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Tome premier.
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choisir la nourriture qui leur convient. Il n’v aurait pas grand dangerà cela si l’enseignement était un, simple et logique ; si l’on pouvait, debonne foi, comme il y a deux siècles, enseigner certaines formes deconvention, dont personne ne contestait la valeur; si l’on pouvait seborner à l’étude de quelques auteurs ou de quelques monuments. Maisnous n’en sommes plus à ces temps heureux pour le professorat où l’en-seignement, restreint dans des bornes étroites, n’avait pas à craindre devoir les étudiants s’écarter à droite et à gauche, et glaner le bon et lemauvais grain en dehors de l’école. Nous avons vu, nous voyons chaquejour de nouveaux objets. On n’emploie plus six semaines pour arriver àla ville éternelle; l’Afrique et l’Asie sont à notre porte; la photographievomit des reproductions des monuments de tous les pays, de tous lesâges, témoins irrécusables du travail humain pendant des siècles et soustous les climats. La méthode académique, sage et sensée sous Louis XIV ,faite pour le temps, est débordée de tous côtés. Les livres sur l’architec-ture qui, il y a cinquante ans, auraient pu tenir dans un rayon de biblio-thèque , rempliraient aujourd’hui une salle tout entière. Les élèvespossèdent ou peuvent posséder ces éléments cachés jadis dans les cabinetsdes maîtres et montrés seulement aux élus. Les vieilles barrières sontvermoulues et sont foulées aux pieds, malgré des protestations éloquentes,perdues au milieu du flot des productions écrites, gravées, photogra-phiées, moulées, qui remplissent nos cités et vont chercher l’élève jusquedans l’atelier du maître, saper ses systèmes, contredire son enseignement,attaquer ses principes. Que faire donc? Interdire les publications, laphotographie, la gravure, empêcher les élèves de prendre le chemin defer ou les bateaux à vapeur? Revenir au coche ou au voiturin , établir uncordon sanitaire autour de l’école, et y cloîtrer les élèves? 11 n’est, il mesemble, que ce moyen, ou que de prendre son parti résolûment, et de seservir de ce que le temps où nous vivons nous jette à pleines mains, b’inous ne pouvons arrêter le torrent, faisons-lui un lit.

Au milieu de tant de reproductions des arts des temps passés, croireque la jeunesse voudra bien laisser cinq ou six siècles de côté , ne pas lesvoir, ne pas les étudier, c’est une illusion singulière ; il me paraît plussage d’essayer de lui faire connaître ce quelle peut y prendre, ce qu’elledoit laisser. Sera-ce en décrivant un à un tous les monuments de l’anti-quité, ceux du moyen âge et de la renaissance, en faisant ressortir leursdéfauts ou leurs qualités que nous pourrons indiquer à la jeunesse cequelle doit étudier ou repousser? Non, certes ; car une pareille revue,fût-elle faite avec tout le scrupule possible, ne pourrait donner que lesidées personnelles du maître et jeter la confusion dans les esprits prompts