I
zz 4 T R O
premier possesseur de le faire. De droit, quaud, sans•s’oppofer à fa jouissance, on interrompt feulement fapossession par quelque acte juridique , pour empêcherla preseription.
On dit proverbialement d’u n homme fans esprit &fans malice, qu’il ne fait pas seau troubler.
Troublé , à part. Voyez le verbe.
TROUCHET. f. m. Terme de Tonnelier. Voyez Tron-
CHET.
TROUCI, sor l’Ailette. Nom de lieu. Truccia. C’estun village du Soissonnois , que quelques-uns pré-tendent être le lieu fameux par la victoire que Clotaireà sage de dix ans & fa mere Frédegonde, rempor-tèrent en 55) 3, fur satinée de Childebert. D’a utrescroient que le lieu où cette bataille fe donna, appelépar nos Historiens Truccia , est Droifi ou Druifi.TROUDELÉ, ée. Vieux adj. dont les vers fuivans vontapprendre la signification :
Tapez * trompez , tourmentez, troudelez,
Brisez , riflez , tempêtez > triboulez ,
Pelez* coulez , épandez, éperdus,
Rongez, pensifs, tondus patibulez,
Pris & Jurpris, pillez & petellez-
M f. ancien cité par Boreî.
TROUÉE, si f. Ouverture faite dans l’épaisièur d’unehaie. Acad.Fr.
Le lièvre êtoit gbê dejsous un maître chou ,
On le guête, on le lance , il s’ensuit par un trou,Non pas trou, mais trouée, horrible & large plaieQue l’on fit à la pauvre haie.
Fables de la Font. part. i. liv. 4. fabl. 4.
Trouée, fe dit aussi d’un espace vide, qui perce tout autravers d’un bois. Nos troupes firent une trouée dansle bois, & défilèrent par-là.
TROUER, v. a. Faire un trou. Perfodere , forare. Lesprisonniers ont troué, percé la muraille pour le sau-ver. Il faut trouer cette courroie pour y palier uneéguillette. Les vers trouent souvent les navires, & lesmettent hors de service.
Troué , ée. part. Ce pourpoint est troué par le coude.Pertusus , perforatus.
TROUEYRE, ou TRIEURE. Nom de rivière. Triobris.C est une petite rivière de France, qui a sa source auxmontagnes de Cévaudan, 8 c coule dans le Rouergue.Sidonius Apollinaris en fait mention, Car/n. ^CXiV. v.zi. fur quoi Savaron dit qu’on f appelle en FrançoisTrébohz. Le P. Sirmon, fur le même, dit qu’il fenomme encore aujourd’hui Trobris ; cela s’entend enLatin. Sanfon f appelle en François Trueyre , dans fescartes.
TROUGNON. Voyez Trognon.
TROU-MADAME. f. m. Espèce de jeu, où l’on joueavec de petites boules ordinairement d’ivoire , qu’ontâche de pousser dans des ouvertures en forme d’ar-cades, marquées de différens chifìres. Jouer au trou-madame. C’est, dit Richelet, une forte de jeu de bois,composé de treize portes & d autant de galeries, au-quel on joue avec treize petites boules."
On appelle du merne nom , l’espèce de machine ou-verte en forme d arcades , dans lesquelles on poulieles boules. Acheter un trou-madame. Rien. Placer untrou-madame fur un billard. Acad. Fr.
TROUPE, si f. Terme collectif qui fe dit d’une multi-tude de gens aslèmblés. Une troupe de paysans. Unetroupe de nouvellistes. Une troupe de voleurs. Turma ,turba, grex. On le dit egalement des animaux.
On dit, aller en troupe marcher en troupe , en par-lant d’un grand nombre de personnes qui vont decompagnie. Les Pèlerins vont en troupe. Turmatim ,gregatim, catervatim. Quelques animaux vont entroupe, pat troupes.
On appelle troupe de Comédiens, un certain nom-
TRO
bre de Comédiens associés pour jouer la Comédie estpublic.
