TUE TUË m
On ne le dit point non plus des morts violentes or-données par la Justice. On ne dit point qu’un bour-reau tue un criminel ; on dit en ce sens exécuter.
Ce mot vient du Grec 0w»> immolo , maclo. Nicod.Ménagé prétend qu il vient de tutare , fait de l’Alle-niand toten, dérivé de todt, qui signifie mort. D au-tres le dérivent du Latin batuere , d oi\ on a fait auffibattre.
Tuer, en parlant de quelques animaux, synonyme d as-sommer , égorger. Tuer un bœuf, un mouton, un co-chon. Ce boucher tue toutes les semaines tant de bœufs,tant de moutons, tant de veaux.
On dit absolument, ce boucher ne tue qu’une foisla semaine. En style vulgaire on dit qu’un boucher tuedebonne viande, de meilleure viande qu’un autre.
On le dit auíîì d’autres animaux. Tuer on lapin, unlievre, un poulet, une perdrix. Ce Chasseur n’a rientué.
Tuer se dit aussi des infectes & des bêtes nuisibles à
I homme. Il y a des Indiens qui font scrupule de tuer
une puce, une punaise ; ils tachettent un poulet d unétranger, de peur qu’il ne le tue. Les grosses pluiestuent la vermine. ' ,
Tuer se dit auffi des végétaux & des choses inanimées ,qui semblent avoir quelque vie ou duree. Perimere.Ce grand hiver a tué tous les cyprès des jardins. Leschenilles, les fourmis tuent souvent des arbres & desPlantes.
Tuer le feu , !a bougie, la chandelle. Extinguere.Malherbe a préféré le mot de tuer un flambeau, quiést le figuré. à celui d’ éteindre un flambeau, qui est lePropte. Mais cette façon de parler figurée est devenueh commune, qu’elle est aujourd’hui moins noble quePropre. On dit en vers, ainsi qu’en prose, & memedans le discours familier , éteindre un flambeau. Tuerun flambeau, une chandelle, est un terme de Pro-vince, ou du peuple de Paris.
au figuré signifie éteindre, détruire. On dit, cettehgiite en tue une autre : une couleur tue une autrecouleur. Di3. de Peint. Ù d’Arch.
Ainsi quand il y a plusieurs objets de même couleur,& frappés de lumières également vives, on dit quecës objets se tuent, se détruisent, pour dire qu ilss empêchent réciproquement de briller & de concou-rir à fesser total qui devroit résulter de leur union. Deruêirie quand on place des parties lumineuses fur cellesqui étoient ombrées, on dit que le dessous tue le destus.
Tue r s e à hyperboliquement pour fatiguer le corpsJusqu a altérer la santé. Ce travail vous tuera, si vousn y Prenez «-arde. On le dit de même par exagérationP 0u r désoler, tourmenter, fatiguer julqu al exces. Iltue tout le monde avec ses complimens > avec les discours ennuyeux. Les Latins s’exprimoient de meme.\)uem vero arripuit tenet, occiditque legendo. Un Plai-deur íe tue à force de courir, de solliciter. On tue leschevaux à force de les faire travailler, & de les pouster.
II le tue pour rendre service à ses amis, pont plaire ason maître. Je me tue à. vouloir relever des couragesabattus. Vaug. Ce Prédicateur se tue à prêcher, & àfaire des remontrances, & on ne s’amende point.
Ilse tue à rimer, que ríécrit-il en prose ? Boit.
IaP” T, ir r au ®.àns le même sens, se tuer le corps &Tuer / t. V Ue , COr P S à lame à amasser des richestès.Lé nlrb^ bgurément en choses spirituelles & morales.Cn Amanf!? It:e tu f i ame - Necare , perimere,occidere.rigueurs L t que ! ËS * 3eaux yeux de fa Maîtreslè, sesntj e àr mourir. Ne pleurez pas lesle tue no st ui ^ue^les hommes. Vorr. Este le charme,Par un triste regard. Sar.
Et dont leco €mi ^ ' ? ar ^ Vue -»
P mortel vous plaît, quand il vous tue.
Corn,
En styledire
n Ityle d’Ecriture , on dit que la lettre tue ,que les paroles de l’Ecriture, prises trop à la h
pòurroient induire en erreur. Là lettre tue , & 1 esprit. vivifie. Littera occidit , Jpiritus autem, vivificat.
Dans le discours familier, tuer le temps, laire quel-que chose, employer le temps à quelque chose afiitde ne pas s’ennuyer.
