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Tome huitieme. [THA - Z.]
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compliment, est Pline le Jeune, qui s’en est servi dansune Lettre à l’Empereur Trajan. Les Gaulois qui ontformé leur Langue du Latin, en ont pris cette ma-nière ; & relervant le vos à ceux qui avoient quelque

Í irééminence, ils usoient de tu avec leurs égaux, oueurs inférieurs. Pasq.

Vous voulez bien que je vous demande votre avisfur ie tu & sur le toi dont se servent nos Poètes envers ? Madame la M. de Sablé ma dit quelquefoisqu’elle ne pou volt le souffrir. Le Latin le dit en vers,parce qu'il le dit en prose : mais il n’en est pas de mêmede notre langue , qui ne parle par tu & par toi qu’auxvalets & aux petites gens. Ce qui est st vrai qu’unamant ne dit jamais à fa maîtresse ni tu, ni toi. C’estfans doute par respect. Et Ton prétend qu’on peut ledire au Roi & à Dieu même? Si j etois d’humeur àdécider, je dirois que cela me choque; mais j’attensVotre sentiment sur cela. Le P. Rabin auC.deBus-sy — qui répondit. Je fuis de votre avis fur le ru & furle toi de notre poësie, & la raison que vous en ditesme paroît bonne, qui est que notre prose ne s’en sertpas. Cet abus s’est introduit ou par la gloire dont laplupart des Poètes font allèz remplis, & qui aiment àtutoyer de plus grands Seigneurs qu’eux, ou bien sou-vent par la nécessité du vers. En amour il n’est pasvrai qu’on ne tutoie jamais fa maîtreílè : mais vousn’êtes pas obligé de savoir cela. En vers c’est un abusque les honnêtes gens ne sauraient souffrir; L pourmoi j’aimerois mieux traiter un valet de vous , quede tutoyer un Prince.»

Le même M. de Bufíy demande si l’on doit se tu-toyer en amour, & après avoir dit que cela est indif-férent , il finit par ces vers :

Le vous me paroît plus galant,

Mais je trouve le toi plus tendre.

On peut dire en général qu’on se sert de tu ou devous suivant les occasions, suivant qu’on veut expri-mer les mœurs, le caractère ou les passions des per-sonnes. Nos bons Traducteurs mettent ordinairementtu quand il est question de faire sentir de l’audace, dela colère, du mépris, ou un caractère étranger. Par-tout ailleurs ils emploient vous. Un Scythe parlantà Alexandre dirait tu. Il serait ridicule de faire parlerun Cynique par vous. Un Quaker ne connoît que le tu.

TUA

TUABLE. adj. de tout genre. Qui peut être tué, qui estdigne de mort. Ce mot ne lê peut dire que dans lestyle familier & comique. !

TU AGE. f. m. Terme de tueur de cochons. C’est la peinede tuer un cochon, & de l’accommoder. Le tuage d’uncochon coure vingt fous.

«S TUAL. s. M. Nom qu’on donne dans les Moluquesà une liqueur blanche qui découle d’une espèce de pal-mier par les incisions qu’on y fait. Elle est très -douce,quand elle est nouvelle. Par la fermentation elle de-vient une liqueur forte.

ÎUAM, TOAM, TOWMOND. C’étoit autrefois unevì% considérable de l’Irlande. Tuama , Tuamum,Tuvomontium , Thmtmonia. Elle étoit capitale de laConnacie, ou province de Connaught, & située à septlieues de Gallowai, vers le midi. Elle est maintenantr eduite en village, mais elle conserve le titre d’Arche-veche. Au reste on la trouve dans la Carte de Sanson& dans celle de Witt, au nord de G allô w ai, & nonpas au lud; mais il y a apparence que c’est une erreur.Maty.

TUANT, ante. Participe du verbe tuer. Perimens, in-terficiens , necans, enecans. Alexandre, dans Ja chaleurde Ia débauché , tuant \ un de ses premiers Capitaines,a terni une partie de la gloire.

Tuant, ost aussi un adjectif qui signifie, fatiguant, pé-nible, incommode. Opero/us, difficilis , incommodus.Les chemins des montagnes font fâcheux & tuans.Cet enfant est tuant, il veut être toujours pendu au

TUA TUB

cou de fa mere. L’entretien d’un plaideur est tuant ,il ne parle que de ses procès. Bon dans le style familier.

