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Elle épancha son ame devant Dieu, avant quelle pa-rût devant son redoutable Tribunal. Fl.
Il se dit aussi de la puissance & de la Jurisdictionspirituelle, que Dieu a donnee aux Prêtres, & a sesMinistres. Je prétends qu il n y a aucune aftaire dumonde qui ne le réduise au tribunal des Ministres deJ. C. parce qu'il n f en a aucune qui ne puisse avoirquelque liaison avec la conscience & le salut. Bourdal.Exh. II. p. 418.
Le Tribunal de la Pénitence , ou de la Confession,ou simplement le Sacré tribunal , pour le Sacrementde la Pénitence. Pœmtenîiœ tribunal. ^
On le dit aussi du Confessional, du Siège où les Con-fesseurs entendent les confessions des pénitens. N ap-prochez qu en tremblant des saints tribunaux.
On appelle aussi tribunal le Jugement de Conscience.Condamné même au tribunal de sa conscience. Ipjaconscìentiâ Judice. U n y a point de tribunal plus re-doutable & plus rigoureux que celui de la conscience.Acad. Fr.
Tribunal, se dit encore des particuliers qui prononcentleur jugement. Judices. Tibère alla se cacher dans desîles reculées, afin de dérober la connoistànce de lèscrimes au tribunal de l’Histoire. Val. Parmi les Cal-vinistes , chacun s'est fait à soi-même un tribunal, oùjl s'est rendu l’arbitre de sa croyance. Fléch. Je voustraînerai devant le tribunal du Public, qui me fera uneprompte justice de vos calomnies. Bay. C'est là unequestion décidée dans tous les tribunaux des Gram-mairiens , c'est-à-dire, devant tous les Grammairiens.
TRIBUNAT. f. m. Charge, dignité de Tribun. Tribunatus , tribunitia potestas. Demander, briguer le tri-bunat. Celui qui briguoit le tribunal , s'appeloit tribunitius candidatus , & celui qui avoir passé par le tribunat , yìr trìbunitius.
On le dit aussi du temps qu'on exerçoit cette charge.H fit telle chose durant son tribunat.
TRIBUNE, s. f. Lieu d où l'on haranguoit le peuple chezles Romains. Suggestum, rostra , odeum. C’étoitchezles Romains le lieu élevé près du Temple, & dans laplace appelée pro rostris , ou des proues, pour haran-^ìier le peuple aliembie pat Tribus. Daviler. ylmbo^pulpitum : dans la basse Latinité tribuna , Sc quelquefois tribunal. Les Orateurs meuroient fur la tribunesux harangues. A Athènes les Ambassadeurs étrangersmontoient dans la tribune pour exposer leur commis-sion , & pour se faire mieux entendre du peuple.Tourreil.
Tribune, est aussi un échaff’aut, ou un lieu élevé oùl'on place les Musiciens & la symphonie dans les Églises,ou autres lieux, où l'on veut faire un concert. Sug-gestum. Galerie élevée dans les Eglises pour chanterla musique, ou entendre l'office. Les Italiens seservent du mot tribuna , pour signifier le chevetd’une Église. Daviler. Il y en a qui appellentaussi tribune , le lieu où l'on met les orgues, & mêmele jubé. Quelques-uns appellent aussi tribune , ce qu'onnomme proprement Lanterne , qui est fur le haut desdômes.
Les Macri prétendent que ce nom vient de tribunal ,parce qu'on y mettoit souvent le trône de l'Evêque,que cela se remarque encore dans i'Eglise de Ste Cé-cile au-delà du Tibre, & en plusieurs autres anciennesEglises de Rome, & qu Alexandre VII sir placer ma-gnifiquement la Chaire de S. Pierre fur la tribune de1 Eglise du Vatican.
