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éternelles qui enferment le soleil dans fa carrière, &qui l’obligent, quand il y est arrivé, à reprendre laroute par laquelle il s’est avancé jusque-là. C’est pourcela qu’ils font appelés tropiques, du mot Grec tçox>’,qui signifie retour, conversio , parceque quand le soleilest arrivé à un de ces cercles, il retourne de i’autre«ôté.
Les deux tropiques étant à distance égale de l’équa-teur, ils font par conséquent égaux fun à l'autre. L’é-quateur étant le plus grand cercle que le soleil décritou paroît décrire sur le globe de la terre, & tous lescercles qui font parallèles à féquateur étant plus petitsà mesure qifiils s’éloignent de féquateur, il s'enfuitque les tropiques qui sont parallèles à Féquateur, fontles plus petits cercles que le soleil décrive par son mou-vement diurne.
Ceux qui soutiennent le système dePtolomée, s’ilen est encore quelques-uns. en concluent que le soleilétant dans les tropiques se meut avec moins de vîteííèque lorfqu’il est dans 1 equateur, puifqu’en 24heures,ou environ, il parcourt un cercle moins grand, tempsqu’i! emploie auíïì pour parcourir le plus grand cercle.Il fait donc ses circonvolutions inégales en tempségaux; ce qu’on ne peut expUquer que par un mou-vement plus vire ou plus lent.
Mais les Coperniciens qui rejettent fur la terre tousles mouvemens que Ptolomée attribue au soleil, ontune explication plus raiíonnable & plus commode.Suppoíez, difent-ils , un corps sphérique attaché pardeux pivots à deux extrémités diamétralement oppo-sées, de forte que ce corps sphérique puiííe tournerlibrement autour de ces deux pivots : si ce corps d’unpivot à l’autre , est marqué au milieu par une lignequi le divise en deux parties égales, & que de chaquecoté il y ait entre cette ligne & les deux pivots d’au-tres lignes marquées, parallèles à celle du milieu, il estcertain que ía ligne du milieu a le plus de circonférence,& que les autres en ont moins à mesure qu’elles s’enéloignent. Cependant lorsque le corps sphérique faitun tour, chacune de ces lignes parcourt un cercle iné-gal , quoiqu’elles emploient un temps égal à le par-courir.
Le point où le soleil fe leve à notre égard, lorsqu’ilest au tropique du Cancer , est notre orient d’été; celuioù il fe couche le même jour est notre occident d’été.
Le point où .e soleil se leve à notre égard, lorsqu’ilest au tropique du Capricorne, est notre orient d’hiver;& ce.ui où il le couche le même jour est notre occi-dent d’hiver.
Ce point est toujours lé même, & à la même dis-tance de 1 equateur ; ou s’ii y a quelque difiérence,ce n est qu’une minutie astronomique qui n’a aucunester sensible.
Ce point etant fixé à un point permanent de I’hori-son, il s’ensuit que tous les hommes placés fur unmême méridien ne voient pas tous l’orient ou l’occi-dent d’été fur le même rumb de bon fiole , quandmême il n’y auroit aucune variation de l’aimant danstoute l’étendue de ce méridien depuis le pôle arctiquejufqu’à féquateur.
Tropique, adj. Année Tropique. C’est le temps que lesoleil, ou plutôt la terre , emploie à parcourir l’éclip-tique. Le temps écoulé entre les deux équinoxes estla grandeur de 1 année. Les observations de l’équinoxeservent donc à trouver la grandeur de Tannée solaire.Au lieu d’oblerver l’équinoxe, Méton détermina au-trefois f arrivée du soleil au Tropique du Cancer par1 égalité des ombres observées avant & après le Solstice.Institut. Aflronom. p. 468. L’année tropique est un peumoins longue que l’année íydéréale, le mouvementdes etoiies n ayant pas été apperçu avant Hipparque.Institut. Astronom. p. 601.
Tropique, h m. & f. Nom de secte. Tropicus , a. SaintAthanale , dans la lettre a Serapion, donne le nom deTropiques aux Macédoniens, que 1 on appeîoit Pneu-matomaques en Orient, & Patropafllens en Occident.Voye\ ces mots. Ce Saint les nomme Tropiques , par-ce qu’ils prétendoient expliquer l’Ecriture par des•tropes, des figures de discours. Car en Grec 7 §W un
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trope , de 1 %Wt> , verto , signifie une figure , une ma-nière de parler, par laquelle on détourne un mot deson iens naturel, pour lui en donner un autre.
