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Tome huitieme. [THA - Z.]
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& votre style pompeux. V ous confondez tous les genresd’écrire. Vous parlez prose en vers, & vers en prose.Vous portqz dans l’Histoire le ton de la Chaire, dansla Chaire les fleurs de l’Académie, & dans l’Académiele style austère du Barreau. Du reste votre discours estbien pris, le cadre en est beau, le plan bien tracé,bien ordonné , bien rempli. C'est-à-dire que vous en-tendez bien le desièin, mais que vous manquez dansle choix & dans l’application des couleurs. Dispropor-tion choquante, qui rompant Y unité de votre discoursdans un point auffi esièntiel que le rapport du style à lamatière, détruit, ou du moins dégrade la beauté dufond par le contraste de la parure.

Unité de bienséance. En lisant un ouvrage, on en litaulîî 1 Auteur. On compare naturellement sa personne,son état, son âge, son caractère. Sa religion, sa nais-sance même, & le rang qu’il tient dans le monde,avec les choses qu’il dit, avec fa manière de penser,avec son style, son air, son langage , avec le ton qu’ilprend dans le discours : on examine íì tout cela luiconvient selon les loix de la décence : on incorpore,si fole ainsi m’exprimer, l’Auteur avec sa pièce, pourvoir le total qui en résulte. En un mot, on veut trou-ver dans un ouvrage d’esprit, un tableau dont la pers-pective soit un honnête-homme qui parle au publicavec tout le respect qu’il doit à la vérité , à l’ordre,à son propre honneur, & à l’honnêteté publique : &c’est ce qu’on appelle unité de bienséance.

UNITIF, tive. adj. m. & f. Terme de dévotion. LesMystiques appellent Vie unitive , & contemplative,lin état parfait dans lequel l’ame demeure unie à Dieudans l’exercice paisible du pur amour. Unitivus , uniens.Cette vie unitive est l’état des parfaits contemplatifs ,parce qu’alors l’ame contemplative est unie à Dieu parsubstance Sc dune manière intime.

On distingue ordinairement trois états, ou trois vies ;la vie purgative, la vie illuminative , la vie unitive ,qui font comme trois degrés disterens de perfection.Les dernières erreurs de Quiétistes ont fait beaucoupparler de la vie unitive , & de tous ses différens degrés.Bien des gens en ont parlé fans y rien entendre, &auroient mieux fait de s’exercer dans la vie purgative,que de raisonner à tort & à travers fur la vie unitive.

Unitif. Terme dp Jurisprudence Canonique. On appellereferit unitis -, un referit del’Evê que, ou une bulle duPape pour unir un Bénéfice à un autre. Févret. Re-scriptum unitivum.

UNIVALVE, adj. de t. g. Terme de Conchyliologie quise dit des Poilsons testacées dont la coquille n’a qu’unesoûle pièce. Quand elle est composée de deux pièces ,on l’appelle bivalve, Sc midtivalve, quand elle est com-posée d’un plus grand nombre. Voye\ ces mots. Lespoilsons univalves se divisent en simples & à volute.Les simples sont !e Dérision de mer, l’Oreilíe de mer,la Patelle, Scc. Ceux à volute sont le Nautille, l’Efca-lier, le Cul de lampe, le Sabot, &c.

On le dit auffi substantivement. Les univalves 8c lesrhultivalves, pour dire, les coquillages univalves Scmultivalves.

UNIVERS, f. m. Nom collectif qui signifie le mondeentier, toutes les créatures créées, l'assemblage de tousles êtres. Mundus univerjus, ajpeclabilis rerum uni-versitas. Les Anciens ont cru que Y univers n’avoir pointde bornes, & qu’il étoit infini. C’est Dieu qui a crééY univers : sa Providence régit Yunivers. On veut quel 'univers ne soit en grand , que ce qu’est une montreen petit, & que tout s’y conduise par des mouvemensréglés qui dépendent de l’arrangement des parties.Font. La beauté, l’ordre & la durée de Yunivers fonr-ils les esters dune aveugle fortune’ Gom. L’homme8 'imagine être le centre de Yunivers, Sc que tous lescieux ne tournent que pour lui. Abl.

