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Tome huitieme. [THA - Z.]
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TRO

.Beatus populus cognoscens clangorem , rapporte toutce quìl a pu recueillir dans les Auteurs fur les trom-pettes, dont Tufage étoit fort ordinaire dans f ancienneLoi ; ensuite il entreprend de montrer que ces trom-pettes étoient une figure de f Evangile, & de la ma-nière dont il devoir être annoncé.

'Trompette marine , est un instrument de Musiquecomposé de trois tables, qu; forment son corps trian-gulaire. Fidis ad modum tubce resonans. Elle a unmanche fort long, & une feule corde de boyau fortgroste . montée iur un chevalet qui est ferme d’uncôté fur un de fes pieds, & tremblottant de faunecoté fur un pied qui n’est point attaché à la table. Onla touche dune main avec un archet, &de f autre onpreste la corde fur le manche avec le pouce. C’est ce'■tremblement d u chevalet qui lui fait imiter le son dela trompette : ce qu'elie fait si parfaitement, -qiTil n’ya prelque pas moyen de la distinguer de la trompetteordinaire ; & c’est ce qui lui a fait donner ce nomquoique d’aillcurs ce soit une elpèce de monocorde.Trompette harmonieuse. C’est un instrument harmo-nieux qui imite le son de la trompette , & qui lui res-semble , hormis qu’il est plus long , & qu’il a plus de■branches. Il.s’appelie ordinairement Saquebute. Tubaharmonica.

Trompette pariante , estime trompette longue de septà huit pieds, & quelquefois de quinze , qui est' toutedroite, & faite de fer blanc , qui a un sort large pavii-vilion. Tuba vocem praemittens. Son bocal est astezlarge pont y introduire dedans les deux lèvres. Si onparle dedans , elle porte la voix jusqu’à mille pas, &se fait entendre distinctement. On dit que f inventionest moderne, & du Chevalier Morlan Ang'ois. Néan-moins le Pere Kirker a donné la figure d’une trom-pette, dont il dit qu’Alexandre se servoit pour parlerà son armée , qui est prelque la même chose, à la re-ferve que celle-ci fe divise en deux tuyaux, qui se re-joignent ensuite. On se sert de cette trompette Iur mer.Joseph Landini, Italien, a trouvé une trompette écou-tante j qui lert à entendre de fort loin des personnesqui parlent naturellement & Jans trompette parlante.

Fêtes des Trompettes. Festum tubarum. Elle se cé-lébrois parmi les Juifs le premier jour de Tannée ci-vile, ou politique ; c’est le premier jour du mois deTifri, qui répond à notre mois d’Oólobre ou de Sep-tembre ; car st commençoit le premier jour de la nou-velle lune, après l’équinoxe d’automne.

On annonçoit le premier jour de Tannée au fondestrompettes. C’étoit un jour solennel. On y ofiroit unholocauste au nom de la nation, d un veau , de deuxbéliers, de sept agneaux de Tannée, avec des offrandesde farine & de vin. Le silence de i’Ecriture fur Téta-blistèment de cette fête, laistè le champ libre a u x con-jectures. Quelques-uns pensent avec Théodoret qu’eliefut établie en mémoire du tonnerre qu’on entenditfur le mont Sinax quand Dieu donna fa loi. Les Rab-bins prétendent que c’est en mémoire de la délivranced’Ifaac, à la place duquel Abraham immola ún bélier.

Les Juifs célèbrent encore cette fête en sonnant dela trompette à trente diverses fois. Elle dure les deuxpremiers jours du mois ; & ils s’y préparent pendantplusieurs jours par des œuvres de pénitence &de mor-tification.

Trompette, f. m. Est le Cavalier qui sonne de cet instru-ment. Buccinator. Ce sont les Trompettes qu’on en-voie aux assiégés pour les sommer de fe rendre, pourleur faire savoir quelque chose. Trompette duRoi,trompette de la ville. Bon trompette.

Trompette, sc dit proverbialement en ces phrases. Ondit qu un homme est bon cheval de trompette , qu’ìlne s étonne pas pour le bruit, qu’il ne fe soucie guèrede rour ce qu on peut lui dire. On dit déloger fanstrompette , sens bruit, secrètement. On dit auísi, àgens de village, trompette^ de bois ; pour dire, qu’ilfaut faire aux gens des choses proportionnées à leurcondition, à leur goût, a leur intelligence.Trompette. Terme de Conchyliologie. C’est le nomque les Hollandois donnent au Buccin. Voye\ ce mot -

Le Qhìieao-trompette est la Citadelle de Bourdeaux.

