Band 
Tome huitieme. [THA - Z.]
Seite
442
JPEG-Download
 

442 UNI

'dessus de tout, comme quand on dit, aimer unique Jment , ou exclusivement à toute autre chose , commequand on dit, s’ajrpliquer uniquement à une science.

UNIR» v. a. J’ unis, tu unis, il unit , nous unifions, &c.J’unijfòis. J’unis. T ai uni. T unirai. Que j’unifie, o,ujumrois. Assembler, joindre deux cqpses enlemble ;n’en faire qu’une. Unire , jungere , conjungere. Lecorps naturel est composé de plusieurs parties qui fontunies Sc jointes ensemble. Unir la. puiílance temporelle& la spirituelle. Unir ensemble , n’est point un pléo-nasme. Vau.

Unir se dit en choses morales de ceux qui ont quel-que liaison ensemble. Conjungere , consociare. Unirdeux familles par le mariage. Ces deux hommesfont unis d’amitié & d’interêt. La liaison du sangles a unis plus fortement. Une haine commune nousunit. Rac. Ces Amans goûtoient toutes les délicesdont l’amour comble deux cœurs qu’il a unis. Jusquesdans le tombeau il est doux de s’unir. Corn. Jus-qu a quand vous verra t-on unis par des liens crimi-nels ? God. Il n’est pas nécessaire de rompre toutcommerce avec les hommes, pour s 'unir à Dieu. S.Évr. A la Cour on veut unir les. plaisirs avec lesaffaires. M. B. Heureux les cœurs qui font unis fousun commun martyre. La Fon.

Aìme\ , tant que Vamour unira vos esprits -,

Mais ne vous pique\ point d’une folle confiance.

Des-H.

Et toi, cruel amour, qui nous a enflammés-,Pourquoi nous unis-tu,fi le fort nous sépare ?

Pastor Fido.

Unir & joindre, dans une signification synonyme. Unirexprime 1’accord , la convenance de deux choses quise trouvent bien ensemble. Joindre exprime propre-ment la marche, le mouvement de deux choies éloi-gnées qui se rapprochent l une auprès de l’autre. Cequi n’eít pas uni est divisé. Ce qui n'est pas joint estséparé. On sunit pour former des corps de société.On se joint pour se raílèmbler & n’être pas seuls.

Unir, se dit aussi des Charges, des terres & des Béné-sices , q u'on joint Sc qu’on réunit ensemble. Unire,anneclere. On a uni les Charges de Conseiller au Pré-sidial, & d’Alselseur en la Maréchaussée. On a uni cesdeux fiefs pour en faire un Marquilat. On unit quel-quefois deux Cures, parce que leur revenu n’est passuffisant pour entretenir deux Prêtres. Pour unir desBénéfices, il faut le consentement des Patrons. Voye\Union. Les biens confisqués font unis au Domaine.

Unir signifie aussi, aplanir, rendre égal. &quare,ad-cequare. Il faut encore un coup de rabot pour bien unircette table. On a coupé cette éminence, pour unir,pour aplanir le terrein.

Unir se dit au Manège , d’un cheval, quand on le faitgaloper si juste, que son train de devant ne salle qu'unemême action avec celui de derrière. Equum ad cur-sum œquabilem instituere. Ce cheval s ‘unit. Unir uncheval, c’est le mettre ensemble. Voye\ ce mot.

Uni , ie. part. & adj. Il a toutes les significations de sonverbe. JEquatus, adœquatus, unitus , annexus. Onappelle Provinces- Lseres, les Provinces qui composentles États Généraux. La Beauce est un pays plain Sc uni.Cette étoile est bien unie, bien égale. Ce fil est bienuni. Un fil uni, qui est filé également. Une toile unie,qui est fans nœuds, & également ferrée par-tout.

Uni.& plain, dans une signification synonyme. Ce quiest uni n’est pas raboteux. Ce qui est plain n'a ni en-foncemens ni élévations. Le marbre le plus uni est leplus beau. Un pays où il n’y a ni montagnes ni val-lées est un pays plain. Syn. Fr.

Uni se dit aussi au figuré, & signifie, égal, uniforme.qualis , uniformis. Ceux qui lont accoutumés aufracas du monde, trouvent une vie unie Sc arrangée,très-ennuyeuse, & tres-degoutante. Bell. Un bonheuruni devient ennuyeux. Mol.

Uni , droit, fans détours. Avec une maniéré d’agir touteunie , il haillon k détours de la politique.

