»
ì.es Cavaliers ou Tons avoient principalement en vuel’intérêt politique du Roi & de la Couronne , & celuiè sEglise Anglicane : les Têtes-Rondes ou Wighs sepioposoient principalement de soutenir 1 interet dupeuple & celui du Presoyteranisine. Ces deux factionsn ont point changé d idee. On ne sautoir dire precise-ment quand les noms de Tetes-Rondes & de Cava-liers ont été oubliés. On peut considérer ces deux fac-tions , ou par rapport à 1 Etat ou par rapport k la Re-ligion. Nous ne devrions parler ici que des Taris, &renvoyer ce qui regarde les Wighs à ce mot; maisparce que la comparaison de ces deux partis les faitmieux connoitre 1 un & sature, nous jugeons plus k-propos de ne les point trop séparer. Nous aimons mieuxen dire moins au mot Wighs , & renvoyer ici.
Les Toris d État, font ou outrés, ou modérés. Les |outres voudroient que le Souverain fût abíolu en An-gleterre , & que ia volonté y tînt lieu de loi. Ce parti'qu on dit n’être pas fort nombreux , est considérablenéanmoins ; i Q parce que ses chefs font des Seigneursde la plus haute qualité, & ordinairement desMinistresd Etat & des Favoris : 2° en ce qu êtant dans le minis-tère, ils engagent les Toris d’Eglise à soutenir forte-ment le dogme de sobéissance passive, & persuadentqu il n a eu en vue que de ruiner les Presbytériens ;
3° parce qu’il arrive souvent que le Roi 1 appuie. LesToris modérés ne veulent point souffrir que le Roi,perde aucune de ses prérogatives -, mais ils ne pre-|tendent point lui sacrifier celles de ses fy jets. Ce lont ;de véritables Anglois, dit f Auteur, qui ont à cœur lebien de leur patrie, & qui veulent maintenir la consti-tution du gouvernement dans le même état qu eileleur a été laissée par leurs Ancêtres. Ils ont souventsauvé sEtat, & ils le sauveront encore , loríqu il íetrouvera en danger de la part des Toris outres, ou.des Wighs Républicains. Les Wighs d Etat lont ou Ré-publicains , ou Modérés. Les premiers , sont, selonl’ Auteur , un reste du parti du long Parlement quiavoit pris k tâche de changer le gouvernement en République. Ils font une si petite figure, qu ils ue ferventiqu k fortifier le parti des autres Wighs. Les Tons vou -1droient bien persuader au public que tous les Wighssont de cette espèce comme les Wighs voudroientfaire croire que tous les Toris sont outrés. Les Wighsd Etat modérés font k peu près dans les mêmes prin-cipes que les Toris modérés, & souhaitent que le gou-vernement l'e maintienne fur fes anciens fondemens. Laseule différence est que les Toris modérés penchentplus du côté du Roi, &les Wighs modérés du côté duParlement. Ceux-ci sont dans un mouvement perpé-tUe l '■> pour empêcher que les droits du peuple ne soient jen vahis, quelquefois même ils prennent des précau-tions aux dépens de la couronne.
. , mt que d’envifager les deux partis par rapporta la religion, il f aut remarquer que la prétendue Ré-torme, po u ssé e p l us ou mo ins loin, divisa les Angloisen Epitcopaux , & en Presbytériens ou Puritains. Lesuns pretendoient que la jurisdiction Episcopale devoirerre conservée aussi bien que la forme qu ils avoientdonnée à leur Eglise. Les autres soutenoient que tousles Prêtres ou Ministres avoient une égale autorité;& que sEglise devoir être gouvernée par des Preíby-,teres ou Consistoires mêlés de Ministres, & de quel-ques anciens Laïques. Après de longues querelles, les^í us m °derés de ces deux partis relâchèrent quelque jVi/° i ^0 leur rigidité, & formèrent deux branches de,. !ghs Aï de Toris mitigés au sujet de la Religion.
ais il y en eut encore un plus grand nombre qui de-1n 'i^ re f ent fermes dans leurs principes avec une opì-au x r ^ 5 e Inconcevable. Ce fut ce qui donna naissancerigì(j e eux branches d Episcopaux & de Preíby ter ' ensHseraLs'^ 111 ^ font continuées j'uíqua ce jour. La Jvisés. L e 'f E principal article fur lequel ils sont di-de Wìgh s U <s S îcs autres font compris sous les nomsgides le j 0 i E ‘ e Tons , parce que les Episcopaux ri-Wighs. B ent aux Tons , & les Presoytèriens auxDe tour ce q u “ 0tl .
