des sentimens d’honneur, de probité, &c.des sentimens louables.

Sentiment, en matière d’éloquence. Il faut dansun discours non-seulement dire la vérité pour con-tenter l’esprit, il saut la revêtir d’images pour mettre^imagination dans ses intérêts, l’accompagner de sen-timens pour la faire goûter au cœur, & l’animer pardes mouvemens convenables pour l’introduire dansl’ame avec plus de force *. d’où il resuite trois espècesde beau, le beau dans les images ( voy. image.) lebeau dans \es sentimens Sc le beau dans les mouve-mens.

(Ç3- Les sentimens , sententia grandes , ne font pas né-cessaires dans toute composition. Il y a des matièresqui n’en font pas susceptibles : mais quand ils peu-vent y avoir lieu, comme dans un discours de reli-gion , de morale, dans un poème , <S c. nous vou-lons qu’ils soient nobles, fins & délicats. Un senti-ment noble & généreux nous rend un témoignage. agréable de la supériorité de notre ame aux chosesbasses Sc terrestres. Un sentiment fin & délicat nousdonne un plaisir pur qui nous saisit fans nous trou-bla: , qui nous pénètre fans nous confondre. Il faut

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