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Tome huitieme. [THA - Z.]
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Il faut remarquer que le nom de Véronique n’a étédonné qu’aux suaires qui ne représentent que le visagede Notre Seigneur : car ceux qui représentent ioncorps entier, tels que font celui de Besançon , qui lereprésente de son long pardevant , & celui de Turinqui le représente & par la partie antérieure, & par lapostérieure , comme Bayant couvert entièrement ,ísont jamais été appelés de ce nom. Les Peintres fonttenir cette Véronique quelquefois par un Ange, le plussouvent par une femme , & le peuple se figure quec’est certe femme imaginée par les Peintres, qui a nomsainte Véronique ; c’est comme s’ils croyoient que cefût sainte Hélène, qui eût nom sainte Croix. C’est surcette idée que vers la fin du onzième siècle, quelques-uns commenceront à se figurer qu’il pourroit y avoireu à Jérusalem quelque femme de ce nom, qui auroitprésenté son mouchoir à Notre-Seigneur lur le che-min du Calvaire , comme on voit par la rélation duvoyage que Bernard de Brédembach Doyen deMayen-ce fit en 1483, à la Terre-sainte, imprimée en 1502 ,& on ne fut pas même long-temps à lui trouver unemaison à Jérusalem, comme on peut voir dans Adri-chomius. Depuis ce temps-là, la fiétion a encore aug-menté , comme on le peut voir dans les savantes Notesde M. Chastelain fur le 13 e Janvier, pag. 205 , 206& 207. On a encore voulu que cette femme nom-mée Véronique fût l’Hémorroisse de l’Evangile , &l’on n’a pas manqué de la mettre en regard avec saintFiacre invoqué contre les hémorrho'ides : Lc de là estvenu rétablissement de la fête de la Véronique dansles Eglises où saint Fiacre est particulièrement honoré,comme à sainte Catherine de la Couture, à saint Yves,à saint Josse de Paris, & en tant d’autres Eglises endivers lieux, particulièrement à Valenciennes, en cellede saint Gilles, où on Rappelle communément sainteVenice, nom abrégé du génitif Veroniccz , & où lesfemmes, en certain temps, ont coutume de suspendreprès de fa statue, des linges coupés par bandes , dontelles se sont ceintes pendant neuf jours : ce qui se faitauíli à Tournai en l’Eglise de sainte Marguerite. Etc’est de là, ou plutôt du linge où est reprefente le visa-ge de Notre-Seigneur, que les Lingères ont prispourtutélaire la Véronique , quelles nomment aussi pluscommunément sainte Venice , d ou est venu a Parisla Halle-Sainte Venice , qui est près saint Eustache,où les Lingères ont leur Confrérie , & dans laquelleEglise, outre la fête du Mardi de la Quinquagesime,elles en font encore une autre le f Septembre qu’el-les nomment l ’Invention de Sainte Venice, la feule deces deux fêtes en laquelle elles serment leurs bouti-ques. Ce nom se trouve aussi orthographié Venise,la prononciation en étant la même. Ceux qui Pontvoulu former en Latin sur cette prononciation vul-gaire , ont mis, les uns Venija, comme celui qui a écritle titre de fa Messe en un Missel manuscrit, qui en 1642,servoit à l’hôpital de saint Gilles de Valenciennes ; lesautres Venecia, comme on le lit en la Secrète de cettemême Messe : car cette ignorance, en certains lieux ,avoit enfin passé jusques dans les Livres Liturgiques ,où quelques-uns l’avoient qualifié de Vierge, comme1 ’ Auteur d’un projet de Martyrologe , que Ferrarius apris pour être de Galéíìnius ; d’auttes de Martyre,comme le Missel de saint Gilles de Valenciennes-, d’au-tres de Vierge & Martyre, comme Je Martyrologe vupar Réusnerus; & d’autres, ni de Vierge, ni de Mar-tyre , comme ceux qui avoient lu son mariage avecSaint Amadour, & sa mort paisible au Diocèse deBordeaux. Ceux qui ont cru que la femme prétenduenommée Véronique , étoit l’Hémorroïísè de l’Evan-gile, sont Philippe le Bergamasque, & avant lui Jeand’Antioche, celui qui fut surnommé Malala, ce qui enSyriaque signifie le Rhéteur.

Véronique , est devenu aussi un nom de femme, soitqu’on ait cru qu effectivement il y avoit une sainteVéronique j comme nous l avons dit à i’article précé-dent ; soit qu on ait donné ce nom au baptême enmémoire du Saint Suaire qu 011 appelle Aéronique , &par dévotion à cette sainte Relique , comme on adonné celui de Noël, celui de Tou[saints, &c. en mé-

moire des fêtes & des mystères que l’Eglise célébrésous ces noms. Veronicà. La mere Véronique de Milanest morte en odeur de sainteté dans l’Ordre de l’Au-nonçiade de Lombardie.

