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Tome huitieme. [THA - Z.]
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que les matières qui n’étoient point fusibles dans lepremier foyer, ou lorsque le premier verre étoit seul,se fondront en un moment dans le second. Voye\l’Histoire de s Académie des Sciences 169% p. pi.

M. Tschirnausafaitun verre convexe de deux côtés& de trente-deux pieds de foyer ; & au lieu que lesplus grands verres du même foyer qu J on eût employésjufqu’au commencement de ce siècle , n’avoient dediamètre que quatre ou cinq pouces , celui-là a plusd’un pied du Rhin , & même du commencement ilen avoit deux, mais il fut endommagé par quelqueaccident. Il produit des esters extraordinaires. Parexemple, on laistè dans les lunettes peu d’ouvertureaux objectifs ordinaires , quoique déja astèz petits :M. Tíchirnaus laistè le sien, tout grand qu’il est, en-ticrement découvert. If objectif de M. Tíchirnauspeut être employé fans oculaire, ce qui est encore ungrand avantage. Car plus il y a de verres dans unelunette, plus il y a de rayons qui se réfléchissent surleurs surfaces, & qui sont perdus pour l’observateur.Aussi M. Tíchirnaus assure que les objets se voientplus clairement avec son verre seul, qu’on ne les avoitencore vu avec des lunettes. Il astûre même qu’ilsparoistent plus clairs qu’à la vue simple , quoiqu’il sefaste nécestairement des réflexions de rayons fur ceverre', mais apparemment cette perte est plus querécompensée par le grand nombre de rayons d'unmême point que la grande étendue de là surface &de ion foyer fait entrer dans f œil. Ce verre peut servirsans tuyau &cela d une autre manière que celle queM. Hughens a donné dans son Astrofcopie. Car f ob-jet se voit toujours distinctement malgré les rayonsdu soleil , qui passent entre lui & l’œil. Le champ ,c’est-à-dire, l’espace qu’on peut voir à la fois avec ceverre, est d’une grandeur incroyable. M. Tíchirnausastûre que fans tuyau, ni oculaire, il a vu très-distinc-tementj en plein midi, une ville entière à la distanced’un mille & demi d Allemagne. Voye\ l’Histoire del’Académie des Sciences , p. 12.8. & fuiv. Le miroirdu Palais Royal, est un de ces verres de M. Tíchirnausque S. A. R. Monseigneur le Duc d’Orléans a fait venird’Allemagne. ,

Pour empêcher que l’humidite de 1 air de la nuitne s’attache au verre objectif des grandes lunettes, ilfaut prendre deux ou trois grandes feuilles de grospapier gris brouillard bien sec, & en former un boutde tuyau d’un pied, ou d'un pied & demi, & l’appli-quer au bout du tuyau de la lunette, au-delà de sub-jectif. Ce tuyau de papier arrête toutes les vapeurs quipourroient s'attacher au verre. C'est M. de la Hire quil’a trouvé. Voyei les Mémoires de l'Académie desSciences 1699,P- 91.

Verre pour prendre hauteur. C’est un gros verre decouleur, au travers duquel on regarde le soleil, lors-qu’on veut prendre hauteur par devant.

.Verre de Philosophes. Terme de Philosophie her-métique , qui signifie un alambic. Dict. Herm.Vitrum Philosophorum > Cucurbita , ou Cucumelladistillatoria.

Le Verre Philosophique, qui a pouvoir sur touteschoses. C’est la pierre parfaite, qui amene touteschoses à fa nature , les accomplistant de toutes perfec-tions : c’est le verre seul qui est infiniment humide &infiniment sec, & de telle nature qu’il s’unit avec tousJ ujets ; s’il est fondu, au verre fondu, & il le teint ; avecse métal q fait de même, mais plus intimement, d’au-*1 e st de fa nature : il pénétre tout, & même serond dans les humeurs humaines , ayant Ingres par-tout pour rectifier toutes les substances'

Verre , signifie aussi un petit vase dont se sert pourboire, & qui est de même matière. Il est ordinaire-ment de Ja figure d un cône renversé ou d’un cylindre,Sc est pôle lur un pied ou une patre. Cyathus J ty-phus. Un verre de fougère , de cristal de Venise. Desverres bien rincés brilloient íàns nombre lur son butter.La Chap.

Le verre a trois parties ; savoir le calice , le bouton& la patte , qui sc travaillent séparément.

