Band 
Tome huitieme. [THA - Z.]
Seite
222
JPEG-Download
 

mi T R O

des trous. Òn a bouché tous les trous des terriers. Ia mis ie pied dans un trou , il s’est fait une entorse.

On dit aussi, qu’un enfant s’est fait un trou à latête en tombant, pour dire , qu’il s 'e st fait une plaie,que la chair est entamée. Cadendo capiti vulnus intulit.

Trou, en termes d'Architecture , se dit de toute cavitéen pierre & en p âtre, creusée carrément , dans la-quelle on scelle des pattes, gonds, barreaux de fer,&c. & que les Tailleurs de pierre & Maçons mar-chandent par nombre à chaque croisée , porte, vi-trail , &c. DavileR.

Trou de Boulins. Voye-q Boui.in.

Trou , se dit d un creux ou d un puits, dune carrière,d une marnière. Puteus, fodina , margi fodina. On afait boucher les trous de cette marnicre, où il étoitdangereux de tomber. On a tiré bien de la pierre decette carrière, qui est encore íur le trou, pour dire,aux environs. Il y a un certain lieu en Irlande qu onappelle le trou de S. Patrice, ou le Purgatoire de S.Patrice. Vbye\ ces mots.

Trou , fe dit hyperboiiquement, d’un lieu fort étroit,où I on n’est pas à ion aile. Locus anguflus. On estbien heureux à 1 armée quand on trouve quelque troupour fe loger. Cette Église ne peut pas contenir tousles Paroissiens, ce n est qu’un trou. Cette forteresse estbien importante, & cependant ce*n’est qu’un trou.

On fe sert de cette expression figurée pour marqueravec une espèce de mépris la petitesse d’un lieu habi-table.

Au jeu de trictrac on appelle trou , l’avantage dedouze points. Celui qui les a gagnés les marque parun ficher qu’il met dans un trou. On marque deuxtrous quand on prend douze points bredouille. Autrictrac la partie est de douze trous.

A la paume il y a un petit trou à fleur de terre ducôté du service ; & quand une chasse est au pied d umur, on dit au trou, ou à fais, c’est-à-dire, qu’il fautdonner dans l’un, ou dans l’autre pour la gagner. Lejoueur qui met dans le trou de volée ou du premierbond gagne quinze.

On dit figurément & familièrement, boucher untrou, pour payer une dette. Vos atìaires croient assezdélabrées, & mon argent a servi à reboucher d’aflezbons trous. Mol. Ad ruinas rejarciendas.

Trou , fe dit proverbialement en ces phrases. Une sou-ris qui n’a qu’un trou, est bientôt prise. Qui taritùmunum habet effugium , citò capitur. Pour dire, qu’ilfaut avoir plusieurs moyens ou reuources dans les af-faires pour y entrer, ou en sortir. On dit d’un igno-rant qui nh pas vu le monde, qu’il n’a jamais rien vuque par !e trou dune bouteille. Platon voulant décrireun homme niais , impérit & ignorant, le compare àgens nourris en mer dans les navires, comme nous di-rions , à gens nourris dans un baril, qui oncques neregardèrent que par un trou. Rabelais. On dit d’unhomme qui a peur, qu’ii ie foureroit volontiers dansun trou, qu’on lui boucheroit le trou du cul d un grainde mil. On dit d’un ivrogne , qu’il boit comme untrou-, d’un banqueroutier, d’un fugitif, qu’il a fait untrou à la nuit, un trou à la lune : & de celui qui trouveà toutes les objections des échappatoires , autant detrous que de chevilles, ou autant de chevilles que detrous. A petit trou petite cheville, pour dire , qu’ilfaut que les choies soient proportionnées. On dit d’unhomme qui n’est bon à rien, qu’il est bon à mettreà un trou par où rien ne passé. Tu ne faurois tant fairede trous, que je n’y mette autant de chevilles. Mas-cur. F aire le trou plus grand qu’il n’est. Id. C’est aug-menter un mal, un inconvénient. L’on met souvent lapiece auprès du trou. Id. On dit aussi de celui qui vavite en besogne, qu<ss a fait en deux coups fix trous .-proverbe tire du jeu de Trictrac.

Tfiou Botal. Terme d Anatomie. Trou ovale qui fetrouve dans le cœur du fœtus, & qui fe bouche aprèsla naissance. Foramen botalli, foramen ovale. Il estau-dessus de la veine coronale , ou coronaire, près del'oreillette droite du cœur, & passé droit dans l’oreil-lette o-auche. Léonard Botal d’Aste en Piémont, quivivouTen 1562 , a décrit plus exactement qu’on n’avoit

TRO

fait jufqu’aîors, les routes du sang dans Ie fœtus, dunombre desquelles est le fameux trou ovale , appelévulgairement trou Botal, & dont la fonction a faitnaître tant de disputes entre nos Anatomistes modernes.Botal a prétendu que dans le fœtus le sang passoit parce trou de l’oreillette droite dans la gauche. Voye^ ionTraité du Catharre, vers la fin.

