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Tome premier.
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à saisir l'apparence, à s’arrêter aux formes sans se rendre compte deleur raison d’exister. G’est donc en apprenant à la jeunesse à raisonnersur ce qu'elle voit, en faisant pénétrer chez elle des principes vrais pourtous les arts et dans tous les temps, qu’on peut l’aider à se guider aumilieu de tant d’exemples qui lui sont fournis, à choisir ce qui est bon etrejeter ce qui est mauvais. D’ailleurs, ne l’oublions pas : il est pour l’artquelque chose de plus dangereux, s’il est possible, que la confusion, c’estle sophisme. Pendant que nous, artistes, nous ne voulons voir que parnotre lunette et que nous espérons persuader à la jeunesse que cettelunette est la seule bonne, la république des arts se remplit de cesamateurs plus zélés qu’éclairés qui, sans avoir jamais pratiqué les arts,prétendent posséder la bonne voie et la montrer à tous. Celui-ci a vu leParthénon ou a fait déblayer 1 s assises d’un monument antique ;il ne connaît pas l’église de son village, mais il voudra vous persuaderque l’art grec suffit à tous nos besoins. Cet autre a vécu dans sa province,et prétendra que sa cathédrale possède seule le sentiment, chrétien. Untroisième verra l’architecture de ce monde commencer sous Auguste etfinir sous Constantin . Un quatrième déclarera (pie les architectes de larenaissance seuls ont su résumer les productions des arts antiqueset qu’il faut s’en tenir à ce qu’ils nous ont laissé. Tous s’appuierontsur les plus puissants raisonnements; aucun ne possédera la raison,parce qu’aucun d’eux n’a jamais su comment on pose une pierre surune autre, comment se taille une charpente, à quoi on peut employerla brique ou le moellon. Chaque école d’artistes crie bravo au sophismequi flatte sa passion ou son intérêt, et ne voit pas qu’en s’abandon-nant ainsi au jugement des personnes étrangères à la pratique, elletrouve, le lendemain, d’autres juges qui la condamnent sans plusd’autorité. Faisons nos alfaires nous-mêmes, et tâchons de nous enten-dre, quoique ce ne soit pas chose facile, dit-on, entre gens de mêmeétat ; cependant nous sommes tous forcément soumis aux mêmes lois,et nous devons savoir ce qu'elles nous permettent et ce qu’elles nousdéfendent.

On ne me fera pas l’injure de croire que je prétends interdire lacritique de notre art à ceux qui ne le pratiquent pas. Nous devonsnous soumettre au jugement du public, et je ne veux pas faire du corpsdes architectes une sorte de secte d’initiés, interdisant l’examen ou lacritique de ses doctrines et de ses œuvres. Non ; je voudrais seulementqu’au milieu de l’anarchie actuelle en fait d’art, les diverses écoles oufractions d'écoles s’appuyassent, pour faire prédominer leur influence,sur quelque chose de plus ferme que des opinions manifestées par des