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tout ce que vous avez. L’abandon que vous faites deVotre argent pour sauver votre vie, est bien une ac-tion volontaire , mais contrainte & destituée de liberté.C’est pourquoi quelques - uns appellent ces actionsmixtes , comme tenant du volontaire & de l’ involon-taire: du volontaire, parce que le principe qui les pro-duit, est dans l’agent même, & que la volonté s’ydétermine comme au moindre de deux maux : à \’in-volontaire , parce que la volonté les exécute contreson inclination, & que jamais elle n’y consentiroit, sielle pouvoir trouver quelque expédient pour se tirerd’affaire.
Il faut supposer que le mal dont on est menacé soitaísez grand pour devoir raisonnablement faire impres-sion fur un homme sage , jusqu’à l’intimider, & qued’ailleurs, celui qui use de contrainte envers nous,n'ait aucun droit de gêner notre liberté , ensorre quenous ne soyons point dans soblrgation de tout soustrir,plutôt que de lui déplaire. Dans ces circonstances, laraison veut que son se détermine à soustrir le mal,supposé au moins q u'ils soient tous deux inévitables.
Cette forte de contrainte impose une nécessité qu’onappelle morales au lieu que quand on est absolumentforcé d'agir, sans pouvoir s’en défendre , à quelqueprix que ce soit, cela se nomme une nécessitéphysique.
La précision philosophique veut donc que son dis-tingue le volontaire & le libre , & son voir parce quel'on vient de dire , que toutes les actions libres fontbien volontaires ; mais que toutes les actions volon-taires ne font pas libres. Cependant le langage com-mun & populaire confond le plus souvent ces deuxtermes ; & c est à quoi il faut faire attention, pouréviter toute équivoque.
Volontaire, en termes de Guerre, est un homme deguerre qui sert dans des Corps, lans prendre aucunesolde , & fans être enrôlé , mais seulement pour ap-prendre le métier de la guerre. Miles voluntarius.On le dit aussi des personnes de qualité qui n’ont pointd’emploi ni de charge dans l’armée , mais qui se trou-vent dans les occasions par le seul désir de la gloire.
Nous avons dans nos armées plusieurs corps detroupes légères de nouvelle création, qui portent letitre de Volontaires.
Ce mot vient du Latin Voluntarius , qui a été em-ployé en cette signification. Mén.
Volontaire, se dit encore dans le langage commun decelui qui ne veut dépendre de personne, qui ne suitque sa volonté, ses fantaisies. Ce jeune homme réap-prendra jamais rien , il est trop volontaire: & substan-tivement , c'est un volontaire.
VOLONTAIREMENT, adv. De franche volonté ; sansforce ni contrainte , par une détermination de la vo-lonté. H a fait une telle donation volontairement. Vo-luntariè , Jpontè , ultrò , haud invité. Les Auteursveulent tous les jours persuader qu'ils ont été forcésà rendre leurs écrits publics , quoiqu’ils saient faitvolontairement. Il y a de la témérité à croire que Dieunous délivrera des dangers où nous nous exposons vo
. lontairement. Les Sergens font mené en prison, il lesa suivis volontairement , il ne fa point fallu traîner.Les Martyrs le font osterts volontairement à la mort,plutôt que de donner de fenceus aux Idoles.
VOLONTÉ, f.s. Faculté, puisiance de famé à se déter-miner, ou à se porter à la poursuite du bien, ou à lafuite du mal que sentendement lui présente commete b Quand on est épris d une belle passion, il sembleSue la volonté loir enchaînée , comme le cœur. Vo-. u ntas , volendi facultas , potentia. La volonté ne peutCtr e contrainte par aucune puisiance. Calvin a ensei-que la liberté de la volonté humaine est ou éteinteP ar le péché d’Adam , ou dépouillée de ses droitsf<? r ^ er npire de la grâce. Port-R. Ce n’étoit pas as-i». z ' luivant les vues du Créateur, que l ame deeut la faculté de connoître les choses & des en forrn er jes idées, íl falloir de plus qu'elle fût
ouee d J un principe d’activité qui la mît en mouve-ment ; d une puisiance par laquelle fhomme, aprèsAvoir connu les objets qui se préientent, pût se déter-Tome VIII. I. Partie,
miner à agir ou à ne pas agir. Cette faculté est cSqu'on appelle la volonté.
