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Tome huitieme. [THA - Z.]
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3)6 VER

vermillon , qui est indubitable, parce qu’il est infini-1table, d’autres, d’un certain brun éclatant & poli, plusbeau fans comparaison que nos figures bronzées, & 'dont F œil ne trompe jamais ceux mêmes qui ne sontque médiocres connoiiíeurs-, paflànt de beaucoup toutce que peut donner le sel ammoniac mêlé avec levinaigre. Le vernis ordinaire est d’un vert très-fin, quis’attache aux traits les plus délicats fans les effacer, plusproprement que le plus bel émail ne fait aux métauxoù on l’applique. Le bronze seul en est susceptible ; tarpour sargent la rouille verte qui s’y attache, ne sertqu a le gâter, & il faut forer avec le vinaigre & le ci-tron, quand on veut que la médaille soit estimée.

Il y a auíli un faux vernis , un vernis moderne queceux qui tâchent de contrefaire les médailles antiques,donnent à leurs fausses médailles. Comme l’on devienttous les jours plus raffiné, les uns à tromper , les autresà sc défendre de la tromperie, on a trouvé le moyend’empêcher que l’on apperçût dans le champ des mé-dailles moulees les enfonçures que les grains de fabley laffsent par leur inégalité. On les couvre d’un certainvernis obscur , qui remplit ces petits creux, 8c l’onpique les bords pour ses rendre raboteux. Que .si l’onpeut, fans 1e secours du vernis, polir 1e champ avec 1eburin, la fourbe n’en est que plus savante. Il faut donc,pour s’en défendre, piquer 1e vernis , s’il y en a, & onle trouvera beaucoup plus tendre que satirique. Il yen a même qui mettent les médailles en terre afin deleur faire contracter, sinon 1e vernis , au moins une cer-taine rouille, qui impose aux connoiiíeurs moins ha-biles. D’autres emploient se sel ammoniac mêlé avecle vinaigre. D’autres, 1e simple papier brûlé, qui est lamanière la plus aisée : mais on ne peut donner au ver-nis moderne , ni la couleur , ni l’éclat, ni 1e poli duvernis antique qui dépend de la terre. D’ailleurs l’onn’a point la patience de laiíser allez longtemps une mé-daille en terre, afin qu elle y puille prendre cette bellerouille que l’on estime plus que 1e riche métal. Quandon l’auroit, la vie ne fuffiroit pas. Enfin se vernis mo-derne est tendre & se pique aisément, au lieu que1 antique est dur comme se métal même. P. Joubert,

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On donne auíîï le nom de vernis à un arbre qui nousa ete apporté de l’Amérique, qui fournit un soc laiteuxdont on prétend que les Japonois tirent leur vernis.

Vernis , se dit aussi de l’enduit qu’on met sor la poterie.Le vernis des pots de terre fe fait avec du plomb fon-du ; 1e vernis des plats de faïence avec de la potée, &c.Vasorum argillaceorum plumbea illinitio.

Vernis d’Estampe. C’est un vernis blanc qu’on met furses Estampes, pour ses conserver, mais qui sert plutôtà ses gâter. ^ ,

Vernis. Ce mot s’emploie auffi figurément, & signifie,couleur, fard. Fucus , pigmentum. Donner un vernisà quelque chose, expression du style familier, c’est enrelever l’éclat, se mérite , ou bien en couvrir, en ré-parer ses défauts quand on 1e dit absolument, il seprend dans cette dernière signification. Cette significa-tion est déterminée par ce qui précédé & par ce quisoit. La modestie est une eípèce de vernis qui relevenos talens naturels, & leur donne du lustre. Bell. Ladévotion est un vernis que ses femmes coquettes passentsor leur réputation, quand elles font fur le retour. LaBr. Les grands du monde n’ont, par-dessus ses autreshomm es , qu’un peu de vernis qui les couvre. Cettecondamnation a donné un vilain vernis à cette per-sonne.

, On 1e dit de même des couleurs, du fard de la fauffèéloquence.

L académique enluminure

Et le vernis des nouveaux tours. Grès set.

VERNISSER, v. a. Enduire avec du vernis. Vernijserun carostè, une carte, un tableau. Junipero diluto illi-nire , oblinire.

On dit auffi, vernijser de la poterie, des pots ; c’esty mettre l’enduit qui ses coìòre , & qui leur donneleur beau poli. VaJ'a argillacea plumbo illinire.

