MACHINES A VAPEUR.
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Ileron ële vait de l’eau par l’air atmosphérique comprimé mécani-quement au moyen d’une pompe, et Salomon de Caus produitle même effet par la vapeur d’eau, qui remplace l’air atmosphé-rique comprimé. L’eau élevée par la vapeur a pris dans le ballonla température de cette vapeur. On est porté à croire, en lisantl’article précédent (p. 19 ), que Salomon de Caus ne confondaitpas la vapeur d’eau avec l’air atmosphérique; cependant ce pas-sage n’est pas tellement clair, que les savans, tels que Boyle, quisont venus après lui, croyaient encore que l’eau pouvait se chan-ger en air par la chaleur. Salomon de Caus dit, dans son théorèmepremier, que la vapeur d’eau est plus légère que la vapeur demercure, parce que celle-ci se condense sur la vaisselle doréede l’appartement, et ne s’élève pas dans les airs. Cette explicationprouve assez que la théorie de la vaporisation était pour cetteépoque un véritable mystère. On doit néanmoins admettrecomme un fait certain que la première expérience connue del’élévation de l’eau au-dessus de son niveau, en se servant de lavapeur comme force motrice, a été faite en i6i5, par Salomon de Caus . Il est bien étonnant qu’un autre Français , son homo-nyme, Isaac de Caus , ingénieur et architecte, natif de Dieppe ,n’ait fait aucune mention de cette belle expérience dans un ou-vrage in-folio de 3a pages et 26 planches, publié à Londres , enl644, sous le titre de Nouvelle invention de lever l’eau plus hautque sa source.
Postérieurement, en i663,Edouard Somerset, marquis deWorcester, publia un ouvrage contenant les sommaires de centinventions, dont une seule, la 68 e , était relative à la vapeurd’eau. L’auteur s’exprimait ainsi :
« J’ai inventé un moyen aussi admirable que puissant pour» élever l’eau par le moyen du feu, non pas avec le secours de» la pompe, parce que celle-ci n agit, selon 1 expression des plii-» losophes,que dans une sphère d’activité qui a très-peu d’éten-» due ; au contraire, cette nouvelle puissance n’a pas de bornes,» si le vase est assez fort. J’ai pris, par exemple,mie pièce de canon,» dont le bout était brisé ; j’en ai rempli les 3 /i d’eau ; j’ai bouché» ensuite, et ferme', à l’aide de la vis, le bout cassé ainsi que la