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Tome huitieme. [THA - Z.]
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4)8 yoi vol

résout tout seul 5 ainsi quelePape àl’égard desCardi-naux, & le Chancelier à l’égard des Conseillers d’Etat.

On le dit aussi pour sentiment, jugement. La voixpublique est pour lui , contre lui. Quand on dit ab-solument la voix publique , cela signifie toujours ap-probation, Cet homme a la voix publique. Probatis-simus homo.

Voix, se dit proverbialement en ces phrases : La voix dupeuple est la voix de Dieu, pour dire, que le généralne se trompe guère. Vox populi , vox Dei. On dit qu’unhomme a voix en Chapitre , lorsqu'il a beaucoup decrédit,dans une Compagnie, ou auprès de quelquepersonne considérable. On dit qu’on n'a eu ni vent, nivoix d une personne , pour dire , qu’on n'en a pointde nouvelles en aucune manière.

VOL

VOL. s. m. Action de l’oiseau qui se meut, qui fendl’air par le moyen de ses ailes. Volatus. Les Ancienstiroient des présages du vol des oiseaux. Les Auguresse vantoient de prédire l’avenir par le vol des oiseaux.Vol élevé, haut, vîte , roide , lent. Le vol du pigeonest roide. Le vol de l’aigle est le plus haut. U y a desoiseaux dont le vol est élevé, d’autres dont le vol estlent, foible, court & terre à terre. On dit auísi, qu’unbon oiseau a le vol roide & pointu. Un vol à tired’aîle , un vol à saillies & à efforts, à bricoles. On ditd un vol toujours amont, comme celui de l’allouette,un vol à grand’ cernes & ondées, comme celui desmoineaux , qui vont haut & bas ; un vol bruyant &âpre, comme celui de la colombe, un vos paisible, quifend l’air fans remuer.

Vol se dit auísi de la longueur de ce mouvement, del’étendue du vol que l’oiseau fait en une fois. Le volde la perdrix, du faisan n’est pas long.

Vol , en termes de Fauconnerie , se dit d’un certainnombre d’oiseaux de proie qui servent à prendre dugibier. Le Roi a des vols pour le héron, pour le milanRoyal, pour le milan noir, pour buses, pour faux per-dreaux , pour cercerelles , pour hibous , pour pies ,pour corneilles, pour corbeaux, pour choucas , pourcourlis, pour canepetières , pour les champs & pourles lièvres. Il a des éperviers pour les merles & per-drix ; des cormorans pour voler fur les rivières, &c.Oii dit le vol j pour le gros, celui qui se fait fur les oi-seaux de fort & de cuisine, comme oies, grues, &c.Il a des -Officiers pour chaque vol. Ce Gentilhommeest Capitaine, Chef d’un tel vol. Le vol du milan sepratique avec quatre oiseaux. On lui donne première-ment un sacrer, puis on jette deux sacres, & enfinun gerfaut. Au vol du héron on se sert de trois oiseaux.On nomme le premier haujsepied , qui le va chatouil-ler, 8c le faire hausser. Le second qu’on jette en se-cours , s’appeile tornbijseur, ou attombisseur. Le troi -sième s’appelle teneur, qui est d’ordinaire un gerfaut.

Vol le dit auísi de la manière de voler fur le gibier. Onappelle vol à la toise, lorsque l’oiseau part du poing àtire d’aîle, poursuivant la perdrix au bourrir qu’ellefait de terre; Vol à lasource, qu’on appelle autre-ment d leve-cul, lorsque la perdrix part, ou qu’on faitpartir le héron. Vol à la renverse, se dit au renverserdes perdrix avau le vent ; Vol à la couverte, se ditlorsqu'on approche le gibier à couvert derrière quel-que haie.

Vol se dit auísi de la Chaste qu’on fait avec les oiseauxde proie. Se plaire au vol de la perdrix, de la corneille,de la pie.

, Enfin ce mot se dit en Fauconnerie pour envergure,c est-à-dire , pour marquer la distance qu’il y a entreles deux extrémités des ailes d’un oiseau déployées &étendues autant qu’elles peuvent l’être. Ainsi l’on ditqu’un oiseau a un pied, deux pieds, &c. de vol, pourdire qu il a tant d’envergure. Voye\ ce mot.

Vol , en termes de Blason, se dit de deux ailes d’oiseaujointes, & posées dos à dos, comme s’il vouloir voler;& quand il n’y a qu’une aile seule , on l’appelle demi-vol. yilcz gemines. Quand il y en a trois, il faut diretrois demi-vols. Trince fingulœ alœ. On appelle volbanneret, celui qui se met au cimier, & est fait en

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bannière, le dessus coupé en carré comme F Ecu desanciens Chevaliers.