Vernissé, ée. part. 8c adj.

iVERNISSEUR., f m. Qui verníffe, qui applique severnis, ou celui qui 1e fait.

cgd? VERNISSON. (Le) Petite rivière de France, dansl’Orléannois. Elle a fa source près de Gien, 8c tombedans le Loing un peu au-dessus de Montargis.

VERNISSURE. f. f. Application de vernis. JunipereU-gummitio , vel vernigo. Cette'bordure paroît d’or»

I mais ce n’est qu’une vernijsure. La vernijsure du temps

í qu’on voit fur ses anciennes médailles, ne fe peut imi-ter par aucun artifice.

VERNON. Nom d une petite ville de la Normandie,en France. Vernonium. Elle est fur la Seine à dix lieuesau-desius de Rouen. Dom Du Pleffis a fait une disser-tation aísez étendue sor l’étymologie du nom de cetteville dans fa Descript. Géogr. & Hijl. de la Haute-Nonn •tom. x. p. tuf). On pourroit y ajouter que Vernon peutvenir très-simplement de Verne-hom , c’est-à-dire, sehameau de l’Aune , ou des Aunes puisque, selon lusmême {Ibid. p. 2.4g.) Hom , signifie Hameau ; &queVerne {Ibid. p. 5 8g.) signifie l’arbre que nous appelonsAune.

VERNOUS. Nom de lieu. Vernojeli. C’étoit ancienne-ment un bourg d Aquitaine. Ce n’est maintenant qu’unvillage du Comté de Comminge , en Gascogne. ; Il està une petite lieue de la Garonne, entre Rieux&Tou-louse. Maty.

VÉROLE, f. f. Terme de Médecine. On écrivoit autre-fois vairole. Varioles. Boa morbus. Maladie conta-gieuse qui couvre 1e corps de gales , ou de pustules,qui épaissit la peau, & qui laide des cicatrices ou descavités. On y joint toujours le mot petite. Petite vérole.L’amour est comme la petite vérole , plus on la gardeplus on est malade. M. Sc. La petite vérole , cette ma-ladie si redoutable aux belles, avoir laissé de fâcheuxrestes sor son visage. Id. Les Médecins tiennent que lapetite vérole & la rougeole ont beaucoup d’affìnité &de ressemblance , en sorte que ses deux ou trois pre-miers jours on a de la peine 2 ses distinguer l’une del’autre. Elles viennent toutes deux d’un sang impur,& d’humeurs corrompues. Elles different pourtant : carla petite vérole est formée d’une matière plus crasté,visqueuse & sanguine ; & la rougeole d’une matièrechaude, subtile 8c bilieuse. La petite vérole s’éieveenpustules pointues & blanchiflantes, avec une petite tu-meur qui pique & démange , & laiíse des marques quigravent la peau ; au lieu que la rougeole laide feule-ment des taches paflàgères comme des morsures depuces, le plus souvent rouges, quelquefois vertes &noires, & ne sort guère hors de la peau, mais s’étenden large , & ne démange point. La petite vérole est lamaladie des petits enfans. Elle vient quelquefois auXgrandes personnes, pour qui elle est ordinairementdangereuse. On tient qu’on n’a guère qu’une fois lapetite vérole. Cependant il s’en faut bien que la règlene soit générale. Les Indiens ont une Idole de la petitevérole sous la figure d’une grande femme maigre, ouplutôt d’une furie qui a deux têtes & quatre bras, àlaquelle ils font des vœux extravagans qu’on peut voirdans le Recueil de Thevenot.

On distingue la petite vcto/e en discrete ou distincte,& confluente. Dans la première ses grains font séparésses uns des autres, & les accidens ne font pas considé-rables. Dans la seconde ses pustules fe joignent , feconfondent.

On appelle petites véroles volantes, lymphatiques,foreuses, crystallines, verolettes, celles dans lesquellesle s pustules font claires:, transparentes , remplies desérosité. Elles sortent, s affaissent & se scchent en troisjours , fans fièvre & fans supputation.

Les petites véroles malignes sont celles qui font com-pliquées avec le millet, se pourpre , &c.

Un malade qui avoir tous les symptômes de la petit?vérole fans qu’elle pût sortir , n’eut pas plutôt été misdans un bain d eau chaude, que la petite vérole sotsabondamment : pratique d’autant plus remarquah ?

qu’else est extraordinaire 8c hardie. Acacl. desSc. 17 1 *'Ce moyen fut pratiqué par M. Lemery, qui jugea qtj®pour procurer 1 éruption , il n’étoit question qp e