UNI
ehofe qui a rapport à plusieurs. Il y en à de deuxjarres ; l’un qu’ils appellent universale in ejjëndo, Sc1 autre quhls nomment universale in praedicando .Uuniversèl in ejsendo incréé est une nature propre à setrouver dans plusieurs , dans un sens univoque, &d’une manière indivisible. Telle est la nature divinequi se trouve dans les trois personnes de la Trinitéfans se diviser ni se partager.
L 'universel in ejsendo créé , est une nature propreà se trouver dans plusieurs, dans un sens univoque &d’une manière divisible. Unum aptum inejse multisunivocè & divifim. Telle est la nature humaine qui sedivise, à mesure qu elle se multiplie dans les disterensindividus.
,0 Vuniversel inpmdicando incréé, est un attribut qui
ì' peut erre prédiqué, dit dans un sens univoque de plu-sieurs , d’une manière divisible. Tels font les attributsde Dieu.
Le créé est un attribut qui se divise à mesure qu’ilse dit de plusieurs, & cela dans un sens univoque.Tels font ces mots, homme , cercle, triangle, &c.
Ainsi les universaux font des termes communs &généraux, fous lesquels font comprises plusieurs es-pèces & plusieurs individus. On en compte cinq, legenre, Vespèce, la différence, le propre Sc Vaccident.On les appelle autrement, les cinq voies de Porphyre.Quelques-uns veulent augmenter le nombre des uni-versaux , Sc d autres, avec plus de raison, les veulentréduire à deux ; le genre Sc Vespèce. Tout cela est peuutile. La question des universaux fut agitée autrefoisavec autant de chaleur que s’il eut été question d’unechose estentielle à la Religion. Les Réaux ou Réalistessoutenoient que les universaux étoient quelque chosede réellement existant. Les Nominaux prétendoientau contraire que ces universaux n étoient que desnoms qui ne signisioient que les diverses manières dontla Logique pouvoir envisager les objets de la premièreopération de Telprit. Nous ne nous arrêterons pas pluslongtemps à de pareilles vétilles. Personne aujourd’hui,Dieu merci, ne prend intérêt à Y universel à parte rei ,à ferre de raison, ni aux secondes intentions. Log.
On appelle aussi universaux, les lettres circulairesque les Rois de Pologne envoient aux Provinces, Scaux Grands du Royaume, pour la convocation desDiètes, & autres affaires. Literce universales.
Universel, elle. adj. Ce mot pris dans fa vraie signi-fication n est point synonyme de général. Ce qui estuniversel regarde tous les Particuliers ou tout le mondeen détail. Universalis au lieu que ce qui est généralregarde le plus grand nombre des Particuliers , outout le monde en gros. Le gouvernement des Princesn’a pour objet que le bien général ; mais la providencede Dieu est universelle.
Ce qui est universel s’étend à tout & par-tout. LeDéluge fut universel. C’est un article du Symbole decroire TEglise universelle , c’est-à-dire, qu’elle est répandue dans tout l’Univers, & jufqu’aux extrémitésde la terre.
Concile universel. On dit plus ordinairement géné-ral, œcuménique. Voye\ ces mots.
Quelques Théologiens, favorables aux prétentionsde la Cour de Rome, ont prétendu que le titre d’E-vêque universel appartient au Pape de droit divin.Jean le Jeûneur, Patriarche de Constantinople, prit laqualité de Patriarche Œcuménique 8 c universel , dansUn Conciliabule tenu en 586. Le Pape Saint GrégoireCombattit cette qualité , non-seulement dans le Pa-triarche de Constantinople ; mais il soutint qu’elle neconvenoit à aucun Evêque, & que celui de Rome nePpuvoit, ni ne devoit la prendre. Du Pin. Saint Léonn avoit pas voulu accepter le titre d’Evêque universelqui lui fut déféré par le Concile de Calcédoine, depeur qu’en donnant quelque chose de particulier à unleul Evêq ue , on ne retranchât ce qui appartenoit àtouS i Parce qu’il ne peut y avoir d’Evêque universel,que 1 autorité des autres ne soit aftoiblie, ou anéantie.Id. Le titre d'Evêque universel peut avoir un mauvaissens, qui ne doit point s’appliquer au Pape, & c’est ence sens que les Saints Papes Léop & Grégoire ont te-
UNI 445
-jette Ce titre. Mais si par le mot d’Evêque unívtrs’elon entend le Chef visible de l’Eglise universelle , le PerScommun de tous les Chrétiens * on ne peut refusercette qualité au succestèur de saint Pierre. On appelleJubilé universel, celui qui est accordé à toute l’Eglise.
