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Tome huitieme. [THA - Z.]
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On écrivoit jadis treubs , d’où est venu treu t detribut. Borei.

Qu’ils me retiennent le treu,

Que chacun homme moult deue. R. de la Rose.

Voye\ Treu dans le Supplément au Glossaire duRoman de la Rose, & lisez tout l’article, qui est cu-rieux.

*Tru, ou Treu , a une toute autre signification en Cham-pagne , ou son s’en sert pour dire, rien. Cet Officiers’attend à une pension , mais il aura le treu , c’est-à-dire , il n’aura rien, il fera frustré de son attente.

Tru , se dit aussi dans la Coutume de Bourgogne, d’undroit qui appartient au Seigneur de la terre , oh unebête qu’on chaste aura été abattue, quoiqu’elle ait étélevée fur la terre du Veneur ou Chasseur qui la pour-suit. Vbye ç Ragueau. Jus venatorium. Ce droit appar-tient au Seigneur Haut-Justicier du lieu ou la bete au-ra été abattue 5 & il lui doit erre porte & baillé 5 s il eítau lieu, ou à ses Officiers.

Tru , est aussi un vieux mot Picard, dont on a fait enFrance le mot de trou, & les Artisans le mot de treuil,qui signifie un cylindre qui se meut sur deux pivotsròulans dans deux trous. Cylindrus bis cuspidatus.

Tru , ou Treu , s’est dit aussi pour un trou. Borel.

TRUAGE. s. m. Vieux mot. Dans Alain Charrier. Cefont des tailles ou grains & viandes pour le pastis, lepast, ou la nourriture des soldats. En un mot c’est unimpôt, abrégé de tributage. Borel. Tributum.

Maurice le beau Chevalier,

Tu es mort, hélas que feraige!

Je ne te puis vie batiller,

Ne susciter, ne conseiller,

Tu as payé mortel truage.

Art de Rhïtoriq. ancien.

Martial de Paris dit d’Auvergne, ès Vigiles deCharles VII.

(

Las du bon temps dufeu Roi le très-sage!Point ríy avoit en tant de lieux truage,

Ni de subsides.

Bible Hist. Ms. Que Saíemon ne chargeât son peuplede nul servage & truage. Ce que la Coutume de laMarche appelle rente sèche, est ce que les Anciens ap-peloient proprement truage. D’autres l’expliquent 1comme qui diroi ztrouvage, comme est le droit d e-pave, & de ce qu on trouve au bord de la mer; maisce n’est pas la bonne interprétation. On difoit aussi,Truaige , trus, trucs, & tréhus , pour tribut. Pasquier,citant les grandes Chroniques de France , d’où il dé-rive truanger , c’est-à-dire, piller & gourmander, &fouler. Trucs , signifie aussi des coups en Languedoc.Borel.

TRUALTÉ. f. f. Vieux mot. Gueuserie. Borel, Men-dicitas.

TRUAND, ande. s. Vagabond , vaurien, qui fait mé-tier de gueuler, qui gueuse par fainéantise. Mendicus.

Quand je vois tous nuds ces truands,

Trembler fur ces fumiers puants ,

De froid , de faim ; crier & braire.

Conte ne fais de leur affaire. R. de la Rose.

Le Catholicum parvum le dérive de trutanicus. Ni-cod le prend aussi pour un bouffon ou bateleur.

Moult fut fouts & foutivans,

Guilen chapuis & bons truans,

Qui les blancs chaperons trouva ? Bible Guyot.

De paroles fe vont huant,

Trop l’ont trouvé nice & truant.

Et prie & requiers & demande,

Comme mendiant à truande. R. de la Rose.

Truande se difoit encore dans le dernier siècle pour sa-lope.

Ah! truande , as-tu bien le courage,

De me faire cocu à la fleur de mon âge? Mol.

Ce mot est fort ancien. L’Abbé Guibert, en sonHistoire de Jérusalem, représente la vie & les gestesdes gueux & truands qui suivirent farinée croiséequ’il nomme Trudents. Leur Capitaine fut un Cheva-lier de Normandie qui le fit nommer le Roi Thajùr ;& il remarque que ces gens firent grand peur aux Sar-rasins , qui craignoient fort de tomber entre leurs mains*parce qu’ils étoient anthropophages. Cette Royauté atoujours continué depuis ; & à présent les gueux déFrance nomment leur Roi le Grand Cofroé, ou GrandCoire , & le Roi de Thunes, comme on voit dans lsjargon de l’argot. Pasquier , Ménage , & du Gangsaprès lui, prétendent que le nom de truand vientd’un vieux mot Gaulois treu, trud, ou trus, qui signi-fient tribut , dont l’excès, & la pesanteur, disent-ils,avoient réduit bien des gens à la mendicité. Mais ilsse trompent, parce que ce nom est bien plus ancien,car les tailles ne furent imposées que du temps de S.Louis, outre que leur libertinage les rendoit exemptsde toutes impositions. C’est pourquoi d’autres disentqu’il vient de molœ trusatiles, qui signifient les mou-lins à bras, qui étoient tournés par des gueux & desmisérables avant l’invention des autres dont on se sert.D’autres croient que ce nom vient d’un oiseau demarais qui a le pied d’oie & la taille d’un cygne, queles Latins appellent truo, & les Grecs cv&kçotco.òç -, parceque cet oiseau a une bourse tenant à la partie infé-rieure du bec , qui descend en poche ou beíace, OUil ramastè toutes les bribes qu’il trouve pour les reti-rer & manger à loisir : ce qui a fait qu’on a nommétruands, les gueux qui font la même chose. Bord ditque ce mot signifioit autrefois gens de pied , & desgens mal-propres & sales. Voici ses paroles : TruantSc truander , & truandaille , c’est-à-dire, gens de pied ;& truanderie fe prend comme pour des souillons, &comme qui diroit Tripiers : d’où vient la rue de laTruanderie, ou de Trutenarice. Caron J’appe'oit vi-cus Trutenarice , selon le Chartulaire de S. Lazare,près Paris.

D’autres dérivent ce mot de l’Allemand thurtit,qui signifie gueux , comme dit Lipse. Boxhornius croîtque truand est un vieux mot Breton qui signifie misé-rable. Bovillus dit qu’il vient de trua , qu’il dit être unvaisseau ou ustensile de cuisine qui sert à verser de l’eau,à cause que les truands aiment fort à fréquenter lacuisine. D’autres le dérivent de trufa , qui signifiefraude , parce que ces gens-là font larrons & filoux.Du C ange dit qu’on les a appelés dans la balle latini-té trutanus, trudanus, trutanicus , Sctrudennes. Cemot pourroit venir aussi de truillon, qui en langageCeltique ou Bas-Breton signifie guenille.

On appelle truands en Espagne, les Bouffons, Ba-teleurs, Joueurs de gibecière, & Faiseurs de tours depasiè-paste.

Il y a quelques Coutumes qui font mention d’uncens truand , dormant, ou mort ; c’est-à-dire, qui neporte aucun profit, ni droits seigneuriaux, qui n’estqu’une eípèce de rente roturière. D’autres croient queles cens truands font des cens à quête, dont il estparlé dans la Coutume de Blois, & de Soême ; c’est-à-dire, que le Seigneur est obligé d’en envoyer faire l acollecte ; & ces Collecteurs s’appellent Treuens. Dansla Coutume de Soême article 3, les cens truands nefont que doubler, & ne portent point de lods & ventesen cas d ouverture. Quant à la mutation de nouvelacquéreur, il n est dù au Seigneur cenluel que le r l. eu& cens annuel & accoutumé fans autre pront -