Uni dans le langage de Pctits-maîtres, commun, bour-geois. Ah! ma foi, cela est trop uni. Angola.

Un homme tout uni est un homme simple Sc fansfaçon.

Uni , le dit enSore de ce qui est fans ornemens. Simplex,inornatus. On porte le grand deuil avec du linge uni.Les gens modestes portent des habits toutu/zÈs. Veniren visite amoureuse avec une jambe toute unie. Mol.Pour dire, avec une jambe qui n'a ni canons, ni au-cune autre forte d’ajustement. Les bordures de ta-bleaux tout unies font les plus propres , elles amalsentmoins de poussière.

Uni. adv. Uniment. Cela est filé bien uni. A l'Uni.Adverbialement. De niveau. Il y avoir du haut & dubas dans ce jardin, on a mis tout à Juni. Acad. Fr.

UNISSANT, adj. Terme de Chirurgie. Nomqu’ondonn#à un bandage qui procure la réunion des plaies longi-tudinales , Sc de la rotule fracturée en long. Uniens.

UNISSON. 1 . m. Terme de Musique. Consonnance quise fait de deux sons ou battemens d’air , produits pardeux corps de même nature & matière , de mêmelongueur, grosseur ou tension , également touchés ei?ìjiême temps, en lotte qu’ils fasiènt entendre le mêmeson : ou bien c est la conjonction de deux ou plusieurssons qui se ressemblent si parfaitement, que l’oreilleles jeçoit comine un seul où un même son. Unisonus.L’unisson est le plus puissant des accords, & quelques-uns rappellent la Reine des consonnances. D’aurresdisent qu elle ne fait dans les sons , que ce que l’unitéfait dans les nombres. Le P. Malebranche a expliqué,pourquoi deux cordes étant à l 'unisson , l'on ne peurébranler l’une fans ébranler l’autre.

Deux sons successifs ou simultanés peuvent produiredans í'oreille trois, impressions différentes, Xunisson,la consonnance & ra dilíonnance. L unisson , quandils sont tous deux si égaux Sc si conlonuans , qu’ilssemblent ne faire qu’un seul & même son. C’est pro-prement l’union de deux ions qui sont au même de-gré , dont l'un n’est ni plus grave, ni plus aigu quel’autre. Mais ces deux sons ne sont pourtant pas telle-ment confondus que l’oreille ne les distingue encoremalgré leur union. Une cloche peut être à Xuniffond une guittare, & 1 on n en confond certainement pasles sons, parce qu ils disterent quant au timbre Sc audegré de force.

Unisson se dir au figuré. Tous les peuples ne sont pasmontés à Xunifson , c’est-à-dire, que tous n’ont passemême goût, les mêmes inclinations, & qu’ils jugentdifféremment des choses. Ces hommes sont à Xunifson,c’est-à-dire , ils s’accordent , l’un veut ce que l’autreveut.

UNISSONE. adj. Qui a le même son. Du Bellay, parlantdes vers qui riment à l’oreille, fans rimer aux yeux,dit que quelques Poètes font conscience de rimesmaître Sc prêtre, fontaines Sc Athènes , connoítre Scnaître-, mais qu’il ne veut pas que le sien regarde 6superstitieusement à ces petites choses, Sc qu’il lui doitsuffire que les deux dernières syllabes soient uniffones...Illustration de la Langue Françoise, liv. z. chap. 7.Cet ancien Auteur en a jugé fort sainement. “Lor-» thographe différente ne rend point la rime défec-» tueuse , quand le son est le même à la fin des mors.» Ainsi les rimes suivantes sont régulières. Amant,r> Moment : Départ, Hazard : Aime, Extrême: Cha|*'»pêtre, Connoítre : Sang, Flanc: Mots, animaux.

» Tout conspire à la fois à troubler mon repos,

» Et je me plains ici du moindre de mes maux.

» Despreaux. Sat. 6 . *

Lest la première règle du traité de la Poésie Fra> rçoise par le Pere Mourgues, Jésuite.

UNITAIRES. Nom que prennent aujourd’hui les nou-veaux Antitrinitaíres , parce qu’ils font profession deconserver la gloire de la Divinité, au grand, ff- 1 ' *unique Sc souverain Dieu, Pere de Notre-Seignc ur _ '

UNITÉ. f f. Singularité de nombre, qualité de c f ^ UÌ

I un. Unitas , singularitas. S te vin célèbre I\îa r ‘ iema