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Tome huitieme. [THA - Z.]
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nombre des garçons qui font morts depuis sage de i2.0 ans, est un peu plus de la moitié de la somme des jhommes mariés & veufs morts depuis le même âge devingt ans-, il n’y a cependant que íix garçons qdï aientpallié l’âge de quatre-vingt dix ans, & if y a quarante-trcis hommes mariés ou veufs qui ont palïë le mêmeâge. Le npmbre de filles qui font mortes depuis l’âgêde vingt ans, est preique le quart de la somme desfemmes mariées ou veuves mortes depuis le mêmeâge - , il n y a cependant que quatorze filles qui aientpaste 1 âge de quatre-vingt-dix ans, & il y a cent dou-ze femmes mariées ou veuves qui ont été au-delà dujmêmè âge.

On voir dans un Etat des Baptêmes & des Morts dela pareille de Saint Sulpice, que dans f espace de trenteans, il est mort dans cette Paroiílè dix sept filles, fem-ines mariées ou veuves , à l’âge de cent ans, & qu’iln’y est mort que cinq hommes du même âge ; qu’il yest mort neuf femmes à 1 âge de quatre-vingt-dix-neufans, & seulement trois hommes; dix femmes à l’âgede quatre-vingt-dix-huit ans , & point d’hommes ;enfin il y est mort cent vingt-six femmes , & feule-ment quarante-neuf hommes au-delà de quatre-vingt-dix ; les femmes vivent donc plus long-temps que leshommes, ainlìquel’a remarqué M. Kerfeboom. Pro-babilités de la durée de la vie humaine .

Vie, fe dit aussi de la constitution , du principe de chaleur& de mouvement qui anime les corps , & qui les faitagir, sentir & croître. Vitee constitutio , motio , Ùc.C’est-là la vie animale & sensitive. Dieu est premierhauteur de notre vie ; il souffla un esprit de vie dansle corps d’Adam. Nos peres & meres nous ont donnéla vie , c’est-à-dire, nous ont mis au monde : nous te-nons la vie deux. Il a obligation de la vie à son Méde-cin ; son remède lui a redonné la vie. Je n’ai plus devie que pour me plaindre. On m’a trouvé presque fansvie-, ma vie estquasi éteinte. Cet homme est de foiblecomplexion, il n’a qu’un filet de vie : il traîne une vielanguistànte. Il y a des animaux qui ont la vie dure, quiont de la peine à mourir, comme les chats. Conserver'sa vie, c’est ménager sa santé", ménager la vie , c’estprendre soin de soi-même, & ne point s’exposer audanger de la perdre. La vie des végétaux est l’acrois-sement.

.Vie, en réunifiant le sens des deux articles qui précé-dent, signifie la personne, hêtre, l’existence, qui con-siste dans l’union de i’ame & du corps, par oppositionà la destruction de la machine , à la mon qui en est laséparation. Vit a , essentia , existentia , unio animezcwn corpore. Perdre la vie. Le bon Berger donne favie pour ses brebis. Ben. Les Martyrs ont perdu la viepour la défense de l’Evangile. Le Roi a droit de vie& de mort sur ses sujets. César défendit le pillage auxsoldats sous peine de la vie. Abl. Ma vieest entre vosmains. Le Chancelier ne perd ia charge qu’avec lavie.Le soldat if expose point fa vie par bravoure ; c’est lapauvreté qui le méne au péril. La Br. Les Macédo-niens accablés par le nombre, vendirent bien cher leurvie. C a u. Une vie si chère Sc si précieuse à son peuplene devoir jamais finir. M. Sc. Les maux & les cha-grins devroient nous chafier de la vie ; mais nous ytenons trop. Nie. Pour ne craindre pas la mort, il fautn’aimer pas la vso, & ne lapas trouver agréable. Id.Le propre des grands courages est de mépriser la mort;mais non pas de hair la vie. Vau. L’amour de la vie :est tellement enraciné, qu’on ne renonce à la vie , ouplutôt qu’on ne la quitte que parce qu’on ne peutpas s’empêcher de mourir. La Roch. II ne saur pointsortir de la vie par un crime. Vitez curriculum.

On appelle vie civile , en juriíprudence, la facultéde jouir de tous les avantages qui sont accordés auxcitoyens par les loix de l’Etat ; comme d’êrre capablede succéder, de pouvoir diípofer de fes biens par tesramenti en un mot, d erre capable de ce qu’on appelleeffets civils. Ceux qui en sont incapables sont mortscivilement, habentur pro mortuis . .

Vie , fe dit de la durée de certaines choses. Vitez curricu-lum Jpatium, duratio. Il faut se savoir immortalisersoi-même pour immortaliser les autres: car il n’estpoint

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de plus courte vie que celle d’un mauvais Livre.Vau.

