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Tome premier.
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ÇH 4TRIÈME ENTRETIEN. | 1 7

conceptions que le Romain est vraiment grand, parce qu’elles tiennentà son génie propre, que, pour les mettre à exécution, il n’emprunte rienà personne, ne demande le concours d’aucun artiste étranger à sanature. Quand, au contraire, le Romain veut faire un temple grec, ilprend la richesse des détails ou de la matière pour un signe degrandeur ; quoi qu’il fasse, il reste au-dessous de la conception si simpleet si pure du Grec. Lorsque le Grec vient attacher son art au monumentromain, il le rapetisse, et, perdu dans ce milieu qui n’est plus le sien, iloublie ses propres principes pour se jeter dans la recherche des détails.Il n’est que l’esclave habile d’un maître qui ne le comprend pas, etduquel il ne saurait se faire comprendre. Il faut ajouter, à la louange duRomain, que jamais il n’est hypocrite; ce vice, si commun dans les artsdepuis le xvir siècle, est au-dessous de lui ; je dis ce vice, et j’ai tort:je devrais dire cette ressource. La riche enveloppe dont le Romaincouvre son monument s'accorde plus ou moins bien avec la structure ;on voit parfaitement qu’il n’attache à cela qu’une importance médiocre.11 traite la question d’art avec une sorte de bonhomie (qu’on me passele mot) qui n’est pas sans charme, car on y trouve la trace de la vraiegrandeur. Cependant il ne faudrait pas s’y tromper : quand le Romainveut être artiste, à son heure et à sa manière, il n’est pas facile del’égaler. Nous en avons un exemple bien remarquable dans un monumentconnu de tout le monde, que l’on admire par tradition, sans savoir pour-quoi, et qui est généralement assez faussement apprécié au point de vuede l’art; je veux parler de la colonne Trajane . .le ne sais si les Grecsavaient chez eux conçu rien de pareil, j’en doute, car dans cette con-ception on sent le Romain, on retrouve les idées d’ordre, de méthode, lesentiment du peuple dominateur poussé jusqu’au .sublime. 11 y a danscette façon d’écrire l’histoire d’une conquête sur une spirale de marbre,terminée parla statue du conquérant, quelque chose d’étranger à l’espritgrec. Les Athéniens étaient trop envieux pour rendre un honneur pareilà un homme, et ils n’avaient pas ces idées d’ordre en politique, qui setraduisent d’une manière si puissante dans la colonne du Forum deTrajan . De la base au faîte de ce monument, on retrouve, pour ainsidire, l’empreinte du génie politique et administratif des Romains. Lesocle carré est revêtu sur ses quatre faces de plats reliefs représentantdes amas d’armes du peuple conquis. Au-dessus de la porte qui conduità l’escalier en limaçon s’élevant jusqu’au tailloir du chapiteau est uneinscription supportée par deux Victoires ailées. Aux angles de ce socle,sur la corniche, quatre aigles tiennent dans leurs serres des guirlandesde laurier. Le tore de la base est lui-même une large couronne. Puis

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