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On dit que deux hommes ne se voient point, pour direqu ils sont brouillés, & qu’ils ne veulent point avoir decommerce l’un avec l’autre.
Voir , lignifie auísi, Avoir un commerce particulier avecune femme, coucher avec elle. Rem habere cum mu-liere. Cette femme n’a jamais vu que son mari. Quandon volt les deux sœurs, on commet un inceste. Lycur-gue vouloir que les jeunes mariés ne se vissent qu’à ladérobée. Ablanc. d a vois une femme qui ne m’étoitpas conjointe par un mariage légitime; c’étoit la feuleque je voyois , & je lui gardois fidélité. Arn.
On dit familièrement j qu’un homme n’a rien à voirfur un autre , pour dire , qu il n a nulle jurisdiction surlui, nulle inspection sur sa conduite. On dit, dans lemême sens, Ii n’a rien à voir à cela. On dit, Voye\ ànous faire souper, pour dire ', Ayez soin de nous fairesouper. Cette phrale est de la conversation. Acad. Fr.
.Voir, se dit encore pour découvrir, avoir vue. Prospi-cere. Cette maison voit sur lame, est située de façonque son a des vues fur la rue.
En terme de guerre, onditqu’une hauteur voit uneplace, le rampart d une place ; pour dire, que de cettehauteur on découvre la place ou le rampart , de façonqu’on est en état de les battre avec Je canon.
On dit de même, que la batterie d une place, qu’unehauteur voit à revers un ouvrage , pour dire que decette hauteur on vostTouvrage, & qu’on peut le battrepar derrière.
On dit aussi fur mer , Voir terre, pour dire , com-mencer à la découvrir, à l’appercevoir de loin.
On dit ordinairement, Qui voit est vu.
On dit communément, d’une personne qu’on ne voitpas auísi souvent qu’on voudroit, qu’on ne le voit pasà demi.
On dit, par exagération & pour louer extrêmementquelque chose, que qui ne l’a pas vu , n’a rien vu.
On dit, J’ai vu l’heure que,j’ai vu. le moment que,pour dire, Pfeu s’en est fallu que.
On dit, en terme de Pratique , Assigner pour voirdire & ordonner, &c. c’est-à-dire , pour être présent,quand on dira, quand on ordonnera , &c.
>V'o i r , regarder, considérer, dans une significationsynonyme. On voit ce qui frappe la vue. On regardeoù l’on jette le coup d’œil. Nous voyons les objets quife présentent à nos yeux. Nous regardons ceux quiexcitent notre curiosité. Les yeux s’ouvrent pour voir,ils fe tournent pour regarder. Le Connoiíìèur regardeles beautés d’un tableau qu il voit : celui qui ne l’estpas , regarde le tableau fans en voir les beautés.Syn. Fr.
•V oir, appercevoir, dans une signification synony-me. Les objets qui ont quelque durée, ou qui se mon-trent , sont vus. Ceux qui fuyent ou qui fe cachent,sont appercus. Onvoit dans un visage la régularité destraits; & se on y apperçoit les mouvemens de l’ame. Unecomplaisance vue de tout le monde, en explique quel-quefois moins qu’un coup d’œìl apperçû.
Voir , fe dit proverbialement en ces phrases. Il a vu. leloup ; pour dire, C’est un homme aguerri qui a vu lemonde, qui a été aux occasions. On le dit auísi de celuiqui est enrhumé ; par une vieille erreur populaire, quifait croire que c’est la vue d’un loup qui enrhume ; aulieu que c’est le froid qu’on endure en l’attendant àl’affùt.On dit à celui qui raconte des choses extraordinaires &éloignées, qu’on aime mieux le croire qued’y aller voir:& on dit auísi aux incrédules , si ^ous ne le croyez ,allez-y voir. On dit auísi, qu’on fera bien voir du paysà quelqu’un, pour dire, qu’on lui donnera bien de lapeine, qu’on le fera bien courir, qu’on le tiendra long-ternps en procès. On dit auísi, qu’un homme n’a rienyú que par le trou d’une bouteille, quand il est absolu-ment ignorant, quand il n’a point vu le monde. On ditaussi ironiquement, Nous en avons bien vu d'autres;pour dire, Cela ne nous étonne pas, nous nous en dé-tendrons bien. Aliosvidimusventos. On dit auísi, qu’unhomme ne ioit pas plus loin que son nez, non-seule-ment pour dire qu'il a la vue courte, mais auísi qu’il n’aaucune prévoyance. On dit, Voir une personne d’unbon œil j pour dire, qu’on la considère, qu’on F aime ;
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& on dit de celle qu’on aime passionnément, qu’on iiëla voit pas à demi, qu’on ne la croit pas où on la voit%On dit au contraire d’une chose dont on fait peu de cas,Voilà un beau vènez-y voir.
