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Visitation se dit auffi en termes d’ímager, d’une es-tampe , d’une image qui représente la visitation. Ima-go ■> Jeu repraesentatio visitationis. J J ai dans mon cabi-net une fort belle vijìtation.
Visitation. L’Ordre de la Visitation de Notre-Dame,les Religieuses de la Visitation , les Filles de la Visita-tion. Un Couvent, une Maison de la Visitation. Toutcela se dit d’un Ordre de Religieuses institué par SaintFrançois de Sales, Evêque de Genève. Ordo Visita-tionis B. Mariae Virginis. Le saint Prélat commençacet établistement l’an 1610 à Anneci. Madame la Ba-ronne de Chantai, veuve , fut celle dont il íe servitpour cela. D’abord les Filles de la Visitation ne fai-loient que des vœux simples, & ne gardoient pointde clôture , elles visitoient les malades , les soula-geoient, & les secouroienr dans leurs besoins. Le Car-dinal de Marquemont, détermina Saint François deSales à ériger cet Ordre en Religion. Paul V commitle Saint Instituteur pour cela. II sit des Constitutions.Urbain VIII e les approuva en 1 6z6. Saint François deSales voulut que cet Ordre fût soumis au gouverne-ment des Evêques. Cet Ordre s’est beaucoup étenduen France en peu de temps. Il y a trois sortes de Re-ligieuses , des Choristes, des Aiíociées & des Domes-tiques. Les Choristes font destinées pour chanter l’Of-fice au Chœur. Les Associées, ni les Domestiques nefont point obligées à FOffice, mais seulement à direun certain nombre de Pater & d ’Ave. Le* Choristes& les Astociées font lèules capables de remplir toutesles charges du Monastère. Les Astociées ne peuventpourtant être Assistantes, parce qu’un des principauxemplois des Assistantes est d’avoir foin de FOftice auChœur , & que les Astociées n’y font pas obligées.C’est pourquoi si une Astòciée est Supérieure, elle nese mêle point de ce qui regarde FOffice, elle s’en re-pose sur F Assistante. Les Sœurs Domestiques font em-ployées à la cuisine & aux autres offices du ménage.Elles ne peuvent être que trente-trois dans chaqueMaison, dont il doit y avoir au moins vingt Choristes,neuf Astociées & quatre Domestiques. Cependant lePere spirituel, la Supérieure, ou le Chapitre, peuvent,pour quelques raisons justes, changer ce nombre. Lapremière vue de Saint François de Sales, fut d’insti-tuer cet Ordre pour des filles & des femmes infirmes,c’est pour cela que ce Saint a prescrit peu de mortifica-tions , peu de jeûnes outre ceux de FÉglise, & feule-ment une espèce de jeûne le Vendredi. Leur habitdoit être noir, & tout le plus simple qui se pourra,tant en la matière qu’en la forme. C’est une robe largeen forme de sac, avec des manches de la longueur detout le bras, & larges. Le voile est d etamine fansbordure , elles portent au front un bandeau noir, &su lieu de guimpe, une barbette de toile blanche fansplis, avec une croix d argent fur la poitrine. Les armesde cet Ordre, font un cœur fur lequel est le nom deMarie en chiffre , surmonté d’une Croix, & le toutenfermé dans une couronne d éplues. Voye[ le P. Hé-lyot, T. IV. C. 45. & 44.
VISITATRICE. f. f. Religieuse qui a la commission devisiter les Monastères de son Ordre. Vifitatrix. LaCongrégation de Saint Ambroise & de Sainte Marcel-line , ou de l’Annonciade de Lombardie, étoit gouver-née par une Prieure Générale ; dont FOffice étoittriennal. Elle faisoit ordinairement sa demeure dans leMonastère de Pavie, qui étoit regardé comme le Chefde FOrdre. Elle tenoit des Chapitres généraux, & en-voyoitdans les Provinces trois Visitatrices. P.Hélyot.Tom. IV Chap. 10.
VISITE, f.s. Du Latin visitare, visière. Action d’aller voirSuelqu’un soit par civilité , soit par devoir. C’estpresque toujours une manière de fuir Fennui qu ontrouve chez foi, pour l’aller chercher ou pour le por-ter aill eurs . U y a des visites de pure affection, d’autresde grimaces, d’autres de devoir & de cérémonie. Onfait des visites de condoléance; d’autres pour féliciterses amis. Cette Dame est allée en visite> rendre visite.U vaut mieux souffrir chez soi Fennui de la solitude,que d’aller importuner les autres par des visites à con-tretemps. Bell. Combien de fortes de visitas ne faut-iTome VIII. I. Partie.
pas essuyer tous les jours? Mol. On dit, rendre visiteà quelqu’un, pour dire, lui faire une visite quoiqu’onn’en ait point reçu de lui ; &, rendre la visite à quel-qu’un , pour dire, faire à quelqu’un une visite après enavoir reçu une de lui.