Trous d’Amures. Terme de Marine. Vbye\ Amure.

Trous d'Ecoutes. Trous ronds, perces en biais dans unbout de bois, par où passent les grandes écoutes.Voye1 ce m or.

Trou , en Jardinage. Ouverture que Bon creuse en terrepour y planter un arbre. On les sait ordinairement car-rés, plus ou moins larges, & plus ou moins profonds,suivant la force de l’arbre & la qualité de la terre. Onfait ouvrir les trous longtemps avant la plantation,afin que la terre plus longtemps exposée à faction dusoleil, s’impregne des vapeurs de l’air, des soufres,des sels, & généralement de toutes les parties quicontribuent à la végétation.

Trou de chou. Voye\ Trognon. Scapus cauli.

TROUBADOUR, f. m. Nom que l’on donnoit autrefois,& que l’on donne encore aux anciens Poètes Proven-çaux. Pceta Provincialis. Les Poètes Provençauxétoient appeiés Troubadours , à cause des inventionsqu’ils trouvoient. Et leurs Poésies consistoient en Son-nets , Pastorales, Chansons, Syrventes ou Satyres quiétoient fort de leur goût, & en Tentons qui étoientdes disputes d’amour. Jean de Notre-Dame, appelécommunément Nostradamus, a fait un ample discoursfur ces Poètes. Il en met soixante & seize. Pasquietavoit un ancien écrit qui étoit un extrait d’un ancienLivre qui avoit été au Cardinal Bembo, & portoitpour titre , Los noms daquèls qui front Tenjòns &Syrventes : 8c cet écrit en comptoir quatre-vingt-seize,ajoutant ceux que Nostradamus omet, & en omettantaussi quelques-uns dont Nostradamus parle ; de fortequ’en les confrontant & les réunissant, on en trouvoitcent vingt & plus, entre lesquels il y avoit des Empe-reurs, des Rois, Marquis, Comtes , comme Frédéric IEmpereur, Richard Cœur de Lion, Roi d Angleterre,la Comtesse de Die, Raimond Bérenger , Comte deProvence, un Roi d’Arragon, un Dauphind’Auvergne,un Comte de Poitou , & les principaux Seigneurs dela Cour ; non qu ils eussent composé des Poèmes en-tiers en Provençal, mais quelquefois quelques Épi-grammes. Pétrarque parle avec éloge de plusieursTroubadours, au IV e Chapitre du Triomphe d’Amour.Les Poètes Italiens ont pris les plus belles pièces desTroubadours. Pasquier dit que Dante & Pétrarque sontles fontaines de la Poésie Italienne, mais fontaines quiprirent leurs sources de notre Poésie Provençale. Voye £les Recherches de cet Auteur, Liv. VII. C. 4. les Mem.deTrév. ann. 1711. p- 474- Nostradamus, Histoire deProvence, p. 2-59. Bouchel, dans son Histoire de Pro-vence, T. II. L. IX. Sect. II. C. III. §. j. p. 142, dit quece fut fous le régné de Raimond Bérenguier II, &Raimond Bérenguier IIP du nom, Ponde & le neveu,Comtes de Provence, c’est-à-dire , vers le milieu duXII e siècle que commencerent à fe fair» estimer partoute l’Europe , les anciens Poètes de Provence, qu’onnommoit Troubadours ou Trombadours, TrouveourSyTrouvères , Trouveurs, &c. parce qu ils s’accompa-gnoient d une trombe ou trompe, en chantant leursvers: d autres font venir ces noms du mot trouver,inventer, parce que ces Poètes avoient beaucoup d’in-vention. Un Jean Nostradamus, continue-t il, Procu-reur au Parlement de Provence s’est rendu fort recom-mandable en la recherche de la vie des Poètes de cetemps-là, en ayant compose un petit Livre imprimé »que César de Nostradamus son neveu a puis aprèspresque tout insere & copié dans fa grande (8uvre del’Histoire de Provence , où l’on peut voir le nom, I avie & quelques pieces des Poètes Provençaux de cetemps-là. Mais Bouchel ne croit point que l’EmpereurFrideric Barberousse , ni Richard Cœur de Lion, R°jd Angleterre, soient du nombre des Troubadours, ssdit encore au meme endroit, Sect. III. C. 3. §. ;6r,que sous le régné du Rçss Robert, vers le milieu du