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cìen du Prince d’Orange , s’est fort échauffé contreceux qui nient que Yunité soir nombre. Si Ton définitso nombre, une multitude d’unités ajsemblées , il estvisible que l 'unité n’est pas nombre. Log. Vunité estse principe du nombre, comme le point est le com-mencement de la ligne ; ainsi elle est si simple qu’onne Ja sautoir définir. Si vous prétendez l’expliquer pard’autres termes, vous confondez la notion que vousen aviez, & au lieu de f éclaircir, son idée s’ efface &
§'évanouit. Tous les longs discours qu’on a fait là-des-sus, & qui remplissent des volumes entiers, ne nousapprennent autre chose, sinon, que plus on emploiede paroles pour mieux faire entendre 1 ’unité, moinson la comprend. La simplicité de son expression, celledu terme qui la signifie , est le véritable caractère parl#quel seul on la peut concevoir. Roh. Il n’y a pointde si grand nombre où l’on ne puiíïè ajouter une unité.L’eííènce divine consiste en une parfaite unité. LaFrance a toujours eu, dans Y unité de son chef, & dansl’union de ses forces, une puissance supérieure au nom-bre & aux efforts de ses ennemis. P. de la Rue.
Unité. Terme de controverse. Les Hérétiques disputentune chose dont l’Église Catholique n’a jamais douté ;savoir si l’Église est un corps unique , dont tous lesmembres font liés ensemble ou réellement, ou pardésir, en sorte que ce qui n’appartient point à ce corps,n’est point l’Église, c’est ce qu’on appelle Y unité del’Église , laquelle est restreinte à une seule société, ouà une seule communion , dont les Hérétiques & lesSchismatiques sont exclus. Nie. Les Tolérans disentau contraire que Y unité de, l’Église peut subsister sansqu’il soit nécessaire que l’Église soit réunie sous unseul chef visible, & qu’il suffit que tous les Chrétienssoient unis par les liens d’une mutuelle charité, &qu’ils soient d’accord sur les points fondamentaux.Mais quand il faut déterminer quels sont ces points fon-damentaux , & dont la foi est nécessaire pour êtremembre de l’Église , ils ne peuvent plus convenir derien ; les uns font la porte plus grande , les autres lafont plus étroite. Quand on est séparé de Yunité del’Église, on ne sait plus à qui on tient, ou plutôt onne rient plus à rien.
Unité. Terme de Poésie. Dans le Poème Épique on doitobserver Yunité d’action. Dans le Poème Dramatiqueil faut observer Yunité de temps, de lieu & d’action.XJmtas temporis , loci & actionis. C’est une règle cons-tante , que faction doit être renfermée dans l’espaced’un jour. Aristote dit qu’elle doit être comprise dansUn tour de soleil sous peine d’irrégularité, & quel-ques-uns veulent que ce soit dans l’efpace de douzeheures. Les anciens Tragiques ont quelquefois violéla règle de Yunité. Il faut aussi observer Yunité dansFaction. Uunité d’action consiste dans Yunité d’intriguepour la Comédie, & dans Yunité de péril pour la Tra-gédie ; & cela non-seulement dans le plan de la fable,mais aussi dans la fable étendue, & avec les épisodes:les épisodes y doivent entrer fans en corrompre Yunité ,& fans en former une double action. Si ce sont desmembres mal joints, & mal liés, ils ne font point cettecontinuité , & cette unité d’action si nécessaire aucorps. Horace veut que tout soit réduit dans la sim-plicité & dans Yunité.
Denique fit quodvis simplex dumtaxat & unum.
