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Tome huitieme. [THA - Z.]
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Ce mot vient de l’Italien traffico > quí l’ont pris del’Arabe. Ménage.

Trafic, s’empioie aussi figurément pour désigner cer-taines pratiques, certaines conventions qui font contrele devoir, contre la règle, contre 1 usage. Cet hommefait un trafic infame , un honteux trafic. Il n’est paspermis de mettre les choses saintes en trafic. Combienvoit-on de Prêtres qui font un trafic de la piété ? Fléch.Pietatem venalem habere. On fait un honteux traficdu mérite & des bonnes qualités que Ton a. Bell.Quand on attend quelque retour d’un bienfait, cen J eft plus libéralité, c est un trafic. S. Evr. Les amitiésordinaires font des trafics honnêtes, où chacun se pro-pose quelque chose à gagner. M. Esp. Ces affectationsde voir & d etre vues, font comme un trafic & uncommerce de regards impurs, & de pensées crimi-nelles. Fléch. Le trafic de Famitié doit être honnête ;m ais , enfin c’est un trafic. S. Évr. On fait trafic de ci-vilités & de complaisances. Nie. N’est-il pas honteuxf>ux Philosophes de faire trafic de vertu, & de mettre!asagesse à l’encan? Ablanc. Faire trafic de louanges,c est donner des louanges pour des louanges.

Trafic, Commerce, Négoce, considérés comme syno-nymes. Le négoce , dit M. 1 abbé Girard, regarde lesastaires de banque & de marchandises. Le commerceà le trafic ne regardent que celles de marchandises ;avec cette différence f ce me semble, que le commercefo fait plus par vente & par achat ; & le trafic parCc bange. Voye\ encore au mot Commerce.

TRAFIQUANT, ante. Qui trafique. Negoàator.

TRAFIQUER, v. n. Faire commerce , négoce, trafic.Negotiari } mercaturam facere. Aux Indes on trafiquede pierreries, d’épiceries. Ce Banquier trafique d’ar-gent fur la place. On a trafiqué longtemps des billetsde 1 épargne. Un Marchand qui trafique de tout.

U s emploie quelquefois activement. On dit trafi-quer un billet, une lettre de change. Y ai trafiqué votrebillet fur la place.

Trafiquer , se dit aussi au figuré. Je comtois de cespersonnes qui trafiquent de civilités, & dont les clinsd œil ont quelque desiein. Bal. On trafique de la ver-* u > de Farnour; tout est à vendre parmi les hommes.f- A à. Omnia venalia habere.

Le vil amour du gain souilla tous les écrits ....Trafiqua du discours , ù vendit les paroles. Bon..

On dit en proverbe, C’est un Gentilhomme Bretoiqui trafique fur les mers, qui vend ses chiens pouavoir du pain. . , .,

T^AFiQuÉ, ÉE. part. Qui a passé par les mains des Mar-chands. On ne fait point d état des billets trajiqu .scpû ont pasté par plusieurs mains. Negociatus.TRAFIQUEUR. s.&adj.m. Marchand qui trafique. Negociator . il Est vieux. Tous les Marchands trafiqueuren Orient en rapportent, &c.

Volt comme derechef nos trafiqueurs vaisseau ,Defancrés j vont glissant fur nos marchandes eaux.

U17 Bartas.

TRAGACANTH. f. m- ou TRAGACANTHE ^

pèce de gomme à laquelle on a donne ce ’ Aìine

qu’elle fort par incision de la racine ou d • /Am-

plante qui est aussi appelée íra |^ s Qn appelle ordmai-cies a planta tragacantha fie dicta. (J 1 rv

rement certe gomme, gomme plante qu on

Tragacanthe, se dit aussi d uneAorte c i y ^nomme autrement barbe-renard , C T‘

cn Latin tragacantha. n h 0 uc ,

Ce mot est composé des mots Grecs V t ouc >,à 'O'-s’.cStt, épine , comme qui diroit épine

que cette plante est garnie d epiioes. ce rj.Plumier, Minime, croit que le mot barbe-rede Imb* mmr g SWll . il faut savoir que dansun endroit du terroir de Marseille qu on appelle Mont-redon (Mont rond) il y a quantité de ces plantes. Ceterroir n est q Ue f a bl e , & on voir paroître parmi R

sablé les épines du larbe-renard. Ces épines font lesextrémités de chaque côté qui porte les feuilles, &elles paroissent par-deílus le fable en façon d’une barbehérisiëe. / estime que les Marseillois ont donné le nomde barbe de renard , comme qui diroit barba arenaria ,à cette plante, à cause des épines qui paroissent commedes barbes épineuses parmi le fable. P. Plum.

