MACHINES A VAPEUR. 5l
toujours resté dans le tube environ la cinquième partie de l’airqu’il'peut contenir. De là deux, inconvéniens : i°on n’obtientque la moitié de l’effet désiré, et on n’élève à la hauteur d’unpied qu’un poids de i 5 o livres au lieu de 3 oo, qui auraient dûêtre élevées si le tube avait été parfaitement vide ; 2“ à mesureque le piston descend, la force qui le presse du haut en bas di-minue graduellement, comme on l’a observé au même endroit.Il est donc indispensable que nous tentions, par un moyen quel-conque, de diminuer la résistance dans la même proportion quela force motrice diminue elle-même, pour que cette force motricela surpasse jusqu’à la fin. C’est ainsi que dans les horloges por-tatives (les montres), on ménage avec art la force inégale du res-sort qui meut tout le système, afin que pendant tout le tempsil puisse vaincre, avec une égalé facilité, la résistance des roues.Mais il serait bien plus commode encore d’avoir une force mo-trice toujours égale depuis le commencement jusqu’à la fin. Ona donc fait dans ce but quelques essais pour obtenir un videparfait à l’aide de la poudre à canon ; car par ce moyen, com-me il n’y aurait plus d’air pour résister au piston, toute la co-lonne atmosphérique supérieure pousserait ce piston jusqu’aufond du tube avec une force uniforme; mais, jusqu’à ce mo-ment, toutes les tentatives ont été infructueuses ; et, après l’ex-tinction de la poudre enflammée, il est toujours resté dans letube AA environ la cinquième partie de l’air. J’ai donc essayéde parvenir par une autre route au même résultat, et comme,par une propriété qui est naturelle à l’eau, une petite quan-tité de ce liquide, réduite en vapeur par l’action de la chaleur,acquiert une force élastique semblable à celle de l’air, et re-vient ensuite à l’état liquide par le refroidissement, sans con-server la moindre apparence de sa force élastique, j’ai été portéà croire que l’on pourrait construire des machines où l’eau,par le moyen d’une chaleur modérée, et sans frais considéra-bles, produirait le vide parfait que l’on ne pouvait pas obtenirà l’aide de la poudre à canon. Parmi les différentes construc-tions que l’on peut imaginer à cet effet, voici celle qui m’a parula plus commode.
AA ( fig. 11, pl. 2 ) est un tube d’un diamètre partout égal,