Univers, se prend plus particulièrement pour le globede la terre, ou les habitans ; pour tous les hommes,ou toutes les Nations. Les Poètes se vantent de por-ter la gloire d un Prince par tout Yunivers. Achille arempli Yunivers de son nom. Dac. L’éclat orgueilleuxde son pouvoir étonne Yunivers. Malh. Tout Y u mv.rs fléchit à vos genoux. IlAC. Il u’y a personne dans

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Yunivers que l’on vous puisiè comparer. Allez annon-cer l’Evangile à tout Yunivers. Port-R. Tout Yuniversobéir à l’Amour. La Font.

Par un encens jlateur , amuser Y Univers. Id.

On dit de Caron :

Détaché de soi-même, & né pour /'Univers ^

II en sent tous les maux, & plaint tous les revers.

Bréb.

L’Univers étoit le Dieu des Platoniciens, qu’íls appo-intent tò ria N , le Tout, ou limage de Dieu , la statuede Dieu. Voye^ Y sauner, Syjl. Theolog. Gentil, pur.C. %. §. 5 .

Univers & Monde , considérés dans une significationsynonyme. Voye\ au mot Monde.

UNIVERS, adj. Vieux mot. Universel. Marot.UNIVERSAIRE. f. m. Vieux mot, qui s’est dit autre-fois pour anniversaire. Borei. Anniversarium.UNIVERSALISTE. f. m. Celui qui croie la Grâce univer-selle. Universalisa. Comme on dit Particulariste, decelui qui nie la Grâce universelle, & qui n’en admetque de particulières & toutes efficaces. Ces mots nefont en usage que parmi les prétendus Réformés. Lesuniversalises croient que Dieu veut le salut de tousles hommes, que J. C. est mort pour tous les hommes,qu’il y a une Grâce universelle & suffisante , offerte àtous les hommes pour opérer leur salut. Tels sont lesArminiens.

Quelques Théologiens Catholiques se servent de cemot. A ne considérer que certains textes, on croiroitLuther Universalise sor la volonté de Dieu & larédemption de Jeliis-Christ. P. Duchés ne. Traité duPrédestinât. Liy.IV. C.j.

UNIVERSALITÉ, i. f. Qualité d’une chose qui s'étendà tout ; ce qui renferme les différentes espèces. Uni-versalitas. Ainsi l’on dit l ’universalité des êtres. Rerumuniversitas. Ce qui s'étend à tous les êtres particuliers,à tous les êtres en détail. UuniversaLté des arts, dessciences. Les esprits bornes & resserrés dans leur petiteíphere, ne peuvent comprendre cette universalité detalens que l’on remarque quelquefois dans un mêmesujet. La Bruy. Ici le mot dé universalité nest pas prisstrictement, & désigne simplement un grand nombre.

En termes de Droit, on dit universalité de biens,pour dire totalité.

En Théologie, on dit Y universalité de l’Eglife, pourdire Catholicité, caractère de l’Eglise par lequel elles’étend à tous les temps, à tous les lieux, à toutes sespersonnes. Fóyq;C atholicité. Selon les Petes , l’lli»'versulité de YEglife esc une marque qui la distinguedes autres sociétés qui lui disputent le nom d'Eglise-Nic. L’Eglise Catholique s’attribue avec justice Y uni-versalité, Sc quant au temps, & quant aux personnes.Les Hérétiques ne lui peuvent contester ce caractère.

En Philosophie, on dit Yunivers alité d’une proposetion , pour dire sa généralité. Voyei Proposition-Il faut distinguer deux sortes à'universalités : l’unequ’on peut appeler métaphysique , Sc l’autre morale-L’universalité métaphysique est celle qui n’excepterien ; comme, tout homme est mortel. L "universalismorale est celle qui reçoit quelque exception ; coro |T,ctous les vieillards louent le remps paífié. Il suffit pc> uCces sortes de propositions, que les choses soient ordi-nairement ainsi, & il ne faut pas en conclure à se sgueur, que chaque vieillard loir de ce senrimeutdà-Log.

Universalité, en Logique, se dit de la qualité dcsUniversaux. Universalitas Logica. L J universalitéhommes est la nature humaine. En ce sens universttm\est un nom collectif qui comprend toutes les chs £,d’un même genre & d’une même natufe. Vby- arr *soiv. ,

UNIVERSEL, en termes de Logique, f.m. dont ep uriel est universaux. U universel, disent les Logeons,est unum versus alia , ou multa respiciens- C elt urw