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« qu’en Espagne, différente clans le Pont ou à Rome .... Dans les pays« septentrionaux, les édifices doivent être voûtés, très-fermés, et leurs« ouvertures petites, tournées vers l’orientation chaude. Au contraire,« dans les pays méridionaux soumis à l’ardeur du soleil, les ouvertures« doivent être grandes et tournées vers le nord et l’aquilon, afin d’éviter« la chaleur : ainsi les inconvénients résultant d’un excès naturel seront« amendés par l’art. » Cependant les Romains adoptaient partout,lorsqu’ils devinrent les maîtres du monde, le même mode de construc-tion, parce qu’en effet leurs méthodes étaient applicables partout ; maisils avaient le soin de disposer leurs salles et les jours qui devaient leurdonner de la lumière, de la chaleur ou de la fraîcheur, en raison deslocalités.
Avant de quitter les thermes d’Antonin Caracalla, j’essayerai de donnerune idée de ces vastes et belles constructions, en présentant l’état actuel,l’état de ruine d’une des grandes dispositions intérieures (PI. \ I) et larestauration de cette même partie des thermes (PI. Vil). J’ai choisi,pour présenter ce spécimen, le frigidarium , marqué E sur le plan, l’unedes conceptions les plus originales et les plus grandioses de ce belensemble. Les vues (état actuel et restauration) sont prises du mêmepoint w. 11 est facile de s’assurer ici de l’exactitude de ce que nous avonsdit sur le mode d’architecture adopté par les Romains, savoir : que laconstruction n’est pas essentiellement liée à la décoration, que cetteconstruction peut s’élever et s’élève d’abord, puis que l’architecte décora-teur intervient lorsque la bâtisse est montée. Dans la planche VII, quidonne la restauration du frigidarium à ciel ouvert, on voit, au-dessus destrois grands cintres du fond, les baies qui éclairent la salle du milieu P, letepidarium, sous les arcs de la triple voûte d’arête couvrant cette salle.
J’ai cru devoir présenter, comme exemple d’un édifice romain, uneconstruction d’une époque avancée déjà dans l’histoire de ce peuple, afinde faire entrer mes lecteurs de plain-pied dans l’étude de l’architectureromaine en ce qu’elle a de vraiment original. Est-ce à dire que les archi-tectes romains aient toujours procédé de cette manière? Certes non. l)utemps d’Auguste encore, si nous en croyons Vitruve , le bois jouait unrôle important dans l’architecture, non comme moyen provisoire d’établirdes voûtes, non comme cintres, mais à demeure, dans les couverturesdes édifices. La plupart des temples de Rome non circulaires, ceux dont leplan et la structure étaient empruntés aux Grecs étaient couverts par descharpentes. Les nefs des basiliques n’étaient pas voûtées, mais ferméespar des combles lambrissés. Ce ne fut guère qu’après l’incendie de Rome ,sous Néron, que les Romains abandonnèrent presque partout les couver-