Visite, íe dit en matière de dévotion. La visite des pri-sonniers , des pauvres malades, des Hôpitaux, fontdes œuvres de charité, de miséricorde. Visitatio. Ongagne le Jubilé, les indulgences, en faisant la visitedes Eglises ordonnées par la Bulle.
Visite, se dit aussi à l’égard des Médecins, quand ilsfont appelés pour voir les malades. Medici visitatio.Ce Médecin demande trente écus à cette successionpour trente visites qu’il a faites au défunt pendant famaladie.
Visite, en Juri/pru dence, est f examen de quelque ou-vrage ou de quelque autre chose, qui se fait par desExperts, en conséquence d’un jugement quil’ordonne.
On appelle, visite de Matrones, Fexamen que desSages-Femmes font par ordre de Justice, de l’état d’unefemme ou d’une fille.
On appelle, visite de cadavre, Fexamen que lesChirurgiens nommés par la Justice font d’un corpsmort. Acad.Fr.
Visite, est aussi un acte de Jurisdiction, quand un Offi-cier de Police, ou un Supérieur, vont voir si les régle-mens font bien observés dans les maisons publiques ouparticulières. Insipeclio. Les Commistaires doivent al-ler en visite chez les Boulangers, chez les Bouchers,les Cabaretiers, &c. Les Jurés des métiers, les Maî-tres & Gardes des Marchands, vont en visite chez ceuxde leur Corps, pour faire observer les Statuts de leurmétier. Un Évêque , un Archidiacre , font tenus defaire la visite chez les Curés dépendans de leur Dio-cèse , de leur territoire ; un Général dans les Monas-tères dépendans de son Ordre. La visite de la clôtureappartient à l’Ordinaire. Pat. Le Parlement va quatrefois l’année faire la visite des prisons, & des prisonniers.
Visite, est auffi un acte de perquisition qu’on fait, foiedes personnes criminelles, soit des choses défendues.Perquifitio. On a fait visite dans les magasins desMarchands, pour voir s’il n’y avoir point de marchan-dise de contrebande. On a fait visite dans cette maisonpour y chercher un criminel qui s’y est réfugié. On afait la visite de ses registres, de ses papiers, pour ytrouver quelque conviction contre lui. Les Rats dé-cavé vont faire la visite chez les Cabaretiers.
Visite, fe dit auffi des transports que font des Expertsnommés de Justice, pour voir l’étar des lieux .conten-tieux entre deux parties. Arbitrorum transportatio adrecognosicendurn , &c. Il est ordonné que descente Scvisite sera faite sur cette maison qu’on prétend mena-cer ruine. On fait la visite & estimation des répara-tions, des dégradations de ces héritages.
On appelle droit de visite dans le commerce demer, ce qui fe paye à FHuiffier-Visiteur de l’Amirauté,qui se transporte sur un vaisièau marchand, pour con-noître de quelles marchandises il est chargé.
Visite, en termes de Palais, signifie, examen, lectureque les Commissaires & le Rapporteur font ensembled’un procès. Recognitio. Par le z e article du titre 24de l’Ordonnance de 1660 il est défendu aux Procu-reurs du Roi & des Seigneurs d’assister à la visite oujugement des proces; & par le premier article du titre28 il est défendu à tous juges, même aux Cours, d’or-donner la preuve d aucuns faits justificatifs, qu’aprèsla visite du procès.
VISITER, v. a. Faire une visite ; aller voir quelqu’unchez lui. Visi'ere , invisiere. Visiter ses parens , ses amis.On le dit plus ordinairement en parlant des visites debienséance & de cérémonie. Visiter les cardinaux.
Ce verbe est en usage dans les significations du mocvisite j dont on vient de parler. Ainsi l’on dit visiter les:pauvres, les hôpitaux, les malades , en parlant des vi-sites qui fe font par charité, par dévotion.
On le dit également des visites que l’on fait par po-lice, par acte de Jurisdiction, par perquisition, pourreconnoître l’état des lieux. Ainsi un Évêque visite sonDiocèse. Les Provinciaux des Ordres Religieux visitent
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