Tuer l’eau philosophale. Expression de la Philosophiehermétique; c’est-à dire, la fixer, & dès le momentqu’elle est fixe, les élémens font pareillement fixés : cequi se fait en continuant toujours le feu ; Tere & tru-cida centies , hoc est, continué ; cela s’entend d’abatrre& de tuer sept fois, c est-à-dire, continuellement. Dansle même art, l’on dit, l’un tue faune ; ce font les deuxDragons de flammes, savoir, le'fixe & le volatil, quise détruisent l’un faune; car le volatil rend lë fixevolatil au commencement, & ensuite le fixe rend fixele volatil. Dict. Herm.
Tuer se dit proverbialement en ces phrases. Uresièmbleà Cogne-fêtu, il se tue le corps & famé, & si il ne faitrien; pour dire, qu’un homme travaille à des chosesinutiles. In vanum agére, laborare. On dit auffi qu unhomme n’est pas bien tué, quand il n’estpas bien con-vaincu , bien persuadé de quelque choie. On dit auffiqu’il crie à tue tête, quand il crie de toute sa force,jufqu'à faire ma! à la tête à ceux qui f écoutent, & àlui-même. On dit auffi qu’un homme s’est tué de íàpropre allumelle, lorfqu’il a fait quelque chose qui ruinesa lanté, ou qu’il a dit quelque chose qui détruit cequ’il a entrepris de soutenir. On à oublié dans les nou-veaux Dictionnaires le proverbe. Tel tac qui ne penséque blester, 11 se trouve au chapitre 18 de l’Apologiepour Hérodote, p. 4^7 de l’édit. de 1755. Il est auffidans Cotgrâve, qui exprime encore le même proverbeen ces termes : Tel (peníê) frapper qui tue. On diten badinant à ceux qui font les bravaches, que tousceux qu’ils ont tués , se portent bien.
Tué, ée. part.
TUERE. Ville de f empire Ruffien, au confluent déla Tuertza &du Volga, capitale du Duché de mêmenom, dans la Russie Moscovite. Ce Duché est bornéau nord & au couchant par le Duché de la grande No-vogorod, à l’orient par le Duché de Rostow, au midipar le Duché de Moscou & par la province de Rzeva,TUERIE, s. f. Carnage, mastàcrede plusieurs personnes.Cœdes ,ftrages , occijîo. On s’est querellé en un tel en-droit, il y a eu bien de la. tuerie. Cette rencontre n’aété qu’une déroute, il y a eu peu de tuerie. Le com-bat fut furieux, il y a eu une horrible tuerie. Quelques-uns ont cru que ce mot n’étoit pas du beau style. Ce-pendant de bons Auteurs s’en sont servis.
Tuerie, signifie auffi le lieu 011 les Bouchers tuent lesanimaux pour en vendre la chair. Laniarium , laniena.On a loué tant d’étaux à ce Marchand avec les tueries.On a proposé à la Police de transporter toutes les tue-ries en des lieux éloignés des villes. Jésos-Christ etoitcet agneau mené à la tuerie. Péliss.
TUERJOKC ou TERSOK. Ville de Moscovie dans leDuché de Tuere, près la rivière de Tuertza.TUERTO. Nom d’une rivière du Royaume de Léon jen Espagne. Tuertum, Tera. Elle baigne Astorga, &après avoir reçu l’Orbegna & l’Esla, elle se déchargedans le Douro, entre Camora & Miranda de Douro.Maty.
TUE-TÊTE, Qui rompt la tête à force de crier j qui faiti un bruit épouvantable. M. l’Abbé Colin, p. 3 21 de sá[ Traduction de l’Orateur de Cicéron, explique ainsi cesmots Latins , habeo fiam perterricrepam : J’ai unefemme qui fait grand vacarme, une criarde à tue-têteiL’Académie Françoise dit qu’à tue-tête est une façonde parler adverbiale, qui n’a guère d’ufage qu’en cesphrases, crier à tue-tête, dijputerà tue-tête , pour dire *crier de route fa force.
TUE-VENTS, Terme d’Ardoisière. Petites Cabanes mo-biles faites en forme de guérites, sous lesquelles lesFendeurs & Tailleurs d’ardoises sc mettent à couvert,TUEUR, f m. Terme du style familier, qui n est d usagéque dans cette phrase, C est un tueur de gens, en pat*laoí d’un homme qui fait le brave.