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scène partie en pierre, partie en charpente. Tel était le théâtre deSyracuse dont nous voyons encore toute la gradination creusée dans lerocher, tel était celui d’Ephèse . Mais les Crocs u'avaient point d’amphi-théâtres, les spectacles barbares auxquels étaient destinés ces monumentsne pouvaient convenir à ce peuple délicat et cherchant des émotionsplutôt dans le développement dramatique des passions, dans les lictionspoétiques que dans la réalité barbare d’un massacre. Les Romains, aucontraire, furent avides des spectacles sanguinaires des Etrusques , peut-être dans l’origine, pour satisfaire à certains principes religieux, maisbientôt pour occuper et distraire la populace oisive des grandes villes.Cependant ils surent , comme toujours, donner à ces monuments, néschez des peuples fanatiques, des dispositions régulières , oflicielles,dirai-je, parfaitement appropriées au service auquel ils étaient destinés,de manière à éviter la confusion, le désordre; car, s’ils admettaient lesinstincts cruels de la plèbe, s’ils les partageaient même, ils prétendaientdu moins que ces instincts dussent se développer avec ordre et toujourssous les yeux de leurs magistrats. C’était là un de leurs moyens degouvernement. Les Romains ne cherchaient pas à moraliser les peuples,à les amener à des sentiments humains, mais à réglementer et à dirigerleurs instincts barbares. Ils n’essayaient point d’étouffer les plus gros-sières passions de la multitude, ils prétendaient seulement n’en dirigerl’expression que d’après certaines lois d’ordre et de police ; ils aimaientmieux fournir régulièrement un aliment à ces instincts barbares que deles voir se développer sur le Forum.
En effet, l’amphithéâtre le plus vaste qui ait été construit est celuiconnu à Rome sous le nom de Coli-ée, et qui pouvait contenir jusqu’àcent vingt mille spectateurs. Or le Colisée a été commencé et achevépar les deux empereurs les plus humains et les plus éclairés de Rome ,par Yespasien et par son (ils Titus , et cela, avec une telle hâte, qu’onprétend que tout l’ouvrage fut terminé en deux ans et neuf mois. Cesdeux empereurs rangeaient donc les amphithéâtres parmi les monumentsd’utilité publique dont l’érection importait le plus à la ville de Rome .Quel ({lie fût l’amour des empereurs pour les vastes et splendides monu-ments, on ne peut guère admettre que deux des plus sages aient con-sacré des sommes énormes à construire avec une telle précipitation unédifice dont l’utilité n’eût pas présenté un véritable caractère d’urgence.Les premiers amphithéâtres des villes italiotes ne sont que des tertresdisposés autour d’une arène circulaire ou elliptique: au sommet destertres, des échafauds en bois étaient disposés pour permettre à un plusgrand nombre de spectateurs de voir les jeux sanglants qui se passaienti. Ifi