TROP 1 STE. f. m. &f. Nom de secte Hérétique qui veutqu’on prenne figurément les paroles de l’Euchatistie,qui veut qu’ìl y ait un trope, c est-à-dire, une figure.Tropifta.
TROPITE. f. m. & f. Nom de secte. Tropita. Les Tro-pìtes font, selon Phi astrius, C. 2.3. des Hérétiques quidisoient que le Verbe s’étoit changé en chair ou enhomme, & par conséquent qu'il avoir cessé d’êtreDieu en s’incarnant. Ils se fondoient fur ce mot deSaint Jean, mal entendu : Le Verbe s’est fait chair ,comme si cela signifioit que le Verbe s’est changé enchair, & non pas s’est revêtu de notre chair, de notrenature ; ou qu’un pareil changement fût possible.
TROPOLOGIQUE. adj. m. & f. gui est figuré. Tropo-logicus, jeu figuratus. On trouve un sens tropologiqueà í’Écriture-Sainte. Le serpent d’airain dans un sens tro-pologique nous figure la Croix ; la Manne nous figurel’Eucharistie.
Le sens mystique de l’Ecriture se soudivise en allé-gorique, en tropologique ou moral, & en anagogique.Le tropologique est celui qui, caché sous l’écorce dela loi, a pour objet quelque vérité qui inréreíîè lesmœurs & la conduite des hommes. Comme quand ilest dit, non alligabis os bovi trituranti. Vous ne met-trez point de muselière au bœuf qui travaille à séparerle grain d’avec la paille. Voye\ Trituration. Moyfefait cette défense , parce qn’fi est juste que le bœufmange du grain qu’ii est occupé à fouler. De cette loion conclut avec Saint Paul qu’il est juste que les Mi-nistres de i’Evangile lbient nourris aux dépens de ceuxqu’ils instruisent. Voilà le sens tropologique.
TRQPPAW , ou OPPAW. Nom d une ville avec uneancienne citadelle. Oppavia , Troppavia. Elle est dansla Silésie , au confluent de l’Oppa, du Mohr & del’Holnitz. Elle est capitale du Duché de Troppaw ,situé aux confins de ia Moravie, dont il étoit autre-fois une partie. Mat y. Long. 25. d. 44'. lat. 50. d. 6'.
TROPPIA, TRIOMPA. Nom d’une vallée. La vahéede Troppia. Troppia , ou Triumpa vallis. Petit paysdes Etats de Venilè. U est le long de la ri vière de Mê-la, dans le Brestàn, à sept lieues de Brescia, vers lenord. Ce pays conserve le nom de ses anciens habi-tans que l’on appeîoit Triumpilini. Maty.
TROP PLEIN. f. m. Ce qui est trop plein, ce qui sura-bonde. La Renelle de Rouen n’est plus aujourd huique le trop-plein des fontaines ; ce ruíflèau coule sousle pavé , & on fa abandonné aux Tanneurs. Dejcript «Géogr. b Hist. de la Haute-Norm. tom. z. p. zz.
TROQUE, adv. Vieux mot qui fe trouve dans Villehar-douin, pour dire, jusques à. Voye £ Trosque.
Troque, f. f. Synonyme de Troc, échange usité dansles colonies du Canada. Aller faire la troque avec leshabitans de Québec, de Montréal, &c. D ici- de Comm.
TROQUER, v. a. Changer une chose pour une autre ,faire un troc. On dit au Canada faire la troque. Mu-tare aliquid aliquá re , permutare , commutare. Il fedit, de même que le substantif troc, pour les chosesde service & pour les meubles. Troquer une tabatièrecontre un tableau. Il a troqué ses chevaux contre uncaroílè. Je voudrois bien troquer avec vous ; mais jen’ai rien à troquer.
En parlant d un homme qui a fait un mauvais mar-ché , cherchant à en faire un bon, on dit proverbiale-ment qu’il a troqué ion cheval borgne contre unaveugle.
On le dit auíii en morale. Il a si bonne opinion deson esprit, qu n ue voudroit pas le troquer contre celuide Virgile, ou de Cicéron. Ce Philosophe est si con-tent dans fa pauvreté, qu’il n e voudroit pas troquesfa fortune contre celle d’un Souverain. Pour fe troquesavec un Prince, il demanderoit du retour. Mai.
Vautre , pour mines d’or,
Ne troqueroit j' a ve i ne poétique.
Duc DE S. AlGN.