CS'VÉRONIS. Ville de l’Empire Ruísien, au Duché deRezan , fur une petite rivière de même nom , situéeau 52 e *. 30'. de latitude septent. selon Lebrun. M-de Lille , qui l’appelle Veronec\ , la place sous le, 43 d - * 5 '-

VERONOIS, ou VERONESE. Nom d’une contrée del’Etat de Venise , en Italie. Veronensis ager. Elle estle long de l’Adige, entre l’Évêché de Trente , le Vicen-tin, le Padouan, la Poléíiue de Rovigo, le Duché deMantoue & le Bressan , dont elle est presque entière-ment séparée par le Lac de Garda. Le Véronois n aque dix ou douze lieues du sud au nord, & un peumoins du couchant au levant. Son air est fort sain ,son terroir fort fertile , & ses lieux principaux font ,Vérone, capitale, Manzanbano, Peschiera, Garda &Porto. Maty.

VÉRQYANT, ante. Vieux adj. Verdoyant, ou de di-verse couleur. Borel. Virejcens , verjkolor.

VEROYE. adj. f. Vieux mot. Vraie. Percevai. Borel.

<fOVERQUEUX. s m. pi. Terme de pêche. C’est ainsiqu’on appelle à Bayonne les sillets dont on se sert pourprendre les Aloses, qu’on appelle ailleurs Alosières.

VERRA, VELLA. Nom d’une rivière de l’État de Gè-nes, en Italie. Verra , Vella, anciennement Boaclus,Boucles. Elle a fa source dans les montagnes de l’A-penin, Baigne Brugneto, & se décharge dans la Ma-cra, à une grande lieue au-destòus de Sarzana. Quel-ques-uns appellent cette rivière Brignole. Maty.

VERRAT, s. m. Porc qui n’est point châtré, le mâle d’unetruie.

Ce mot vient du Latin verres , qui signifie la mêmechoie.

, On dit proverbialement d un homme en colère, qu’ilécume comme un verrat.

VERRE. s. m. Corps diaphane & transparent, fait parart. Il tient le milieu entre les métaux , & les pierres.II est fusible comme les métaux, mais il n est pas mal-léable. Vitrum. On prétend qu’il fe présenta’à Tibèreun Architecte qui avoit trouvé le secret de rendre leverre malléable; mais que cet Empereur jaloux de lagloire que cet ouvrier aiioit acquérir par une inventionlibelle & si utile, le fit mourir, & empêcha que sonnom & son secret ne passassent à la postérité. Cela estrapporté dans quelques anciennes histoires ; mais c’estune pure fable , par la rail on que l’on verra dans lafuite de cet article. Le verre est le dernier ouvrage quel’arr peu faire par le moyen du feu ; car tous les mé-taux à force de feu fe tournent enfin en verre , & laterre même, comme on voit aux briques trop cuites,qui fe vitrifient. Le verre fe fait avec des caillouxblancs& reluisons, ou avec du fable blanc bien lavé , & avecdu sel alkali, ou de l’herbe de soude ; ou bien pourfaire du verre commun, du sel de cendres de fougère :le tout dans un feu de réverbère très-violent. On enfait aussi avec des cristaux de roche fondus. Les selsfixes des plantes, agités par faction du feu, brisentles petites globules dont le fable est composé. & ypratiquent une infinité de pores droits & disposés entout sens, & présentent un composé solide , transpa-rent & fragile , auquel on a donné le nom de verre■On fait le beau verre avec de la soude du Levant &du sable blanc. On y mele un peu de manganèse poutôter le verdâtre de la soude; & si on en met beau-coup, il sera d’un rouge de pourpre. Le verre qui 3une foible teinture de rouge est très-propre pour sost edes verres objectifs & des lunettes d’approche. On fa* cle verre jaune avec de la feule rouille de fer. On I efait de couleur bleue ou d’aigue marine, en y mêla^du cuivre rouge calciné. On soit du verre vert avec I ecuivre calcine &la rouille de fer, Ou avec le miniu** 1 'c’est-à-dire, la chaux rouge de plomb. On le faitler, en jr mêlant du safre & de la manganèse. Laphanéïté du verre vient de ce qu’il a ses pores t° alSdroits & vis-à-vis ics uns des autres : & so polisiure, ®ce qu ils font extrêmement petits, jusques-là < 3 ° e Cb