TROMPE-VALET. f. m., C’est un nom que porte encertains pays la poire d ambrette. La Quint. Servo-rum decipula.

TROMPEUR, eu se. adj. souvent employé substantive-ment. Fallax , deceptor. Qui trompe , qui faic don-ner dans le faux, qui donne lieu à nos erreurs, à nosméprises. Voye\ Tromper & Tromperie. La fausièpiété le couvre d un voile trompeur. Tour. Les fillesne doivent pas fe fier aux promeíles des hommes; cefour de grands trompeurs. Les plaisirs de ce monde fonttrompeurs & décevans. Les caresies du monde sonttrompeuses: ce ionr autant de pièges qu’il nous.tend.Bouh. On ne peut pas ôter aux Amans leurs soupirs,& leurs désespoirs trompeurs , ni leurs mensonges flat-teurs. M. Scar.

Mon cœur est dégagé de vos trompeurs attraits. Moi.

De tous les trompeurs 3 il n’y en a point dont on fedétende moins que des fourbes en matière de Reli-gion. Bell. Que f amour est un adroit trompeur. Corn.Le cœur humain n’est pas moins caché, ni mainslro/Ti-peur à iui-même qu’aux autres. M. B.

Par des dehors trompeurs on tâche à nous surprendre .

Dis-H.

Rien n’est si trompeur que la prudence humaine. Id.Délabufons-nous des folies & des vanités trompeusesdu monde. Fi. On ne laistè pas d’admirer de trom-peuses richeíles. Ablanc. Fuyez d’un vain plaistr lestrompeuses amorces. Bon.

On dit proverbialement, A trompeur , trompeur Scdemi ; pour dire , que celui qui cherche à tromper,mérite de trouver un trompeur plus fin que lui.

C’est un double plaisir de tromper le trompeur.

La Font.

TROMPILLON. f. m. Terme d’Architecture. Petitstrompe de peu de plan, & de portée, comme les troistrompes sor le coin qui portent le petit pavillon à Ten-coignure des murs de 1 Abbaye de S. Germain des présà Paris. Daviler. Tubula. On appelle trompillon devoûte , la pierre ronde qui sert de coussinet aux vouf-foirs du cul du four d une niche, & pour porter lespremieres retombées d’une trompe. Il y a auísi destrompillons fous les quartiers tournans, & paliers desescaliers voûtes en arc-de-cloître. Daviler.

TRON, ou TROND. f. m. Nom d’homme. Trudo. Tru-don, que nous appelons ordinairement S. Tron , & lesFlamans S. Truyen, vint au monde du temps de Da-gobert I , dans le pays de Haíbain ou Hafpengaw,qui faic maintenant partie de celui de Liège, fur leslimites du Brabant. Baiilet. Saint Tron tiroir son sangde la premiere Noblesse de France. Il mourut l an 698 ,âgé de près de 80 ans.

Saint Tron etoit un noble Franc, qui donna tous ses

. biens à l’Eglise de Metz, & renonçant au monde, bâ-tit un monastère en un lieu appelé Sarchinium au-jourd’hui Kerkum , 011 il vécut & mourut saintement.Valois , Not. Gall. p. 505.

Saint Tron , ou San Truyen. Nom d une petite villede TEvêché de Liège. Fanum S. Trudorus , Trudo-nopolis , Trudonum. Elle est dans la Flafbaye , auxconfins du Brabant, & à sept ou huit lieues de Maa-stricht vers le couchant. S. Tron dont les muraillesfurent abattues I ->n 1675, est prise pour TancienneSarcinium , ville des Centrons. Maty. Quelques-unspar corruption disent & écrivent Saintrcn tout en u»mot. M-uncipiwn Trudonianum , Sancli Trudonis Op"pidum. Elle est du territoire de Tongres, dans TEvê"ché de Liege, contrée des Pays-Bas.

TRONC, f m - C est proprement la partie baise de la tig ed’un gros arbre. La partie des plantes qui naît des ra-cines , s eleve en 1 air en prenant une direction perpen-diculaire, & se divise en plusieurs branches, s’appelsetige. Le tronc est la tige considérée fans les branches

. qu’elie