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Tome premier.
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TROISIÈME ENTRETIEN.

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besoin intime d’établir certains rapports et différences entre les partiesd'un édifice ; nous n’en connaissons aucun cependant qui ait su amenercet instinct à la puissance d’une loi et d’une bonne loi, puisqu’elle n’ajamais pu être modifiée qu’au détriment de l’eflet produit sur les sens.

Tous les monuments du monde, depuis le fond de l’Orient jusqu’auxlimites de l’Occident , produisent, chez celui qui les regarde, une impres-sion double (je ne parle, bien entendu, que des monuments dignesd’exciter l’attention). 11 y a l’admiration , le plaisir; il y a encore l’em-barras, la confusion que l’on éprouve en voyant une chose qui demandeun travail de l’esprit pour être comprise. l)c cette double impression, ilrésulte ceci : c’est qu’à moins d’être possédé du désir de savoir, l’espritdu spectateur s’effarouche et passe outre sans chercher à comprendre.Le monument grec seul, entre tous, n’excite qu’une impression homo-gène; nul effort pour le comprendre, pour se familiariser avec son être;il est aussi clair pour le premier venu que pour l’artiste versé dans laconnaissance de son art. Ce qu’il veut dire, il le dit tout de suite et àtous; et, fait étrange, cette qualité unique et si belle semble un défautaux yeux de ceux qui se sont habitués à voir dans l’architecture uneénigme perpétuelle. J’ai parfois entendu demander : « En quoi le Par-thénon est-il beau? » Autant vaudrait demander : « En quoi un hommejeune, bien fait et dépouillé de ses habits, est-il beau? » A cela on nepeut que répondre : « Un homme nu est beau parce qu’il est, parce que,sans faire un effort d’intelligence, sans calculs, on sait qu’il marche,qu’il est robuste, qu’il saisit, qu’il voit, qu’il pense, qu’il est complet,qu’il est un. » Au moyen de leur loi des Ordres, les Grecs sont arrivés,en architecture, à produire sur les sens cette impression simple. Lemonument grec n’a pas besoin d’être expliqué ni commenté ; il est beauparce qu’il ne saurait être autrement, comme l'homme est beau parcequ’on ne saurait mieux faire. Je ne crois pas qu’il soit possible d’atteindrecette perfection autrement que par l’application de la raison à la satis-faction des instincts.

Vitruve , qui n’est pas grand philosophe, mais qui est imbu des idéesgrecques sur les arts, et qui n’en reflète que la surface , en vrai Romainqu’il est, commence son troisième livre sur les temples par un chapitreoù il prétend établir une analogie entre les proportions du corps humainet celles des temples et des ordres qui les composent. Ce chapitre deVitruve , par le fait, n’établit rien; il est impossible d’en tirer aucuneconclusion ; mais il lève un coin du voile qui nous cache la philosophieappliquée, chez les Grecs, à l’architecture, si nous cherchons dans lastructure du corps humain, non point une échelle métrique, ainsi que le