Nature universelle. En termes de Logique. PbyeiUniversaux. Ocham, chef des Nominaux, ensei*gnoît que les natures universelles ne font que des pa-roles ; 8 c Scot, chef des Réalistes, íoutenoit que ceimêmes natures universelles font des choses très-réelles.Le P. Rapin. Voye\ Universaux.
Un cadran universel, est celui avec lequel on peuttrouver quelle heure il est au soleil par toute la terre»& sous quelque élévation de pôle que ce soir. Horo*logium Jcioterìcum. Il y a aussi des instrumens de Géo-métrie universels pour prendre toutes sortes de hau-teurs & de distances , Sc on les appelle autrement*pantomètres Sc holomètres. Il y a eu bien des Vision-naires qui ont voulu établir une langue universelle.
En Physique, on appelle esprit universel, la matièrela plus subtile & la plus agitée. L’esprit universel animetout, donne le mouvement à tout.
Grâce universelle , se dit parmi les Théologiens pré- 8tendus Réformés, par opposition à grâce particulière.Ils appellent grâce universelle le destéinque lesUniver-salistes disent que Dieu a eu de livrer son Fils à lamort pour tous les hommes du monde, Sc de leurfournir en conséquence assez de moyens & de forcepour faire leur salut, & pour les rendre inexcusables»s’ils n’en profitent pas. Voye\ UniversaliStes.
Universel se dit dans un sens moins étendu pour ce quiest commun à plusieurs, ce qui est général , ce quicomprend le plus grand nombre des personnes ou deschoses particulières, ou tout en gros. Ainsi l’on dit unremède universel, qui s’applique à plusieurs maux. Iln’y a point de remède universel, en prenant ce motà la rigueur, c’est-à-dire qui puisse s’appliquer à tousles maux. Ce livre a eu un succès universel. Approba-tion universelle. Méthode universelle , applicable à tousles cas de la même espèce. Il n’y a point d’hommesuniversels. Quand on dit qu’un homme est universel,on entend qu’il a une grande étendue de connoiílar.ces»qu’il fait de tout.
UNIVERSELLEMENT, adv. D’une manière universelle,générale. Generatim, universaliter , universè. Le Roiétoit universellement haï. Fén. Cette doctrine est uni*versellement approuvée. Les axiomes des sciences nefont tels, que quand ils font universellement reçus.
UNIVERSITÉ, f. f. Nom collectif qui se dit d’un assem-blage de plusieurs Collèges établis dans une ville, oùil y a des professeurs en diverses sciences appointéspour les enseigner , & où l’on prend des degrés oucertificats d'études dans les diverses Facultés. Univer-stas, Academia. Une Université en Justice est censéeune Communauté ou corps laïque, quoique ce soitun corps mixte, mêlé d’Ecclésiastiques Sc de Laies.Les Universités ont commencé à lé former dans leXII e siècle ; celle de Paris, Sc celle de Boulogne enItalie font les plus anciennes. Il y a de fameuses Uni-versités en Allemagne, en Angleterre. Il y a d’ordi-naire quatre Facultés dans une Université : la Théolo-gie , le Droit, la Médecine & les Arts. Il y a pourtant"des Universités où l’on ne prend des degrés que danscertaines Facultés. Telles font celles d’Orléans & deValence pour le Droit, & celle de Montpelier pour laMédecine. Celle de Bourges étoit fameuse pour 1 eDroit du temps de Cujas. On les appelle Universités »à cause des quatre Facultés qui font l’univeríìté desétudes. U Université de Caen fut sondée par les An-glois fous se régné d’Fsenri VI, en 1456. Celle deToulouse en 1x13, par une Bulle du Pape Grégoire IX*L Université d’Orléans en 1305, par le Pape Clement V»confirmée par Philippe le Bel en 13 ix. Celle d’Angerspar Charles V , en 1364. Celle de Poitiers par Eu-gène IV, & Charles VII, en 1431. Celle de Montpe-lier fait remonter son établissement à Tannée 1x84.Elle fut confirmée par François I, en 1537. L’Univer-fité de Bourdeaux fut érigee en 1,471. pat Louis XI.