La volonté n'est donc autre chose que cette puis-sance de famé par laquelle elle se détermine delle-même, & en vertu d'un principe d'activité inhérent àla nature, à rechercher ce qui lui convient, & à agird une certaine manière , à faire une action ou à ne lapas faite; toujours en vue de son bonheur.
Il faut entendre par bonheur cette satisfaction inté-rieure de famé qui naît de la posièffion du bien ; &par le bien , tout ce qui convient à fhomme pour faconservation, pour sa perfection , pour sa commoditéou son plaisir.
A la volonté se rapportent les instincts, les inclina-tions & les passions. Voye^ ces mots.
Volonté, se dit non-seulement du principe intérieur denos actions, mais encore de f exercice de certe faculté,de ses actes. On dit en ce sens, volonté absolue, effi-cace. En entrant dans le cloître, il faut faire plier fansretour fa volonté lous le joug d une obéisiance aveu-gle. C. B. Sous prétexte d'extirper tons les désirs, &de dépouiller fhomme de toute volonté , il est dange-reux de le constituer dans findolence, & dans f inac-tion. M. Boss.
Volonté, s'attribue auffi à la Divinité, mais en des sensbien diftérens. Car volonté en Dieu le prend quelquefoispour la faculté de vouloir, quelquefois pour les actes decette faculté , & en ce sens les volontés de Dieu fonttoujours efficaces , parce qu’il peut tour ce qu'iJ veu ractuellement. Mais volonté le prend aussi souvent pcuy?ce qu’il veut être fait pard’autres, & signifie, Comman-dement : & c'est en ce sens que nous diíons dans l’O*raison Dominicale : Seigneur, votre volonté soit faiteen la terre commeauciel.il faut simplement demanderà Dieu que sa volonté soit faite - , cette demande englou-tit toutes les autres. M. Boss. L’Evangile dit, que celuiqui lait la volonté du maître , & ne la fait pas, lera châ-tié au double. Dieu dilpole de nous à fa volonté. Il y adeux volontés en Jesus-Christ, par rapport à ses deuxnatures, divine & humaine. L'hérésie des Monothéis-tes , c’est-à-dire, de ceux qui soutenoient qu’il n’y avoirqu’une volonté en Jesus-Christ , fut condamnée par leConcile de Constantinople en fan 681.
Quoique la volonté de Dieu soit un acte très-sim-ple, les Théologiens, pour s’accommoder à notre ma-nière de concevoir, distinguent plusieurs íortes de vo-lontés en Dieu, relativement aux diftérens objets versleiquels elle se porte.
Ils appellent volonté de signe , volontas figni , celleque Dieu nous fait connoître par quelque signe exté-rieur, comme les conleils, les préceptes, &c.
La volonté de bon plaisir , volontas beneplaciti , estla volonté intérieure, réelie, qui réside dans Dieu.
La volonté antécédente , est celle qui se rapporte àf objet considéré en lui-même, abstraction faite de tou-tes les circonstances : la conséquente, qui considère f ob-jet accompagné de toutes lés circonstances.
La volonté efficace , qui a toujours son effet: ineffi*cace, qui est privée de son ester par la résistance defhomme.
La volonté absolue , qui ne dépend d’aucune condi-tion ; tes e a été la volonté de créer le monde. La con-ditionnelle , qui dépend d’une condition ; telle est lavolonté de lauver les hommes, pourvu qu’ils coo-pèrent à la grâce.
Volonté , à l’égard des Rois, ou des Souverains, signi-fie , Bon plaisir, ordre, commandement. Juffiim, bene-placitum,arbitrium. Vous ne pouvez, fans péril, refuserd’obéir aux volontés de l'Empereur. Voilà la volonté duRoi, il faut s’y soumettre. Celui-là est véritablementabsolu , dont le pouvoir égale la volonté , & qui avecces mots tout-puisians, telle efl notre volonté , décidede la fortune des hommes. S. Evr. De même, en par-lant des particuliers, on dit, C’est la volonté de votrepere, c’est à-dire, ioy sentiment, ou Ion ordre.
Volonté , signifie aussi a puisiance,le désir, la résolu-tion de faire quelque choie. Voluntas , voluntatis desti-natio , animi decretum, consilium. La justice est unevolonté constante de rendre à chacun ce qui lui appar-
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