Verre , se dit aussi de Ja liqueur que contient ou peut

contenir le verre. Hauftus, poculum. Ainsi l’on dit, u»verre d’eau , de vin , de limonade. J’ai bu cinq ousix verres de bon vin.

Verre dormant , ou châssis a verre dormant.Verre ou châssis qui ne s’ouvre point. Voye\ Châssis& Dormant. La Coutume de Paris régie l’usage desverres dormans. Elle porte, Article 201, que le verredormant est un verre qu’on ne peut ouvrir , & lequelest attaché & scellé en plâtre. Quelques Coutumesl’appellent verre mort ; d’autres disent que ce doit êtreUn verre épais à travers duquel les yeux ne p misentpénétrer. Les croisillons des vitraux des Eglises Go-thiques sont des verres dormans.

Verre blanc, est le plus estimé pour les vitrages ; ilvient de Cherbourg en Normandie. Celui qu’onappelle verre de France, est un peu verdâtre, & celuide Lorraine l’est encore davantage. Le verre doublesert pour les vitraux d’Eglise, & a jufqu’à deux lignesd’épaiíseur. Dans les anciennes Eglises les vitraux sontd’un verre fort épais, & pénétré d’une seule couleur,fans apprêt ni demiteinte. On l’app elle verre peint. Leverre d apprêt est celui où les carnations , draperies &dégradations de couleurs sont observées selon fartde peindre. Les plus vives couleurs ne se donnent auverre que parl’opération du feu. Il y a des verres peintsqui ne le sont que superficiellement, en mettant desémaux colorés fur du verre blanc : d’autres le sont^intimement, toute la matière contenue dans le potou creuset étant coloré. On s’en servoit beaucoupdans le temps qu’on étoit dans l’usage de colorer lesvitres des Eglises. Maintenant les armoiries ou autresornemens né sont qu’une peinture superficielle.

Verre fossile ou verre pierreux. Pierre claire &transparente qu’on trouve dans certaines mines. Vi-trum fojsde.

Le verre de Russie, vitrum Ruthénium , est une es-pèce de talc très blanc, transparent comme du cristal,qu on trouve en Russie & en Sibérie. On divise cettepierre en feuillets très-minces avec un couteau à deuxtranchans , & l’on s’en sert pour faire les vitres desfenêtres.

Il y a des métaux & des minéraux que le feu chan-ge en verre. C est ainsi qu’on dit ; verre de plomb ,verre d’antimoine, verre de Bismuth , &c. Voyelces mots.

En Maréchallerie , on dit que l’œil d’un cheval estcul de verre , lorsque le cristallin a une opacité quiannonce une cataracte.

Verre, sedit proverbialement en ces phrases. Ne boira*t-on jamais dans votre verre ? pour dire , Ne peut-onpoint faire un petit repas avec vous ? On dit au caba-ret, Qui caste les verres les paye. On dit encore, pourrailler ceux qui se laiííênt tomber, Si son cul eût étéde verre , il eût été caste.

VERRE. Nom que l’on donne à un cap. Verra promon-torium, anciennement Linum promontorium. Ce capest dans le Royaume de Naples , fur la côte de la Ca-labre citerieure, près de la ville d’Amantea , du côtedu nord. Maty.

VERRÉE. f. f. Terme populaire. Plein un verre. Avalerune verrée de vin. Hauftus, poculum plenum.

On le dit quelquefois en pharmacie de la dose d’unmédicament liquide qu’on boit chaquefois. Prendreun purgatif en plusieurs verrées. Il vaut mieux-direverre.

VERRERIE, f. f. Lieu où 1 on fait le verre. Vitriaria *vitriaria fornax , officina. La plus belle verrerie dumonde est celle de Mu rang , qui est un faubourg deVenise. On a établi depuis près d’un siècle une sor*-belle verrerie prés de Cherbourg en Normandie. O 11y a fait des glaces qui ne cedent en rien à celles d eVenise. C’est de cette verrerie que vient le verre blanÇ*Il y a une verrerie à Paris dans le faubourg S. Ant°|"ne. C’est là qu on polit les glaces qui viennent deverrerie àe Cherbourg. ANeversil y a une autre vcfrerie ou 1 on fait diftérens petits ouvrages de verre. *y en a aussi en quelques-autres endroits de Fra nce ’comme à Saint-Cloud prés de Paris , à Rouen» áOrléans, &c.

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