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Tome huitieme. [THA - Z.]
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lementla Tragédie, & on néglig ea k Comédie. Quandla Tragédie eut pris une meilleure forme, on changeaaussi la mesure des vers, & on tacha de la renfermerélans l’espace d’un jour, ou dans le tour d’un soleil,Scc. Dacier.

Paíquier dit que la Tragédie en France sut premiere-ment Introduite par Jodelie, qui fit la Cléopâtre &Didon, qui furent representées avec beaucoup d’ap-plaudiííèment en presence d’Henri II. Après lui vintRobert Garnier qui remporta le prix de la Tragédie.Il composa huit Tragédies toutes de choix, & de grandpoids : Porcie , Cornelie , Marc-Antoine, Hippolyte ,la Troade, Antigone, la Juive & Bradamante: Poèmesqui à mon jugement trouveront lieu dans la postérité.Pasq.

Le vieil cothurne d’Euripide ,

EJl en procès entre Garnier ,

Et Jodelie , qui le premier,

Se vante d’en être le guide. Rons.

Leurs ouvrages font pitoyables en comparaison de ceuxd’un très-grand nombre de Poètes qui ont depuis réussi■cn ce genre, & particulièrement de Corneille & deRacine, qui ont peut-être encheri fur les Grecs & furles Latins. Dans la Tragédie, Corneille ne fouisse pointd égal, & Racine ne veut point de supérieur. S.Evr.Il faut que tout soit grand & extraordinaire dans laTragédie , pour nous frapper, & entraîner notre ad-miration. Id. Le véritable style de la Tragédie doitêtre toujours d’une íìmplicité noble, qui convient auxpersonnes du premier rang, jamais rien d’ampoulé nide bas ; jamais d'affectation ni d’obscurité. La puretédu langage doit être rigoureusement observée ; tousles .vers doivent être harmonieux, fans que cette har-monie dérobe rien à la force des sentimens. Il ne faut

pas que les vers marchent toujours de deux en deux;mais que tantôt une pensée soit exprimée en un vers,tantôt en deux ou trois, quelquefois dans un leu e-mistiche. On peut étendre une image dans une p ra ede cinq ou six vers, ensuite en renfermer une autredans un ou deux. Il faut souvent finir un sens par une;, & commencer un autre sens par une nme cor

rime,

respondante. Volt. , ,

Tt> A r Fni r se dit aussi d un evenement, d une histoire,ou même d’une action ^ funeste, cruelle, sanglante.Tragoedia. Ils’est pasté d’horribles tragédies dans cetteCour-là. Les jalousies des Princes finiiíènt souvent pardes tragédies. La fortune joue quelquefois de san-glantes tragédies.

Chez les Anciens le Poète qui avoit remporté lavictoire avoit pour prix un bouc, victime ordinaire deBacchus, qui présidoit à la Tragédie. C’est de-là quela Tragédie a tiré son nom, du Grec r f ayot, bouc.

TRAGÉDIEN, f. m. Acteur de Tragédie. On appelleActeur celui qui représente sur le Théâtre quelque per-sonnage d’une pièce dramatique, soit Tragédie, soitComedie. Tous ceux de cette profession sont connusaujourd’hui fous le nom de Comédiens, quoique lesAnciens eustènt leurs Tragédiens & leurs Comédiens.Mercure de Mai 1736. p. 84 7. Les Acteurs chez lesAnciens étoient appelés communément Tragédiens &Comédiens, p. 84g. Quoique la Tragédie soit la partiela plus noble de sart dramatique, cependant ceux dontla profession est de représenter les pièces de théâtre,empruntent leur nom de la partie la moins noble deleur art, & ils prennent tous la qualité de Comédiens.Ceux que leur talent pour le genre héroïque consacreuniquement à la Tragédie, ne s’appellent point Tra-gédiens — ObJerv.Jurles Ecrits mod. to. ze.page z6.