Les collines pelées du mont Ida en Candie, pro-duisent beaucoup de Tragacantha , & l’espèce en esttrès-belíe : Béion & Prolper Alpin l’ont fans douteconnue, quoiqu’il ne soit guère possible fur leurs des-criptions de ia distinguer des autres espèces dont ils ontparlé. Eile donne naturellement de la gomme Adra-gant fur la fin de Juin & dans les rnois soi vans : danáce temps-là le suc nourricier de cette plante, épaissipar la chaleur, fait-crever la plupart des vaisseaux oùil est renfermé : non-seulement il s’amasse dans le cœur, des tiges & des branches, mais dans Finterstice desfibres, lesquelles sont disposées en rayon. Ce suc secoagule en filets, de même que dans les porosités deFécorce, & ces filets passant au travers de cette partie,sortent peu à peu, à mesure qiTils sont poullés pat lenouveau luc que les racines fourniílènt : cette matièreexpoiée à l’air, s’endurcit & forme ou des grumeauxou des lames tortues semblables â des vermiííèaux plusou moins longs, suivant la matière qui íe présente :il íemble même que la contraction des fibres de cetteplante contribue à l’expreílïon de la gomme Adragant.Ces fibres déliées comme de la fiiaffè , découvertes ,& foulées par les pieds des bergers & des chevaux seracourciísent par la chaleur, & facilitent la sortie duíuc extravaíé. Tournefort, Voyage to. i.

TRAGAZETE. Nom d un village de la Castille nouvelleen Espagne. Tragaqeta. Il est à la source du Xucar,près de celle du Tâge , & du Royaume d’Arragon.On le prend communément pour Fancienne Laxa,petite ville des Celtibériens. Maty.

TRAGÉDIE, f. f. Poème dramatique , qui représentequelque action signalée entre des personnages illustres,qui est propre à exciter la terreur ou la pitié, & quia souvent une istue funeste. Tragœdia. Selon Aristote,la Tragédie est une imitation dune action grave, &qui a une juste grandeur , qui par le moyen de lacompassion & de ia terreur, achevs de purger en nousles passions. Dac. Corneille n’a pu venir à bout deconcilier Aristote avec lui-même. Les exemples quecite Aristote, ruinent fa propre définition. Ainsi Cor-neille n’a nullement approuvé cette définition d’Aris-tote , 8c a nié que ce soit là l’estet de la Tragédie. Id.Comme Ia Tragédie consistoit anciennement dans lesmouvemens excessifs de la crainte & de la pitié, n é-toit-ce pas faire du théâtre une école de frayeur, oùTon apprenoit à s’épouvanter de tous les périls ? S.Evr.On admirera toujours les Tragédies de Sophocle,d’Euripide , de Séné que , de Corneille. La Tragédieest un des grands estons de la Poésie. La Tragédie foxle plaisir de Rome, aussi bien que d’Arhenes, Sc detoute la Grèce. S. Evr. La Tragédie pour nous diver-tir, nous arrache des larmes. Bon.. Florace attribueFinvention de la Tragédie à Thespis , & Quintilien àEschyle. La Tragédie informe & grossière dans fa nais-sance, n’étoit qu’un simple chœur qui jouoit seul, &qui chantait des dithyrambes, ou des hymnes à I’hon-neur de Bacchus. Thespis penia le premier à jetter unpersonnage dans le chœur pour le déialîër. Eschyletrouvant ce personnage unique trop ennuyeux en ajou-ta un second pour occuper plus agréablement le soec-tateur par le moyen du dialogue. Il inventa aussi unprincipal rôle : il habilla plus honnêtement ses Acteurs,& leur chaussa le cothurne. Mais la Tragédie ne vintque fort tard à la gravité & à la grandeur qui lui sont'convenables, & l’on eut de la peine à en bannir le styleburlesque, & les petits sujets. Sophocle s’apperçut queles deux personnages ne iustisoient pas pour la variétédes incidens, & en introduisit un troisième. Les Grecsen demeurèrent là : du moins ils introduisirent quatreinterlocuteurs, dans une même scène. La Tragédie Scla Comédie étoient d’abord presque confondues -, maison les sépara ; on s’attacha ensuite à cultiver principa-