b»» fc ï Tçrà C
que
ont rapport à
deux objets dissérens, ils sont équivoques, & que^pafconséquent on ne peut les appliquer fans dire en memôtemps en quel sens on le fait. Une même personne íeraà divers égards Wigh & Tori. Un Presbytérien, patexemple, qui souhaite la ruine de sEglise Anglicane,est certainement par-la, dans le parti des Wighs ; ce-pendant s’il s’oppose de tout son pouvoir aux attentatscjue quelques-uns de son parti voudroient faire contre1 autorité Royale, on ne peut disconvenir que par cetendroit il ne loir effectivement Tori- De même, quandil s agir de sEglise, les Episcopaux doivent être regar-dés comme Toris ; mais combien n’y en a-t-il pas quisont Wighs par rapport au gouvernement;
Au reste les motifs généraux qui ont formé & quimaintiennent les deux partis, ne font pas ordinaire-ment les motifs secrets des particuliers. L’intérêt pro-pre est le premier mobile de leurs actions. Depuis lanaiííànce de ces factions, chacune a travaillé avec ar-deur à gagner s avantage fur sautre; parce que decette supériorité viennent les charges, les honneurs &les dignités, que le parti dominant fait distribuer à sespropres membres, k sexclusion du parti contraire.
Reste à marquer les caractères que son attribuicommunément aux Wighs & aux Toris. Les Torissont fiers & hautains. Ils traitent les Wighs avec ledernier mépris , & même avec dureté, quand ils ontsavant âge íur eux. Ils sont rrès-paffionnés, & vonrextrêmement vire, rapidité qui nsest pourtant pas tou-jours seftet de la fougue, & qui a quelquefois sonfondement dans la politique. Ils font enfin fort sujetsk changer de principes, lelon que leur parti est domi-nant ou abaissé. Si les Presbytériens rigides prévaloientdans le parti Wigh, ce parti ne seroit ni moins altier,ni moins fougueux que celui des Tons ; mais on dirqu ils n’en ont pas la direction : ce qui donne lieu d'as-lurer que ceux qui sont k la tête du parti des Wighssont beaucoup plus modérés que les chefs des Toris .D ailleurs ils fe conduisent ordinairement par des prin-cipes fixes , ils vont à leur but par dégrés, lans vio-lence , & leur lenteur n est pas moins fondée fur la po-litique , que semportement & la promptitude des Tb-ris. On accuse les Wighs, d être fort avides de biens.& d honneurs, & de récompenser mal ceux qui Rat-tachent k eux , ce qui leur fait perdre souvent desamis & des partisans ; je ne puis rien dire de positif furce sujet: quoiquïl en loit, dit un Auteur que nous ab-Ions cirer, on peut dire à savantage des Wighs mo-dérés, qu en général ils soutiennent une bonne cause»lavoir la constitution du Gouvernement tel qssil est. établi par les Loix. Ils pèchent à la vérité, quelque-fois par un exces de précaution & de défiance : ceJ&leur lait faire de temps en temps des démarches con-traires à leurs véritables intérêts & à leurs propre»principes; puiiqu en certaines occasions, ils ne main-tiennent les droits de la Nation & du Parlement qu’auxrdépens de sautorité Royale. Voye^ la Dissertation de.M. Thoiras Rapin fur les Wighs & les Toris ■> impri-mée k la Haye en 1717. Après tout, les Anglois ne fontpas les seuls qui composent ces deux factions. La plu.-*part des Etrangers établis en Angleterre , ou qui y ontvécu, lont devenus Toris ou Wighs. Il y a aussi unehistoire du Wighisme & du Torisme composée parM. de Ove , ci-devant Officier au service d Angleterre,ct imprimée à Leipsik la même année 1717. Elle con-tient a peu prés la même choie que la Diliertation dcM. Rapin.
Les Toris , dit-il, si son en croit les Wighs, sontles fiateurs du Prince, & les ennemis des Sujets ; tousleurs principes tendent à donner à celui-là un pouvoirabsolu & tyrannique , & k priver ceux-ci de leursdroits, austì-bien que de leur liberté. Ils veulent as-servir sEtat à sEglise ; ils font animés d’un esprit depersécution , & ils imposent aux consciences le mêmejoug que sEvêque de Rome impose k ceux qui le re-connoillènt pour leur Chef. Us ont un penchant ex*trême k retourner k la Religion Romaine ; ct ^préfèrent aux Sectes Protestantes, qui ne fe con or-ment pas à la discipline de sEglise EpUcopalo. S ontpartisans & pensionnaires de la France ) ìh S y vue yen-