Troupe, bande, compagnie, synonymes. Plusieurs per-sonnes jointes pour aller ensemble font la troupe. Plu-sieurs personnes séparées des autres pour fe suivre &ne fe point quitter, font la bande. Plusieurs personnesréunies par {'occupation, Remploi ou l’intérét, font lacompagnie. Syn. Fr. Une troupe de Comédiens. Unebande de voleurs. La Compagnie des Indes. Se sépa-rer de la troupe pour faire bande à part.
Troupe. Corps d’infanterie chez les Romains, composéde trente hommes. La Légion étoit composée de deuxcens troupes y de soixante centuries , de trente mani-pules , & de douze cohortes. Voyez le mot Légion.
Troupes , au pluriel, so dit des gens de guerre en géné-ral , d’une armée. Copias. On fait marcher les troupesen Flandres. Le Roi a fait lever beaucoup de troupes.Les troupes défilent. On a mis les troupes en quartierd’hiver. On a licencié les troupes.
Troupes d’infanterie, troupes de Cavalerie, troupeslegeres, troupes auxiliaires. Voyez ces mots. Il y a destroupes qui combattent à pied & à cheval, suivant l’oc-casion, comme les Dragons. Voyez ce mor. Les troupesd’infanterie sont partagées par bataillons, celles de Ca-valerie par escadrons. Voyez ces mots.
Troupe, en style de Poésie, on dit, la troupe céleste, latroupe immortelle, pour dire, l’assemblée des dieuxdu Paganisme. Acad. Fr.
On dit proverbialement, que les érourneaux sontmaigres, parce qu’ils vont en troupe , c’est-à-dire,qu’ils ne trouvent pas astèz de quoi le nourrir.
TROUPEAU, si m. Troupe d’animaux d’une même ef-pcce , qui font dans un même lieu ; bétail qu’on as-semble pour le nourrir & le mener paître. Grex, en
, parlant du menu -bétail ; armentum en parlant dugros bétail. Dans les métairies il faut avoir des trou-peaux de brebis, de moutons, de bêtes à laine, pourles faire valoir. Les troupeaux de bêtes aumailles, fontdes bœufs & des vaches. Les anciens Patriarches étoientriches en troupeaux. Les Héros des Bergeries gardentles troupeaux.
Ce mot vient du Latin turbella.
Quand on dit absolument troupeau, on entend pourl’ordinaire un troupeau de moutons, de brebis.
On le dit par extension de quelques autres animaux.Un troupeau d oies, un troupeau de dindons.
Troupeau , fe dit figurément en choies spirituelles 8 cmorales. Les Prélats & les Curés font des Pasteurs quiont foin de leurs troupeaux , du salut des âmes com-mises à leur conduite. Il a ramené au troupeau la bre-bis égarée.
Troupeau, dans ce sens, signifie le peuple d’un dio-cèse ou d’une paroiíse.
L’Eglise est appelée le troupeau de Jéfus-Christ.
Les Hérétiques font valoir leur grand nombre, pourpeu qu ils en aient de sujet. Mais ordinairement laProvidence ne permet pas qu’ils fassent le plus grandnombre, & souvent mente ils sont divises entr’eux,& ne s'entendent qu’en un point, qui est de haïr lalumière, & de vomir leur rage contre l’Église. Ils fecomparent au petit troupeau, & on appelle leur soclele petit troupeau. Jéfus-Christ dans l’Evangile n’a don-né le nom de petit troupeau qu’au petit nombre deses Disciples, & non pas à son Eglise. Il a toujours eupeu d’Apottes, peu de Disciples; niais Ion Eglise dèsle jour de sc Pentecôte fut tres-nombreuse ; il y eutdes Parthes, des Medes, des Grecs, des Romains, &c.C’est pour cela qu un des caractères de l’Église estd’être Catholique oc Universelle.
TROUSQUlN. Voyez Troussequin. Pofiicus EpluppU
arculus.
TROUSSE. 1 . E Eípece de haut-de-chauíïè relevé qui- pend point en bas 3 qui ferre les fesies & les cuisiès »tels qu etoient ceux qu’on portoit au seizième siècle*Bracctë* On Je dit plus ordinairement au pluriel. Lestroujfes Hiabit de cérémonie des Cheva-
liers de 1 Ordre. Quand on présente les Pages au Roi»ils ont leurs troussés ; & G n dit qu'ils ont quitté lestrousses j quand ils font sortis de Page.
* Aux