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Tome premier.
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Ce qui caractérise les Romains et la vraie grandeur, c’est le soind’éviter l’exagération, écueil de la grandeur; ils sont grands mais sim-plement, sans efforts, sans recherche, ils ne sont jamais exagérés. Legoût romain est donc un tempérament entre des principes très-opposés,une volonté nette d’aller en avant, et d’exécuter ce qu’il regarde commeconvenable et nécessaire en employant et faisant concourir ces principesvers un même but. Louis XIV , qui eut quelque chose de la grandeurromaine, essaya de se rapprocher de ces modèles, mais quelle différence !Et combien nous paraissent misérables et fausses aujourd’hui, parexemple, les discussions d’art qui s’élevèrent jusque sur les marches dutrône quand il s’agit de donner le Louvre à terminer au Bernin ou àPerrault ! Le grand sens des Romains en fait d’art est donc pour nousun enseignement que nous ne saurions trop méditer.

Nous verrons comme cet exemple fut suivi ou méprisé dans le coursdes temps historiques, et comme les arts se sont développés rapidementdans le premier cas, comme ils ont promptement décliné dans le second.

Revenons à la structure de l’architecture romaine, au mode qu’elleadopte de préférence, le mode grec ne comportant que le support ver-tical et la plate-bande, ne pouvait que fournir des conceptions de planstrès-peu variées. Que les intérieurs fussent couverts par des plates-bandesde pierre et des dalles, ou par des charpentes, ces moyens ne permet-taient pas d’élever des salles vastes, les portées du bois employé hori-zontalement étant assez limitées, celles de la pierre, plus encore. Aussiles édifices grecs destinés à contenir un grand concours de peuplen’étaient-ils que des enceintes à ciel ouvert ; le climat de la Grèce seprêtait à ces dispositions primitives, dont nous ne méconnaissons pas lagrandeur, mais qui ne pouvaient convenir aux Romains, dont la domi-nation s’étendit sous les empereurs de l’Italie jusque dans la Germanie,les Gaules et la Bretagne . Or, le système de construction dont nous venonsde donner un spécimen (ligure 1), permettait de couvrir de vastes espaces,et de les couvrir d’une manière durable, avec des moyens simples etd’un emploi facile partout, car partout on trouve du caillou, de la terreà brique, de la pierre à chaux. A la rigueur, le mode architectoniquet romain pouvait se passer de pierres de taille. L’attention des architectesromains se porte tout d’abord sur la composition des plans, com'— dconvient à un peuple qui doit et veut imposer des programmes-iJSolus,tenant à son état social et politique.

En effet, si nous jetons les yeux sur des édifices vr* m ent romainstels que les thermes, les palais, les villas, les grand établissementsd’utilité publique, ce qui nous frappe tout d’abord, ce :0 'd des dispo-