Band 
Tome premier.
Seite
127
JPEG-Download
 

QUATRIEME EMRKTIKN.

127

imiter dans ce qu’ils ont fait de sage et de raisonnable, ne pas élever enpierre des édifices qu’ils ont si judicieusement construits en blocage eten briques, moins chercher la forme de leur architecture que sa structuresi bien en rapport avec cette forme, être sincères comme eux et ne pasnous faire les dupes de nous-mêmes en singeant leur architecture, si nousne possédons plus leurs moyens d’exécution. 11 ne faut pas croire que cettesubstitution de matières n’entraîne qu’à des dépenses inutiles, qu’ellesn’aient que l’inconvénient de méconnaître un principe : elle présente desdésavantages appréciables pour tous. Ces grands monuments romains,construits comme nous venons de le dire, composés si adroitement degroupes de services divers se pressant avec économie, les plus petites sallesprofitant des intervalles laissés entre les points d’appui nécessités par l’é-lévatiQn et l’étendue des plus grandes, ont un avantage dont je n’ai pasencore parlé ; ces grands monuments, dis-je, conservent à l’intérieur unetempérature égale, tiède, qui serait bien précieuse dans un climat commele nôtre. Il existe à Rome un immense édifice dont le plan général et lesystème de construction rappellent les grandes salles des thermes , c’estSaint-Pierre de Rome. Or, dans ce monument, dont le vide dépasse encube le vide des autres édifices connus, la température est, en étécomme en hiver, à peu de chose près la même, douce et fraîche en étésans être humide, tiède et sèche en hiver. Cela tient non-seulement à ladisposition du plan tracé à l’instar du plan romain, mais à la nature dela construction. Des murs épais en blocage et briques ne transmettentni la chaleur, ni l’humidité froide du dehors; ils forment comme unobstacle neutre à la température extérieure.

En France , nos monuments de pierre sont dangereux l’été, à cause dela fraîcheur que leurs parois conservent ; en hiver, ils sont glacials.

Si nous examinons les coupes et les élévations des thermes de Cara-calla , nous y trouvons des baies énormes, autrefois garnies de châssis debronze sertissant des plaques de verre, d’albâtre ou simplement de claires-voies. Mais nous observons en même temps que ces jours s’ouvrent, vers lespoints de l’horizon les plus favorables, profitant avec soin de la chaleurdu soleil, évitant les expositions humides et froides. Les Romains atta-chaient, en effet, une grande importance à l’orientation des édifices.Vitruve revient plusieurs fois sur ce sujet dans le cours de son traité;il indique même le moyen de tracer les rues d'une ville de manière àrendre les habitations commodes, à éviter les grands courants d’air. 11dit, liv. Yl, cliap. i" : « Afin de bien disposer un édifice, on devra« d’abord avoir égard au climat (à la région, à la latitude, comme nous« dirions aujourd’hui) ; car cette disposition doit être autre en Egypte