A l’Opéra & dans les pièces de Théâtre en machines »on appelle vol, Faction de la machine par laquelle unpersonnage, ou quelque divinité monte ou descenden fendant l’air, connue en volant. Volatus machinerrius. Il y a dans un tel Opéra un vol d’un Zéphyre,d’un Mercure qui est surprenant, qui est bien exécuté.Des vols bien hardis & bien exécutés. Un Machinistecaché dans le Parterre, ne manque pas de s'inquiéterd’un vol qui lui a paru extraordinaire ; il veut absolu-ment démêler comment ce vol a été exécute. Font.

Vol du Chapon. Terme deCoutume. C’est une certaineétendue de terre , que le fils aîné , partageant noble-ment avec ses frétés, prend avec le principal manoir,ou hôtel noble, par préciput & avantage pour son droitd'aînestè. On estime ordinairement cela à un trait d are,ou à un arpent ou sétérée de terre. Praerogativumpresdium. Cet arpent est appelé dans Fart. 8. de l’an-cienne Coutume de Paris, vol du Chapon ; commequi diroit, autant de terre qu’un Chapon en pourroitparcourir en volant.

On dit au figuré , prendre un vol tropkant : ce quisignifie, s’élever, prendre un ton, des airs, des ma-nières au-dessus de son état, de fa condition; entre-prendre des choses au-dessus de ses forces , faire unedépense qu’on ne peut soutenir, & c. j Efferre fèse in-solentius , altiàs ; aliquid Juprà vires , ultri captummoliri -, luxuriari , luxuriosus , immodico luxu vive-re. Cet Auteur, en commençant cet Ouvrage, a prisun vol trop haut, je ne fais s’il le pourra soutenir, c’est-à-dire , au-dessus de ses forces 8c de son génie. C’estun vol bien élevé pour lui. Riso. Lucain a pris un voltrop haut. S. Evr. Supra vires, ultra captum.

Ains, sans m’aveugler d’une vaine manie,

Je mesure mon vol à monsoible génie. Boil.

Pardonne{ d Vamour, s d’un vol téméraire,

J’ose m’élever jujqu’à vous.

Ce Seigneur a pris un trop grand vol, il fait une dé-pense excessive en chevaux , en valets , en habits.Ultra reditum. On dit auísi, qu’un homme a le volpour une telle & telle chose ; pour dire , qu’il a desralens particuliers pour y réussir. L’Acad. Expressiondu style familier. On dit d’un homme qui a été élevéà une Dignité supérieure sans palier par les degrésordinaires, qu’il y est parvenu de plein vol. De piano.

Vol, se dit auísi en matière de spiritualité de l’élévationde l’esprit à Dieu. C’est assez que nous demeurionsau pied de la montagne , pendant que vous conver-sez avec Dieu. Ce vol de Fesprit dont vous nous par-lez ; ce sommeil de toutes les puistances, cette quié-tude , cette suspension de Famé toute entière, ces as-sauts, ces blessures intérieures, tout cela ce sont dessecrets que nous révérons. Bourdal. Exhort. deSainte Thérèse, p. 026.

Vol. f. m. signifie aulh Faction de celui qui prend cequi ne lui appartient pas. C’est un terme génériquequi comprend toutes les manières de prendre, soit encachette, soit par fineííè , soit avec adreste, soit deforce & avec violence. Latrocinium. Les vols de grandchemin sont punis de la roue, les vols domestiquesde la corde. Le vol des Procureurs, des Sergens estd’ordinaire impuni. A Lacédémone on ne punilíoitpoint le vol fait avec adresse & subtilité. On appelle volqualifié, celui qui est accompagné de circonstances quien augmentent Fénormité , & par conséquent la peine.

Vol , se dit auísi d’un rançonnement, d une tromperiefaite en contractant. Quand un Hôte, un Marchandvendent une chose le double ou le triple de ce qu’elleleur a coûté, on a raison de dire que c’est un vol ma*nifeste. Quand un Stellionataire vend une choie q ulne lui appartient pas, qui est absorbée par des hypo-thèques , c’est un crime , c’est un vol qu’il commet-Le vol que les Banqueroutiers font à leurs Créancier 5est puni de mort par tout FOrient. La dernière Or-donnance porte bien la même peine , mais elle eltpresque toujours éludée.

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