> Par cette raison le Poète doit aussi garder Y uniticaractères, en ne donnant pas à ses personnage:Js mœurs différentes. Claudien a souvent fait la faute*se ne point observer Yunité des caractères ; comme ine S setoit point formé une idée de son ouvrage entier?*j? n d en composoit une partie, il ne songeoit plu:j, ^tre. Dac. Vunité de Héros ne fait pas Y unitdiction. Pour conserver Yunité d’action , il faut qu’in y ait qu’une feule action principale, & de laquelletoutes les^ utres ne soient que des incidens & des dépendaneel^im Aristote ni Horace n’ont donné aucuiPrecepte p 0ur Yunité de lieu & de scène. Il seroit ;°uhaiter qu e ce q U ’on fait voir à un spectateur sur uilïlenie théâtre qui ne change point, pût se paíser dan
lifte même chambre. Máis il est mal-aisé de gardercette unité exacte ; & comme cela ne s’accommodépas avec toutes sortes de sujets, il faudroit que ce quise paíse dàns une seule ville , paílât pour unité de lieu.Du moins , quand la duplicité de lieu est inévitable*il faut que l’on n’en change point dans un même acte,& que quand on en change, on ne voie point de dé-corations trop différentes qui faílent appercevoir de làdiversité des lieux, asin de tromper le spectateur. Corn.Les Anciens qui faisoient parler les Rois dans les placespubliques, dónnoient aisément Yunité rigoureuse dslieu à leurs Tragédies. Id. Cette unité de lieu, detemps & d’action n’affujettifsent point les ballets commeles Tragédies, parce que ce sont des Ipectacles & desreprésentations qui se font par machines, & où l’onne cherche que le merveilleux » & ce qui peut sur-prendre & divertir. On ne s’y assujettit qu’à Yunité dnsujet, comme on peut voir aux Ballets de la Nuit, desAmours déguisés, &c. dansés par le Roi. L’Auteufde t Art des Ballets.
Unité dans,les productions de l’espfit. Pour qu’urì ou-vrage d’Éloquence ou de Poésie soit véritablementbeau, il ne suffit pas, dit l’Auteur de l’Essai fur le Beau,qu il ait de beaux traits, il faut qu’on y découvre uneespèce d ’unité , qui en fasse un tout bien assorti. Unitéde rapport entre toutes les parties qui le composent íunité de proportion entre le style & la matière qu’ony traite : unité de bienséance entre la personne quiparle, les choses qu’elle dit , & le ton qu’elle prendpour les dire. C’est encore le précepte d’Horace donton vient de parler.
Rien n’est plus capable de faire concevoir tout leprix de cette unité du discours que les disparates & lescontrastes, ridicules ou tombent néceííairement les Au-teurs qui la négligent. Il y en a qui bornent tous leurssoins à bien former chaque partie de leurs ouvrages ,fans penser au tout'. Un Poète Lyrique ne songe qu’àfaire de belles strophes; un Dramatique, à composerde belles scènes ; un Orateur, à tracer de belles figures,un Auteur , à semer dans son livre beaucoup d’esprit,souvent même plus qu’il n’en a, & aux dépens de famémoire. On coud ainsi, diroit Horace, un beau mor-ceau d’ici, un beau morceau de là. Unus & alter as-silitur pannus. Voilà une pièce faite. Ces Messieurs nelaiffènt pas d’éblouir d’abord un certain Public, parcsqu’en effet ils ônt de temps en temps quelques beau-tés. Máis parce que toutes ces beautés disparates oufans liaison n’agiíïènt que séparément, on s’apperçoitbientôt que par cette composition décousue, ils onttrouvé Fart de faire une méchante Ode avec de bellesstrophes, une Tragédie pitoyable avec de belles scènes »une Harangue fade & insipide avec de belles figuteS ,un Livre très-ennuyeux avec de beaux traits d’esprit.Semblables à ces Peintres d’un talent borné, qui saventtrès bien faire un portrait, mais qui ne sauroient faireun tableau ; ils réussissent en détail, & ils tombent engros. Ils font élégamment une description, un récit,un caractère ; mais tous ces membres détachés n’ontpoint d’articulations qui en fassent un corps. Chaquepensée, chaque mot est un éclair qui nous réveille.On y applaudit ; on se récrie, comme les enfans auxfeux de joie, quand ils voient partir quelque bellefusée. Mais raílemblez tous ces éclairs, toutes ces fu-sées brillantes de cette fau fié éloquence, vous n’enferez jamais un beau jour. Ainsi un ouvragé d’espritplaît par parties , & déplaît par le tout. On en lirapeut-être une partie, mais qui pourra lire la pièceentière ì la fuite y manque ; Yunité y est rompue : &comment se résoudre à suivre un Auteur qui ne sesuit pas lui-même?
Unité de proportion entre le style & la matière qu’ontraite. Ce n’est pas assez de savoir prendre un dessein,d’en aflòrtir les matériaux, d’en former une suite bienliée, d’aller au but sans écart, ou du moins fans éga-rement: il faut encore que le style ne dépare pas'lamatière, ou la pare trop. Vous entonnez la trompettedans une églogue, & vous prenez le chalumeau dansun Poème epique : votre sujet est sublime , & votrestyle rampant ) ou au contraire votre sujet est simple
Kkkij