TRIBUMTlEN, i ENNE> Terme d’Antiquaire & de Mé-dailliste, qui s appljq ue à ce qui a rapport au tribun.Tribunitius. La Puifíàncéji'ribunitienne éroit Ja charge,la dignité, le pouvoir du Tribun du peuple. Tribuni-tia potestas. Quelques-uns disent Puistance de Tribun,comme le P. Jobert dans sa Science des Médailles.M. d’Ablancourt dans ion Tacite, Annal. I. C. 3. III.C. 19. dic Puistance du Tribunal ; mais l'usage ordi-naire est de dire Puissance Tribunitienne , au moinsparmi les Antiquaires & les Medaillistes. La PuistanceTribunitienne est un des principaux titres que les Em-pereurs prenoient fur leurs médailles. Cette qualité fut
inventée par Auguste pour conserver Fautoricé souve-raine par-destùs les autres Magistrats, fans prendre cellede Roi, ni de Dictateur. A la vérité on savoir offerteà Jules, mais il la méprisa, Auguste est le premier quila prit, & ses succeílèurs suivirent son exemple. Ilscomptent sur leurs médailles les années de leur Em-pire par celle de leur puistance Tribunitienne. Elle sedonnoit quelquefois pour un nombre d’années déter-miné , & quelquefois pour toujours. Les Empereurscommuniquoient quelquefois à ceux qu'ils asiòcioient,ou qu’ils destìnoient à l’Empire, la puistance Tribuni-tienne , & Tibère l’a eue quinze ans avec Auguste. Cetusage, aptes tout, ne dura proprement que juíqu’àValérien & Gallien. Après eux on ne trouve que Tr.P. II. dans Claude le Gothique, Tr. P. V. dans Au-rélien, & Tr. P. dans Probus. Je parle des médailles 3car dans les inscriptions on le trouve encore après cestemps. Le Cardinal Noris & le P. Pagi ont disputé,lavoir en quoi cette puissance Tribunitienne consistoit.Le premier prétendoit quelle ne différoit point decelle des Tribuns ordinaires, qui consistoit en troispoints j i Q au droit de s'opposer à tous les Actes desautres Magistrats ; z° en ce qu'elle rendoít leur per-sonne inviolable & sacrée *, 3° au droit de faire desEdits & des Loix. Le P. Pagi prétend qu'elle ajoutoicquelque choie au pouvoir des Tribuns , & que cepouvoir que leur donnoit l'Empereur de faire desEdits, éroit plus ample que celui des Tribuns ordi-naires - , qu'ils avoient le pouvoir d'astèmbler le Sénatsquand il leur plaisoit. M. Spanheim est du sentimentdu P. Pagi ; il croit que la puistance Tribunitienne desEmpereurs l emportoit beaucoup fur le pouvoir desTribuns du peuple; i Q qu’elle éroit propre des Patri-ciens , & ne réduisoit point ceux qui l’avoient, aurang du peuple; qu’elle n'étoit pas bornée à la villefeule de Rome, comme F autre ; mais elle pouvoirs’érendre dans tout FEmpire , aussi-bien que la puis-sance Proconsulaire qu'on y joignoit communément;3° que celle des tribuns éroit inférieure à la dignitéde Préteur, au lieu que la puissance Tribunitienne desCésars donnoit, selon Tacite, une autorité souverainepar-dessus tous les Magistrats, & qu'elle égaloit auxEmpereurs ceux à qui ils Ja communiquoient, & enfaisoit leurs collègues. Outre cela elle leur donnoit ledroit de s'opposer aux entreprises de tous les autresMagistrats ; elle les rendoit inviolables & sacrés, &leur donnoit le pouvoir d'astèmbler, & de renvoyer leSénat, comme l'avoient les Tribuns depuis Fan 300de la fondation de Rome. Le P. Hardouin Select.O.per.p. 69g 7 56, y73, 774, prétend qu’il faut dis-tinguer deux puissances Tribunitiennes , Fune civile,& l’autre militaire ; mais st n'en apporte aucune preuve,& ne fonde cette distinction que fur des conjecturesvaines , & tirées de loin, dit M. Spanheim, dont au-cune ne mérite qu’on s’y arrête, iì ce n'est peut-êtreune médaille de Marc Aurèle, fur laquelle on lit Tr.Pot. VII. Tr. Pot. VlII. mais qui ne prouve rien,parce que la puistance Tribunitienne ne commençantpas au premier jour de Fan, chaque année Juliennerépondoit à deux années de puissance Tribunitienne ,c’est-à-dire, à la fin de Fune & au commencement de
l'autre. Il s appuie encore fur un endroit de Pline, quidit L. XI. C. 37. qu'Auguste offrant un sacrifice àSpo-léte le premier jour de se puissance, on trouva les foiesde six victimes repliés ; fur quoi les Aruspices lui pro-nostiquèrent que Ion Empire seroit doublé avant la finde Fannee. Dans son Pline, le P. Hardouin avoir prisces mots, le premier jour de fa puistance, comme Ca-seubon ct Torrentius f avoient fait avant lui pour lacharge de Propreteur, qu'on lui donna après la mortde César. II change de sentiment, & soutient qu’onne peut les entendre que de la puistance Tribunitienne.Mais, répond M. Spanheim ; 1 0 il ne s’agit point icide médaillés, mais de Pline, c est un Auteur; or dansles Auteurs Romains on trouve puissance de Censeur,de Prêteur, ctc. Pline a donc bien pu le dire aussidune autre puistance que de celle de Tribun; z° surles médailles mêmes on trouve Pot. Cens. Puistancede Censeur, Voye\ cestyz de Domitien. La remarque
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