TU- AUTEM, f. m. Façon de parler balle, empruntée duLatin , & dont on se sert pour signifier le fin, le secretd’une affaire. Difficultatis , vel negotii nodus, caput ,cardo. Il en sait le tu-autem. Voilà le tu-autem. Voilàbien un autre tu-autem. Cela vient de ce que les Le-çons de EOffice Divin finiflènt par Tu autem , Domi-ne , miserere nobis , ou que le Lecteur de table dansles Couvens finit par les mêmes paroles, fa lecture.Tout le tu-autem , c’est-à-dire : tout le contenu depuisle commencement jusqu’à la fin. Rabelais l’emploieL. I. Ch. 13. &L.II.Ch. n. Remarq. fur la Sat. Men.

TUB

TUBAN. Nom d’une ville capitale d’un petit Royaumede même nom. Tubanum. Elle est fur la côte septen-trionale de l’île de Java en Asie. Elle a un bon port,à vingt-cinq lieues de Japara, vers le levant. MatY.

TUBE. f. m. Terme de Mécanique. Tuyau, conduit, ca-nal de plomb, de fer, de cuivre , de verre, de carton»de bois, par oú l’air & les choses liquides paííènt, &ont une iiîùe libre. Tubus , canalis plumbeus , ferreus,œneus , &c. vel cuniculus , fistula. Il ne se dit guèreque des tuyaux qui portent les verres des grandes lu-nettes , & généralement de ceux dont on ie sert pourfaire des expériences & des observations en Physique,en Astronomie. Dans les matières ordinaires on dittuyau. La difficulté de faire de grandes lunettes, n’estpas à travailler des verres, mais à faire des tubespootles porter. Le tube de la grande lunette del'Observa-toire de Paris est de soixante & dix-sept pieds. On n ss’en sert guère. Il y en a un autre pour une lunettede quarante cinq pieds , dont J’usage est plus aisé &plus ordinaire. On a trouvé le moyen de se servir desverres de longue vue fans employer de tubes. C’estpar le moyen de tubes de verres bouchés hermétique-ment par un des bouts, que l'on prouve l’existence dela matière subtile. Le d’un Baromètre, d’un Ther?momètre.

Tube d'Émailleur. Tuyau de verre, gros & long à vo-lonté dont ces Ouvriers íè servent pour aviver le feude leur lampe en le soufflant à la bouche, lorsque leursouvrages n’étant pas de longue haleine, ils ne veulentpas se servir du soufflet à émailier. Ils ont encore di-vers tubes de verre pour souffler & enfler l’émail, demême que les Verriers se servent de la selle ou sar-bacane pour souffler le verre.

Tube, en Botanique. Tubus. Tuyau ou cilindre creux»On emploie ce terme pour differentes parties deSplantes, mais singulièrement pour les fleurs monopé-tales, qu’on nomme flores tubulati, fleurs en tuyau,fiofculus tubulatus. On le dit aussi des feuilles -, foliumtubulosum ou tubulatum, fistuleuse.

TUBÉRAIRE. f.s Tuberaria , ou Helianthemum plan-taginis folio perenni, c est une espèce d'Hélianthème,plante qui pouffe une tige à la hauteur de plus d’unpied, ronde, environnée en fa partie d’en-bas d’uncoton blanc, & garnie de feuilles nerveuses , oppo-sées l’une à l’autre, semblables à celles du plantain »mais couvertes dessins & délions d’une laine blanche.Sa sommité se divise en plusieurs petites branches quisoutiennent des fleurs à plusieurs feuilles jaunes j, aux-quelles il succede un fruit presque rond, qui còntientdes semences presque rondes. Sa racine est ligneuse-Cette plante estdetersive & astringente ; elle croît au*lieux montagneux & chauds.

TUBERCULE, f. m. Tuberculum. Ce mot signifie, ainsique le phyma, toutes fortes de tumeurs contre na-ture, qui s elevent à l’habitude du corps , par unecauso interne : en particulier il so prend pour une tu-meur mediocre , plus considérable que la pustule ; 011pour des tumeurs inflammatoires qui naiílènt auxglandes, & qui tendent à la suppuration. Fernel metau rang des Tubercules le charbon, le furoncle, le ter-minthe, la glande, le nodus. Tuberculum , petite tu-meur, est un diminutif de tuber , qui signifie truffe ,