TRAGI-COMÉDIE, f.f. Autre pièce de théâtre, qui rè-presente une action qui se paste entre des personnesillustres, dont 1 evenement n’est ni triste ni sanglant, &où l’on admet quelquefois le mélange de personnagesmoins lerieux. Tragi—Comoedia. L Antiquité n a pointconnu ces fortes de pièces où l’on confond le sérieux &le comique: & l’epithète de M. Corneille, qui les ap-pelle des Comédies Héroïques , ne peut en justifier l’irré-gularité. Dac. Ce qu on appelle Tragi-Comédie , qui

veut faire rire & pleurer tour-à-tour ; je n’en fais pointde cas ; ce font des émotions contraires que le cœur nepeut soustrir. Le Ch. de M. Plaute appela son Amphy-trion en plaisantant, une Tragi-Comédie , parce qu’iltourne en ridicule un sujet tragique. C’est dans ce seulcas que la Comédie peut inttoduire des Rois & des Hé-ros , parce que le ridicule est le caractère essentiel de cePoème. Dac. Voye\ Comédie. M. Dacier a condamnéavec raison les titres de Tragi-Comédie , & de Comédiehéroïque, comme exprimant deux idées discordantes.Obs. jiir les Ecr. mod. tom. z 5 .p. 27.

TRAGI-COMIQUE. adj. Qui appartient à la Tragi-Comédie. Tragicomicus. Un style tragi-comique , unepièce tragi-comique.

On le dit dans le style familier , d’un accident fâ-cheux qui a quelque chose de comique. Cette aventureest tragi-comique.

Tragique, adj. de t. g. Qui appartient à la tragédie.Tragicus. Poème tragique. Voyez Tragédie. Poètequi fait de s Tragédies. Racine excelloit dans le genretragique r. Euripide répondit à Archelaus , qui vouloirqu il prit de lui la matière d’une Tragédie : Ne plaiseaux Dieux qu il vous arrive quelque chose qui soitpropre au Poème tragique.

Tragique, pris dans un sens figuré, signifie la mêmechose que malheureux, funeste, Tragicus , funestus.Histoire, aventure tragique. Catastrophe tragique. Lamort des Tyrans est souvent tragique. Cet Auteur n’aque des idées tragiques.

On fait de cent Auteurs l’ aventure tragique. Bon.

Tragique, est aussi substantif. Corneille, Racine ontexcellé dans le tragique , c'est-à- dire , dans le genretragique. Le tragique est ce qui forme l’eilence de laTragédie. Il contient la terreur & la pitié. Par tout oùle tragique ne domine pas, il n’y a point de Tragédie.On croirait qu à raison de leur caractère grave & sérieuxles Espagnols seroient plus portés au tragique qu’aucomique : cependant ils ont des milliers de Comédies;a peine ont-ils quelques Tragédies. Un Auteur , unActeur est propre pour le tragique , & ne réussit pasdans le comique.

On dit de même qu’il y a du tragique dans unehistoire, dans une aventure.

Tragique, le dit aussi substantivement en parlant desPoètes qui ont fait des Tragédies. Un Tragique. Poëtatragicus . Corneille seroit au-deflus de tous les Tragi-ques de l’Antiquité, s il n’avoit pas été trop au destòusde lui dans quelques-unes de ses Pièces. S. Evr. NosTragiques à force de faire pleurer leurs Heros , les ren-dent imbécilles. Id. Les Tragiques Grecs le plaisoientà représenter les Grecs humiliés , pour rabattre leurorgueil, & consoler les misérables. L. p. R,

TRAGIQUEMENT, adv. D une manière tragique. Tra-gicè. Mourir tragiquement. Finir fort tragiquement.Déclamer tragiquement.

TRAGIUM. f. m. Plante qui poulie de petites tigesligneuses, de la longueur du petit doigt, revêtuesde pdntes feuilles longues, rangées deux à deux,comme celles du polytric ; mais plus longues, vertespar dessus, couvertes d’un coton cendre par délions.Il fort d’entre ses tiges d’autres petites tiges nues, quisoutiennent des fleurs en épi, de couleur purpurine.Sa racine est blanchâtre , un peu longue , grele. EnLatin Tragium alterum , Diojcoridis quibusdam , foliotrichomanis. J. Bauh. Cette plante est astringente,propre pour la dyíïënterie. Quelques-uns donnentce nom au dictante blanc, & d’autres à l’arrachepuante.

TRAGONARA. Voye\ Dragonaea.

ïO* TRAGOPOGON. f. m. C est le nom qu'on donneen Botanique aux salsifis de nos jardins. Tragopogon ,hortenjè, purpureo-cœruleum. Voyez Salsifis.

TRAGÓRIGANUM. L F 1 - De 7 pá>©-, hircus & origa-num. Plante qui poufle des tiges plus petites & plusblanches que celles du marum vulgaire, que G. Bauhinappelle fampf uc ^ u _ s 5 s ive marum vulgare , mafhchenredolens. Ses feuilles sent aussi plus minces 8c plus