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Tome premier.
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QUATRIÈME ENTRETIEN. 135

fallu restreindre dans les limites les plus justes les surfaces qu’occu-paient les habitations et les monuments.

De cette nécessité les Romains se tirent une loi dont ils ne s’écartèrentjamais, alors même que l’espace ne leur manquait pas. Lorsqu’ilscommencèrent à bâtir des théâtres à l’instar des Grecs, ou des amphi-théâtres à l’instar des populations italiotes, ils élevèrent d’abord cesédifices en bois, d’une façon provisoire, comme on le fait encoreaujourd’hui en Espagne et même chez nous; mais la fréquence desincendies, la difficulté d’entretenir de pareils amas de charpentes, leurpeu de durée et de solidité les décidèrent bientôt à bâtir des théâtres etdes amphithéâtres en maçonnerie. Le théâtre de Pompée à Rome , dontil ne reste aujourd’hui que des vestiges, fut élevé l’un des premiers enmatériaux durables. Bientôt des amphithéâtres furent construits demême en maçonnerie, non-seulement à Rome , mais dans presquetoutes les villes des provinces.

En construisant leurs amphithéâtres, les Romains conservèrent laforme des terrassements primitifs qui avaient servi de type ji^cesmonuments, c’est-à-dire qu’ils élevèrent une graduation de pierreautour d’une arène elliptique, mais, supprimant les talus extérieurs, ilsceignirent les gradins d’un mur percé de baies nombreuses disposéespar étages, de manière à établir, sous les gradins même, les escalierset les couloirs qui devaient permettre à un nombre immense despectateurs de pénétrer, de se répandre sur les gradins à différenteshauteurs, ou d’en sortir en peu de temps. Les escaliers, régulièrementdisposés par travées, donnaient accès sur les gradins par des ouverturesappelées vomitoires. 11 faut visiter les arènes d’Arles, de Nîmes , deVérone, et surtout l’amphithéâtre de Yespasien (le Colisée) à Rome ,pour prendre une idée de ces vastes monuments si judicieusementcombinés dans leur ensemble et les nombreux détails de leur construc-tion ; monuments dans lesquels on ne trouve aucune place perdue, oùtout concourt à l’accomplissement du programme donné, où la bâtisseest combinée avec une sévère économie, en môme temps qu’elle est faitepour durer éternellement. Là, mieux qu’ailleurs, on peut apprécier lesystème cellulaire de la construction romaine, qui consiste toujours àélever et à soutenir des masses énormes au moyen de points d’appuiset de murs isolés les uns des autres, réunis et étrésillonnés par unesuite de voûtes à divers étages. Toute la construction des amphithéâtresconsiste simplement en une succession de murs de refend tendant auxcentres de l’ellipse, couverts par des voûtes rampantes, suivant lesrampes des emmarchements et portant la gradination. Le mur de