Vie, se dit aussi pour Force , vigueur, énergie. Vis tvigor , energia. L’Empereur ne donnoit aucun signe devie , pour la conduite des affaires. Val. Les parolesfur le papier sont comme un corps mort étendu parterre ; elles sont fans vie. Art de P. Une cadence con*forme aux choses qu’on dit, conserve en quelque ma-nière la vie au discours. Id.

Vie , se dit aussi des alimens & des choses nécessaires pourfe nourrir, pour subsister. Necessaria advitamjiisten-tandam ejea , cibus. Les Artisans gagnent leur vie à lasueur de leur corps. Vitam labore multo tolerant. Lespauvres, les invalides demandent leur vie. Les animauxcherchent leur vie , c’est-à-dire , à manger. Les ma-nœuvres font de grande v/c, c’est-à-dire, mangent beau-coup. Un homme de petite vie , est un homme quimange peu. Faire vie qui dure, c’est ménager ce quel’on a.

Vie , fe dit en Théologie, de la grâce, qui est la nourri-ture de 1 ame. Gratia , animez Jpiritalis alimonia , pa- 1bulutn. Dieu est esprit & vie. J. C. est le pain de vie. P a-nis vitez qui de ccelo descendit.

Vie, se dit encore de l’état de l’ame après qu’elle est sé-parée du corps. Vita animez à corpore separatez. Dieupromet une seconde vie , une meilleure vie , une vieéternelle aux gens de bien. L’espérance de ce qu’onpromet dans l atine vie, cède naturellement à la jouislance du présent. S. Evr. C’est la corruption de notrecœur qui nous fait regarder les biens de cette vie com-me quelque chose de plus réel que tout ce qu’on ditde l’autre. Nie. Il est impossible d ette long-temps dansune créance tranquille , qu’il n’y a point de Divinité,ni de seconde vie. M. Sc. Pour les Payens qui n’a-voient ni espérance , ni crainte pour l’autre vie ,rien n’étoit plus vain que de se fatiguer des pensées dela mort. Nie.

Vie , en Morale, fe dit de la manière de vivre, de la con-duite, des mœurs. Modus , ratio agendi. Une saintevie , une vie chrétienne, une vie dévote; une vie spi-rituelle, religieuse , contemplative, austère, exem-plaire. On dit aussi, Il méne une vie de Philosophe,de courtisan , de débauché, de garçon ; une vie fai-néanté , voluptueuse , tranquille. Il faut soutenir lsgenre de vie qu’on a choisi. Combien de disgrâces tra-verient notre vieì S. Évr. Amour, ne trouble pointle repos de ma vie. La Suze. La vie du monde est tropdistraite & trop dissipée, & la vie solitaire est trop en-nuyeuse. M. Sc. Il faudroit avoir vécu deux fois poutbien conduire fa vie. Charlf.val. On l’accoutuiuainsensiblement à une vie simple & patiente. Fl. On aattaqué la vie d’Epicure pour décréditer plus facile-ment ses opinions. S. Evr. Nous livrons nos cœurs auXdouceurs d’une vie molle & oisive. Fl. La fable du ratde ville, & du rat de village , nous donne une idtseingénieuse de la différence entre la vie tumultueuse dt- 1monde, & la vie paisible de la solitude. M. Sc. S’accou*tumer à unevied'oraison, de retraite. Fl. Une vie lag e& vertueuse donne toujours des plaisirs purs & soli'des. Ab. Regn. Pline nous apprend a jouir de la VI eprivée. Saci. Salomon a quelquefois joui de la vie >comme si toutes choses alloient à l’aventure. S. ÉvmLa vie est-elle vivante fans le doux commerce de 1 a *initié? M. Esi>. Cetre expression est toute Latine.vitalis non esi sne amicorumsocietate. Mais je la trou've bien hardie en François. Nous vivons de la vie d eSpassions. Id. La vie de 1 esprit, c’est de penser &- ^réfléchir. Maleb. Une heure de vie bien ménagée»vaut mieux que de la réputation. S. Évr. La vie ^consiste pas à prendre 1 air dans ses poumons, & à ®rendre ; elle consiste à prendre dans son cœur & à rendre des fentimens-, car les sentimens, & la vie, c’est 1,11 1mêmechose. LeCh. d La vie des hommes està t0 ^prix ; ils la donnent souvent pour rien. Nie. e’est'^dire , leur temps, leur travail. Vie des sens, vieís >cU it ienne , vie que les sages mêmes du Paganisme ont*prouvée. Bourdal. Exhort. I.p. Z£. . u

Vie, signifie encore , Débauche, bonne chère.vie avec le s amis, faire bonne vie, mener une vie} 0 }

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