D’un pannache de cerf fur le front me pourvoir >He'las\ voilà vraiment un beau venez-y voir,
Mol.
On dit de celui qu’on hait, qu’on voudroit savoir vu.pendre; & à celui qu’on défie, Faites donc, pour voir.On dit auísi, je lui ferai voir que son cheval n’est qu’unebête, pour dire, qu’il se trompe. On dit auísi en raille-rie , de celui qui ne voit pas bien une choie, qu’il voittrouble, qu’il a été au trépaílèment d’un chat. On dicauísi, Quatre yeux voient mieux que deux ; pour dire »que le jugement de plusieurs personnes vaut mieux quecelui d’un particulier.
Vu, ue. part. Injpeclus,prospectus, vifits.
On dit, en terme de Négoce, Acquitter une lettre dechange à lettre vue , c’est-à-dire , aulsi-tôt qu’elle estprésentée à celui sur qui elle est tirée. Voyez Vue. Ex-solvere } persolvere. Voyez encore vu à sa place ortho-graphique.
VOIR. Vieux adverbe & adj. Vraîment, vrai. Borel.Verèj certè , Verus , u, um.
Bien efi voir que j’ai aimé. Villon au Testam.
De voir ,de vrai;por voir, pour vrai. Letermevoir,en ce sens, a subsisté jusqu’aux premières années dusiècle de la belle Littérature, qui a commencé avecLouis XIV. Jusques-Jà les meilleurs Auteurs s’en étoiencservi, il a été abandonné depuis. Glojs. des Poëf. du.Roi de Nav.
VOIRE. adv. & subst. Terme populaire & ironique. Vrai-ment , voire. Voire mais. Quasi verò , verùm etiam ,imò etiam. Qu’on drestè un lit à ce Gentilhomme :voire qui en auroit, dit l’hôteíse. Scar. Oui , c’estfort bien dit à vous, voire qui auroit trouvé des prêteurs»
• vous vivant.Mademoiselle le Févre. Il me répond d’unoui & d’un voire. On lit dans une vieille épitaphe deSaint Innocent :
Que dirons-nous de ce grand Purgatoire iII en efi un-, oui deà ; tredame, voire.
Ce mot est entièrement aboli : & si l’on se sert deVoire, ce n’est que dans le style bas, ou en badinant. Ilvient de verùm , ou de veramente. Anciennement ondisoit voir pour vrai. Pasquier.
Voire même. Ce terme étoit vieux des le tempsde Vaugelas. Il ne le condamnoit point dans les autres,dit-il , mais il n’auroit pas voulu s’en servir. Il leregrette pourtant, & prétend qu’on ne lui en a pointsubstitué d’autres qui faste le me me ester. Ce revnedeest inutile , voire mime pernicieux. On peut bien dire,& même pernicieux: mais ce dernier est un peu plusfoible.
VOIREMENT. adv. qui marque quelque réflexion. Maisvoirement, pour dire, Mais à propos, mais quand j’ypense. Ce mot est bas. Se d âge ? verùm. Voirement ,pour vraiment, se dit encore en quelques Provinces.Glojs. fur Marot.
VOIRIE. C’est ainsi qu’il faut écrire pour l’explication.Voyei Voierie.
VOIS. Vieux mot. Je vais; voisc, aille. Marot.
VOISDIE , ou BOISDIE. f. f. Vieux mot. Tromperie >
raillerie. Borel. Fraus , deceptio , jocus.
Qui le cuer & l’entention }
Ont plein de fraude & de voisdie. Ov.Ms. deBorei;
VOISE & Voit. Vieux mot, qui signifient, Va. I - Ito,Borel. De-là, Vois, pour Allât, qui se trouve dansPerceyal.
-Y